Le nain sortit donc de son auberge, équipé pour le voyage et le combat. qu'avait il voulu dire par "...vous courrez un grand danger..." quel danger pouvait planer au dessus de sa tête...? Il n'avait rien fait qui puisse lui nuire. Mais bon, il y a quelques temps déjà que le nain avait des fourmis dans les jambes et c'était l'occasion qui faisait le larron, il était repartit sur les routes. Toutefois le nain se dit qu'ils auraient pu attendre quelques jours... après le combat aurait été plus judicieux, mais il en avait tellement vu des combats que louper celui-là ne lui faisait pas grand chose finalement.
A sa grande surprise, c'est une interminable file de charrette qu'il trouva devant son auberge, d'accord on était le jour de présentation du challenger mais il n'était a peine que 9 heures et ce n'était pas normal.
Grimvald regarda donc en contre bas pour voir ce qui bloquait le flux ainsi. Il tomba sur une charrette et surprise les occupants de celle ci correspondaient en tout point a la description faite par le prêtre des gens qu'il devait rencontrer. Ceux ci étaient partis trop tard et ils étaient maintenant bloqués, bloquant eux même la circulation dans Fann.
Le nain descendit au pas de course pour se porter au niveau de la charrette. Il arriva pour découvrir un attroupement autour de celle ci les gens commençaient à râler sérieusement...
Certains bloqués plus haut depuis un moment commençaient à arriver en nombre pour manifester leurs mécontentements.
- Tu vas la bouger ta charrette oui ?
- Qu'est ce qui m'a foutu un conducteur du dimanche pareil
- Allez dégage !!!
- Tu veux que l'on te pousse ?
Voila ce que l'on pouvait entendre autour de la charrette
Mais un mage, d'une maigreur à faire peur, pale comme un linge, tenait tout le monde en respect avec une allumette. Il y avait aussi un lutin dans la charrette, un guerrier humain a coté sur un cheval et un drow a pied. La foule commençait à bouger la charrette du groupe, le faisant se balancer, dans un tangage dangereux. Le mage avait toute les peines du monde à se tenir debout... puis une tête sortit du fond de la charrette :
- On est où ? Dans l’arène où y devrait y avoir le combat ??? Où sont les autres ? Qu’est-ce qu’on fait ? On VA où ?
Tous s'arrêtèrent découvrant le représentant d'Ankhmar blessé, cela ne dura qu'un temps et les manifestations pour qu'ils se déplacent et laissent la voie libre reprirent. Grimvald examina la situation et se fraya un chemin jusqu'au carrosse bloquant la voie.
- Hola du carrrosse, ne vois tu pas que tu bloques tout le monde
le conducteur du carrosse regarda le nain d'un drôle d'air...
- Vous partez en guerre...? C’est lui là, on n’a pas idée de monter un jour comme aujourd'hui... c'est vrai ça, c'est du jamais vu quand même. Quitter Fann un jour de présentation des combattants. Faut être louf !!! Pourquoi être venu si c'est pour repartir aujourd'hui... regardez derrière moi y'en a des dizaines...d'accord j'suis sur sa file mais bon, on a toujours fait comme ça, non...? Et pis d'abord vous êtes qui vous, accoutrez comme si tous les monts de la malédiction avaient déferlé sur les terres libres...
Le mage tenait toujours son allumette, brandie, menaçante. L’homme s'arrêta car en bas sur l'arène, un gobelin lançait une sorte de dague volante sur un gnome qui l'esquivait. Mais la dague revenait toujours dans la main du lanceur et le cycle se répétait avec des figures différentes du gnome...
- Pour sur, ces gars là c'est des fortiches, vous avez vu ça tous a l'heure... incroyable... bon allez, vous vous décidez a entendre raison... et a DEGAGER !!!!!!
Le nain toisa le conducteur d'un regard froid et calculateur.
- Fais prrreuve d'intelligence au moins une fois dans ta vie ! Et rrremets toi dans ta voie ! Ils pourrrront ainsi quitter Fann et ne plus rrretarrrder tous ces gens ! De toute façon ils ne peuvent fairrre demi-tourrr ici !
- Olala !!! Mais mon pauvre ami prend un peu de recul... regarde...
Il suivit la spirale de la route avec son doigt montant lentement vers le sommet.
- Regarde l'affluence, la foule arrive, ça va leur prendre des heures avant d'arriver la haut et ils vont faire chier tout le monde. Ce n’est pas un jour pour monter et pis c'est tout.
Le conducteur ouvrit à nouveau la petite trappe derrière lui et parla aux passagers.
- De toute façon je ne peux reculer y'a du monde derrière moi. Bon qui est volontaire pour porter cette carriole hors du chemin...?
Une forêt de main parmi la foule se leva...
- Sacrrré non d'une pipe !
Le nain se dirigea vers le mage.
- Hola l'ami, arrrrêtes donc de gesticuler, tu vas finirrr parrr tombé ! Apprrroche donc j'ai a te parrrler.
Falco sentait la pression monter en lui... tous ces gens autour de lui qui se permettait de lui donner des ordres ! Ils allaient réussir à lui coller le bourdon oui ! La température grimpait dans tout son corps, et résonnait dans ses tempes... Lancinante...Mais la douleur la plus aiguë, restait cette chaleur qu'il accumulait, notamment au bout de sa main...et qui choisit ce moment précis pour s'exprimer :
- Aie ! Aie, aie... ouille ouille...
Falco avait aussitôt lâché l allumette complètement calcinée et portait a présent son doigt brûlé a la bouche qu'il suçotait avec avidité...
- IL SUFFIT ! ! ! Pour qui me prenez-vous ?? Vous croyez peut être que je suis assez bête pour ne pas avoir compris votre petit manège ??? Mmm ??? Je vois clair dans votre jeu, manants !
Falco, si furieux a l'instant, déplissait tour a tour chacune des contractions de son visage, pour arborer à présent un sourire candide et bienheureux
- Des couteaux, Vous êtes des troubadours ! N’est ce pas ? Et vous là, vous êtes avec lui la bas, dans l'arène, un de ces célèbres lanceurs de couteaux/boomerangs comme on en voit tant a Morn ? Hein ? C’est bien ça ? J’ai bon, hein ? Et je suppose qu une de vos charmantes assistantes se trouve dans l'une de vos charrettes... Ecoutez, je vais vous faire une confidence, j'adoooooore les spectacles de cirque. Je suis un de vos plus grands fans ! Surtout le numéro de la cible tournante ! Brrrr quand j y repense, a chaque fois je frissonne lorsque vous remettez le bandeau sur les yeux et que l assistante se met à tournoyer... Cette idée de la roue en forme de cible, c'est bien une idée originale n est ce pas ? Parce que je ne l'ai jamais revu ailleurs, moi... Ecoutez, vous m'êtes sympathiques, si ça peut vous aider, je ferais volontiers déplacer la charrette, mais en échange, j aimerais vraiment beaucoup que vous m accordiez un petit privilège, oooooarf... trois fois rien je devrais dire... un rêve de gosse... j'aimerais... j'aimerais... avoir un autographe
Le conducteur du carrosse regarda la mage puis la foule et déclama
- il est dingue, que tous ceux qui veulent passer m’aident. On va la bouger nous même cette charrette
Il y eut une acclamation approbative. A partir de là tout alla très vite. Une forêt mouvante de nains s’agglutinèrent a la charrette, celle ci fut soulevée puis déplacée sur le coté de la voie de circulation. Le cheval n’eut d’autre choix que de suivre à petit pas. Instantanément le flux reprit et il était bien évident que toute remontée était maintenant exclue.
Falco n’en croyait pas ses yeux ! Ils l'avaient fait ! Ils avaient osé ! Ils avaient déplacé SA chariote !
Offusqué, vexé, blessé en son amour propre, Falco le sombre mage aux bras maigres se retourna enfin vers le Nain, et lui lança :
- Vous avez vu ? ?? Non mais vous avez vu un peu ??? Ils nous ont poussés ! Euh non en fait ils nous ont portés... Carrément ! !
Falco posa une main sur l ‘épaule du nain et pris une voix plus grave,
- Ecoutez, je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé, mais je vous le promets, nous retrouverons l'auteur de cette félonie... Mais trêve de bavardages, vous désiriez vous entretenir de quelque chose avec Falco, le grand mage d'Ishel ? Vous avez delà chance, vous l'avez devant vous...
Le nain roula de grands yeux en regardant le manège du mage, « ce type doit être complètement timbré » pensa-t-il !
- Oui... Heu... hmmmm... Et bien, Je me nomme Grrrimvald, ton ami le prrrêtrrre m'envoie vous rrrejoindrrre. Mais ne devais tu pas attendrrre à la sorrrtie ? D'aprrrès moi cette charrrette ne pourrra pas bouger avant le début de la prrrésentation des challengerrrs. Si vous êtes prrressés, il vaudrrrait mieux sorrrtirrr à pieds et l'abandonner ici !
Le lutin fit face au nain et dit d'une voix forte
- Et le Bontyr, c'est vous qui allez le porter peut être ? Non, non, non je vous le dit clairement ! Impossible de laisser cette charrette ici ! De plus nous en aurons besoin pour la suite de notre voyage ! p’têt bien qu'avec quelques grognements Felindra pourrait nous dégager la voie...
Feanor se tourna vers le fauve et lança avec un large sourire
- Hein qu'il ferrait ça le monmonstre à son tonton et à son papa pour nous sortir de ce pétrin ?
Grimvald regarda le dit Bontyr.
- Hum… vous avez un blessé en plus. Ça ne va pas êtrrre simple en effet. Parrr contrrre je vous déconseille de menacer la population, à moins que vous ne vouliez êtrrre linché parrr la foule.
- Oui, oui on connaît effectivement la bêtise et l'agressivité naine... nous serons prudents ! Nous avons connu un nain. C’était le meilleur nain que je n'ai jamais vu sur Ishel ! Calme, posé, jovial, méthodique ! Un vrai lutin quoi !
- Surrrveille tes propos, petit êtrrre, lorrrsque tu parrrles de mon peuple !
Puis s'adressant au mage.
- Que comptez-vous fairrre maintenant ? Vous ne pouvez pas bouger d'ici et vous ne voulez abandonner cette charrrette.
- Je me demande s’il serait possible de créer une espèce de pont végétal pour passer au-dessus de cette population naine grouillante ?
- Allons, allons, Feanor, un pont végétal ?? Vous n’y pensez tout de même pas ?? Mais enfin ? ! Vous savez bien que nous sommes en mission secrète ! Nous ne pouvons pas nous permettre de nous faire remarquer de la sorte !
Grimvald, ne voyant que faire décida d'aller voir Tarabas après tout il saurait peut être quoi faire. Le nain se dirigea donc vers l'arène, là ou gnomes et gobelin faisaient leur show.
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Tarabas n'avait eu aucun mal à entrer sans que personne ne le remarque. L’idée du gobelin avait été productive. Tous les nains à proximité regardaient ce petit jeu assez dangereux tout de même.
Il se retrouva donc dans le "vestibule" là ou le gobelin avait faillit renverser les paniers. Il faisait sombre. De la lumière filtrait derrière l'épaisse peau de bête devant lui. Le prêtre s'approcha lentement et jeta un oeil. Il découvrit la large salle commune, l'âtre, la table et la naine de dos qui chantonnait en vacant a ses occupations...
Tarabas dégaina la dague empruntée à ses compagnons et écarta la peau de bête, le cœur battant. Il s'approcha à pas de loups de la naine... Cinq mètres... trois mètres... deux pas. Il plaqua en un éclair sa main libre sur la bouche de la malheureuse et plaça aussitôt sa lame sous la gorge palpitante. Il chuchota tout contre son oreille.
- Chutttt... pas un mot, pas un geste où tu es morte... tu vas reculer avec moi vers le rideau... doucement...
Le prêtre amorça son repli avec sa prisonnière, chaque muscle tendu et tous les sens en éveil...
La naine poussa un petit hurlement de surprise a travers la main du prêtre, a peine audible. Elle écouta attentivement et au fur et à mesure de celui ci sa respiration s'accélérait. Tarabas sentait la naine toute tremblotante, elle avait du mal à reculer ses jambes ne la portait pratiquement plus. A mi parcours elle s'oublia et détrempa le dallage, terrorisée...
Enfin, ils arrivèrent à l'autre bout de la pièce, la naine pleurait aussi silencieusement que possible...
Tarabas faillit pousser un juron devant la petite flaque laissée par son otage. Il accéléra légèrement son repli pour éviter de laisser une véritable piste menant derrière le rideau, décollant presque la naine du sol sur les derniers mètres. Il lui murmura de nouveau à l'oreille, un oeil sur la salle commune.
- Écoute-moi... je ne te veux aucun mal mais je n'hésiterai pas à te trancher la gorge si tu fais mine de crier... je vais enlever ma main, très doucement... J'ai quelques questions... hoche la tête si tu as compris.
Elle opina, le prêtre ôta sa doucement sa main. Elle chuchota, sanglotante.
- Vous n’êtes pas fou d'me faire des peurs comme ça... ? Si vous m'voulez pas d'mal... qu'est ce vous voulez si ce n’est pas du mal... ? R’gardez moi ça !!
Elle pointa le sol du doigt
- Pffff !!! J’vous jure, hein !!!!
- Baissez d'un ton...
Il accentua la pression de la dague
- Les jarres là-bas... Syem et ses mignonnes y ont déjà touché ou pas ? Si ce n'est pas le cas parle moi de son petit dej habituel... quelle pièce, dans combien de temps ? Tu vas lui porter ou il va débouler... ? Réponds, vite.
- Olala, ce n’est pas la peine de vous énerver, ils dorment et pour un bon moment encore... ils se sont saoulés la gueule toute la soirée, ils ont forniqué toute la nuit pour s'écrouler y'a peu de temps... vous pourriez même hurler que ça dérangerait pas... LA TERRE POURRAIT ECLATER !!! Qu’ils entendraient rien... c'est des bêtes... que voulez vous...
Elle marqua une pause pour faire entendre effectivement le silence.
- Bon quoi le p'tit dej, vous êtes un voleur de p'tit déjeuner...? Bein il est là le p'tit dej’. Vous voulez une tasse de lait, un verre de vin, du pain, du fromage...? Servez vous...
Tarabas se détendit légèrement. Très légèrement. Il commençait à avoir un peu mal au dos ainsi penché sur la naine.
- Oui et bien continue de chuchoter... j'ai d'autres questions, tu vas répondre vite et bien... As-tu remarqué une épée isolée ou étrange dans cette grotte ? Syem a t-il déjà évoqué une 'épée du temps' ou un 'gardien' devant toi ? Je cherche une arme très précise...
La naine ne répondit pas tout de suite.
- Des épées y'en a plein là, là...
Elle pointa, la salle aux vieilleries du doigt
-...Mais c'est tout, épée du temps... Prrr !!... Jamais entendu parler et Syem non plus ça c'est sur... un imbécile pareil ne peut être gardien que de la bière qu'il a dans le ventre et encore celle ci décide parfois de ressortir, c'est pour dire... oh et puis lâchez moi !!
Elle commença à se débattre
- Je ne vais pas me sauver, j'habite là, bien malheureusement... vous avez qu'a y aller voir vous-même si elle est là votre foutue épée. Moi, y faut que j'essuie ça...
- Et dans la chambre ? Aucune épée dans la chambre ? Est-ce qu'il arrive à Syem de se balader avec une arme ? Et cesse de gigoter, tu m'as tout l'air d'être une brave fille mais je ne prendrai aucun risque...
- Bein non, d'une mandale y vous envoi faire un tour dans les limbes. Pourquoi qu'il aurait besoin d'une épée, vous êtes bizarre vous hein...? En plus il mange avec ses doigt, j'l'ai jamais vu se servir même d'un couteau... alors... il en serait incapable j'crois bien...
Elle tenta à nouveau de se libérer sans succès
- Allez lâchez moi, c'est gênant pour moi, j'suis trempée, allez...
- Bon... je vais vous lâcher... je ne suis pas un voleur et je ne vous ferai pas d'ennuis, je cherche juste cet objet, je suis même prêt à vous récompenser si vous m'aidez. Mais jouez-moi un sale tour et...
Tarabas fit passer son pouce gauche sur son cou avant de libérer la naine
- Dites-moi... il n'y aurait pas une sorte d'inventaire d'ici...? Vous travaillez ici depuis longtemps ?
La naine s'écarta rapidement et se retourna pour voir qui était son agresseur. Elle resta béate...
- Un prêtre bein c'est du joli... terroriser les pauvres naines... Oh et puis ce n’est pas la peine de faire des menaces. Je ferai rien, a quelques semaine de la quille faudrait vraiment que je sois idiote et je ne le suis pas... ça fais exactement 10 mois et 20 jours sur l'année que j'ai a faire ici et ils ne m’auront pas avec leur disparition du soleil je tiens les comptes... Sur que c'est un coup de ma cousine ça, c'est a son tour après moi et comme elle ne veut pas y venir au service du champion et bein a tous les coups elle payé un puissant mage pour que le soleil ne se lève plus...
Puis elle retourna au fond de la salle et commença à se déshabiller. C’est cul nu qu'elle répondit à la question de Tarabas.
- Allez-y dans votre fatras. M’étonnerai que vous y trouviez quelque chose d'autre qu'une relique... et puis un inventaire non j'ai jamais vu ça... et puis pourquoi faire d'abord. Vous savez c'est plus symbolique qu'autre chose... Pourriez vous retourner quand même. Je sais que je suis pas mal pour une naine mais je ne suis pas une naine facile moi...
Une fois terminé de se laver l'entre jambe, elle se rhabilla et revint près de Tarabas pour essuyer le sol
- Franchement, ça mériterais quand même une p'tite pénitence ça hein... faire perdre ces moyens a une jeune jouvencelle comme moi... vous en parlerez a votre dieu la prochaine fois que vous le prierez...? M’étonnerai...
Puis elle alla vider le seau plein de ses émotions, enfin elle lui demanda
- Vous voulez boire quelque chose. Du vin, du lait dit elle en pointant le doigt vers la table ou était les trois cruches "assaisonnées" ou alors un café ou du thé... dit elle cette fois ci en pointant son pouce derrière elle, pas dessus son épaule...
Le prêtre bredouilla, quelque peu désarçonné par cette toilette improvisée. Il avait déjà entrevu bien trop d'arrière-trains à son goût dans cette ville.
- Hum... euh, je... excusez-moi... je n'ai pas le temps de vous expliquer, mais je n'avais guère le choix. A vrai dire je comptais beaucoup sur vous pour m'aider à identifier ce que je cherche, si vous saviez à quel point c'est important... enfin. Bon... je tenais à vous dire que c'est scandaleux de voir une jeune femme aussi sympathique que vous contrainte à servir cette brute aussi longtemps... Je pourrais connaître votre nom ? Et euh... vous n'aurez rien remarqué d'incongru ou d'étrange durant ces dix mois ?
- Lucy, mais tout le monde m'appelle Lulu et puis je suis payé vous savez par la fédération des joueurs nains. Vous ne pensiez tout de même pas que je faisais ça par plaisir. D’accord j'suis pas comme ma cousine, obligé par mon père de faire la boniche, parce qu’elle n’a pas de chance la pauvre. Son père, le frère de mon père donc, c'est un joueur bon comme tout le monde mais en plus c'est un ivrogne et il veut faire travailler sa fille pour boire plus, si ce n’est pas malheureux quand même. Alors que moi je vais pouvoir acheter une grotte et ouvrir une auberge. Mais croyez moi ce n’est pas de gaîté de cœur parce que faut se le farcir les Syem et ses deux poules... pffff... des cochons oui !!!! Vous m'avez pas répondu vous voulez boire quelque chose ? Aaahhhh ça me fait du bien de voir des gens, j'suis toute seule ici vous savez... d'antan la grotte du champion était toujours pleine d'amis et de joie, depuis cinq ans c'est le vide et triste... enfin !! Quelque chose d'incongru... nan !! Rien c'est incongru...? Non hein ...? Alors nan ?
- A votre place je ne toucherais pas à ces jarres... Lulu. Fit le prêtre en soupirant. Je... j'espère que vous pourrez ouvrir votre auberge, vous le méritez. Enfin bref... fit-il en rangeant sa dague. Bon écoutez, j'avais prévu de vous assommer ou de vous droguer mais quelque chose, peut-être Ankhmar siffla t-il en se signant, me souffle que ce ne serait pas une option très heureuse... Venez me voir dans le débarras si Syem se réveille ou si un détail vous revient à l'esprit, je vais aller jeter un oeil...
- M'assommer ou me droguer... Non mais vous n’allez vraiment pas bien vous hein...? Pourquoi pas me violer... Vous alors... z'êtes bizarre. Les cruches là... Pourquoi qu’y faut pas que j'y touche...
Le prêtre ne répondant pas déjà partit dans la pièce aux vieilleries, la naine le suivit
- Hein, dites... pourquoi ? et mon café alors vous n'en voulez pas
Tarabas ne prêtait plus attention a la naine, il regardait les murs de la pièce, couvert d'équipements, de souvenirs et d'armes mais la plupart des pièces étaient inutilisable : usées, oxydées, cassées par le temps qui passe... enfin qui passait...
De plus le prêtre cherchait des épées et des épées il y en avait pléthore. Des longues, des courtes, des larges, des courbées de toutes sortes... plus bien sur boucliers, armures de toutes races, hampes, masses d'armes et autres casques...
Tout cela était empilé contre le mur de la pièce qui était pratiquement circulaire. Il y en avait tout autour.
- Un sacré bordel hein...? Personne ne vient jamais là mais c'est la tradition, une des bases des fondements qui régissent la ville... bon et mon café...? Ou alors un bon chocolat chaud...?
Le prêtre marmonna dans sa barbe naissante, se massant les tempes du bout des doigts.
- Bon sang c'est pas vrai...
Le prêtre et la naine était maintenant près de l'âtre et Lulu était en train de faire infuser le thé que le prêtre lui avait demandé...
- Bein non j'la connais pas cœur cette grotte depuis le temps et c'est sur et certain qu'il n'y a ni passage secret, ni pièce cachée... et...
Mais elle ne put finir sa phrase
- Visiteur...?
Le prêtre se retourna d'un sursaut. Il était face à face avec le thurse, il avait du entendre du bruit et s'était levé sans bruit. Celui ci dépassait Tarabas d'au moins deux têtes. Il l'attrapa par le col et le souleva sans aucun mal. Le prêtre battait frénétiquement des pieds dans le vide. Syem leva l'autre poing près assommer l'humain. Il réprima tout de même une grimace de douleur. Son bras était encore sensible. Il regarda la naine et demanda
- Méchant avec petite femme...?
Lulu répondit instantanément
- Non, non, il est très gentil, il vient nous rendre visite
Le thurse sourit à pleine dents et posa violemment Tarabas sur une chaise bien trop grande pour lui
- Moi content visite... nous manger, moi faim, personne venir voir Syem, personne aimer Syem...
Et il attrapa la miche de pain et le fromage
- Moi gagner !!! Tu crois...?
Tarabas tenta tant bien que mal de garder contenance et de ne pas subir la même mésaventure que sa prisonnière d'un instant... reste que le prêtre changeait de couleur à vue d’œil.
- Hum je... euh... ravi de vous rencontrer monsieur Syem, c'est un grand honneur. Je... je discutais avec Lulu au sujet d'un objet que vous auriez éventuellement chez vous, je n'osais pas vous déranger pour une telle peccadille.
- Quoi c'est ...?
Il commença à manger... salement et avec ces mains comme l'avait dit la naine. Celle-ci intervint.
- Une épée, il cherche une épée...
Et elle fit le mime d'un combat pour bien qu'il comprenne de quoi elle parlait
- Plein là bas... dit il en mettant un coup de tête vers l'arrière, provoquant la chute d'une quantité non négligeable de nourriture
Lulu regarda le prêtre d'un air entendu.
- Alors comme ça... vous ne recevez jamais de visite ?
- Personne aimer Syem, personne venir...
- Je suis un peu étonné, ça oui. Enfin, d'un autre côté les grands champions sont toujours jalousés et isolés... ça va mieux votre bras...?
- Mal un peu... pas grave...
- Figurez-vous que j'ai croisé votre dernier adversaire, du beau boulot, vraiment.
- Lui fort !! Moi dur à casser lui...
Il rota bruyamment, il attrapa son bol et la cruche de vin pour se servir un verre
- Nous trinquer !! Syem content visiteur...
La naine observa Tarabas...époustouflé !! En dix mois elle n'avait jamais vu le thurse avec cet air heureux.
Le prêtre écarquilla les yeux
- NON NE TOUCHEZ PAS A CES CRUCHES ! Euh... je veux dire... j'étais à l'auberge qui vous a livré hier soir et franchement j'ai été très déçu par la qualité, ce vin va vous coller la migraine... une honte ! Et je ne parle même pas du lait, il ne doit pas être bien frais! Je peux envoyer quelqu'un vous chercher une boisson digne de ce nom si vous voulez, nous trinquerons à vos prochains succès... Sinon... vous ne vous ennuyez pas trop en dehors des combats ? Vous êtes tenant du titre depuis si longtemps, vous devez connaître Fann par cœur!
- Toi raison !! Nains donner mauvais vin...
Il balaya les trois cruches d'un revers du bras. Elles s'écrasèrent sur le sol sous les yeux horrifiés de la naine. Elle attrapa un seau et une éponge et se dirigea vers les morceaux de cruches. Elle regarda le prêtre avec courroux cette fois ci.
- Vous alors... lui mettre des idées comme ça dans la tête, il va plus vouloir de se qu'on lui apporte maintenant...
Le thurse lui n'écoutait déjà plus, il s'était levé et revint rapidement armé d'une bouteille. Le liquide était aussi limpide que l'eau d'une source de montagne. Il servit le prêtre et lui tendit le bol. Puis il but une longue rasade a la bouteille... conclue par une grimace.
- Syem pas sortir, nains pas gentils... alors Syem pas sortir, manger, boire et forniquer femelles...
- HHHmmmrrrffffFFF ???
Tarabas tourna vivement la tête pour découvrir l'une des deux femelles en question. Ce qui n'était d'habitude pas un spectacle agréable, mais au saut du lit c'était... spécial.
- Ami visiteur répondit il à la femelle
- Oui, oui, oui !! Il est très gentil, pas de problème. Ce n'est pas lui qui a cassé les cruches... tout va bien...
- Hmrf...
La naine retourna a son évier et passa délibérément derrière le prêtre pour se faire, au moment ou elle fut tout près de Tarabas elle lui souffla
- Méfiez vous d'elle...
- Boire ! Boire ! Ami visiteur !
Puis il sembla réfléchir, fait assez exceptionnel, pour arriver a la question suivante
- Toi ami ...?
- Oh ami ce serait un bien grand mot, il faudrait un peu de temps pour ça... fit le prêtre en jetant une œillade prudente à la nouvelle-venue.
- Ah...? Pourquoi...? ...Longtemps...?
- En tout cas je vous apprécie plus que ces nains, je trouve que vous n'êtes pas très bien traité vu votre palmarès... sans vouloir vexer Lulu bien sûr, elle semble aux petits soins pour vous hé hé
- Elle vous remercie bien cette pauvre Lulu qu'est obligé de réparer les bêtises
Le thurse la regarda avec un semblant de remords
- Lulu gentille
- Ahh !! C’est pas moi qui le dis hein...?
Tarabas goutta du bout des lèvres le contenu de son bol, et faillit s'étrangler sous la puissance du tord-boyaux.
- D... délicieux. Dites-moi, ça vous plairait si je vous présentais quelques camarades à moi ? Nous pourrions faire une petite fête, z'allez voir, ce sont des rigolos! Ils seraient très heureux de vous rencontrer: ça vous changerait un peu les idées avant votre combat!
- Hmrfff !!
- Oh !! Ça bien !! Quand ?
- Non mais vous êtes vraiment intenable vous hein, non, non, non le monsieur plaisantait, ce n’est pas possible !!! Non, non, non pas possible
Le thurse sembla triste, il regarda Tarabas d'un air qui n'était pas méchant mais moins ouvert que trois secondes plus tôt.
- Pas bien plaisanterie...
*déglutissement*
- Mais si, mais si c'est possible, ils ne sont pas bien loin, ils sont dans l'arène!!! Ne vous en faites pas Lulu, nous serons sages, tout le monde va essuyer ses pieds à l'entrée et nous vous aiderons à nettoyer, vous en avez bien assez fait comme ça pour aujourd'hui...
Il regarda la naine avec un sourire enjôleur, l’œil de cocker en prime
- Ah non il n'en est pas question, enfin vous n'y penser pas... cette salle n'a pas vu la couleur d'une fête depuis cinq ans et vous vous voulez que se soit maintenant mais j'ai rien à leur donner moi...
- HHHHhhhhmmmrff !!
Le thurse fustigea les femelles de son regard de pierre puis revint à Tarabas
- Toi aller !! Maintenant...
Le prêtre venait de se mettre les deux femelles a dos.
- ...et nous boire !!!
- En plein milieu de la matinée, un jour comme aujourd'hui, bein vous allez être beau ce soir pour la présentation.
À ces mots le thurse se calma.
- Après toi venir, après ce soir... et petite femelle plus parler !
- Je... très bien. Je vais vous laisser pour le moment, nous nous reverrons ce soir, entendu ? Ça me laissera le temps de dénicher un petit cadeau pour tout le monde, c'est le secret d'une fête bien réussie! Un pour chacune de ces dames, quelques victuailles... Oh, nous serons entre cinq et une douzaine Lulu
Le prêtre se leva
- ... Ca pose problème ou...?
- Oh si c'est pour ce soir, ça va !!! Tranquille et puis j'avoue que la dernière présentation a été mortelle, on s'est ennuyé ici...
La naine semblait heureuse finalement de la tournure des événements, elle allait pouvoir faire ses armes de tenancière d'établissement.
Le prêtre se leva et sortit. Lulu l'accompagna
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Chnock avait sortit d'une sacoche de Leuciel, une drôle d'instrument. Une sorte de tambourin sur lequel il y a avait des baguettes munis de fils et autres chaînettes. Il actionna une petite manivelle et un rythme de gigue battit la mesure du si athlétique spectacle. Chnock avait le sourire aux lèvres, comme d'habitude.
- Eh Oh ! Pffff... Eh ! Pff... Chnock, arrête ça ! Pfff... C'est fini maintenant ! Pff... Tu as fini, hein, Tchak-Tchuk ?! Huff huff...
Rohagus était tout essoufflé : les acrobaties, ça allait un moment, mais trop d'acrobaties, ça nuit à la santé des gnomes.
- Tarabas était entré dans la grotte, c'était bon, il pouvait s'arrêter maintenant.
Chnock commençait à s'impatienter. Il regardait frénétiquement l'entrée de la grotte de Syem, tout en faisant les cents pas. Il sortit sa pipe et l'alluma.
- Sacré nom de bourrique d'une pipe en bois de sacré nom de dieu, qu'est-ce qu'il fout Tarabas. Y'a pas moyen d'aller jeter un oeil pour voir si tout va bien ?
Cette question resta sans réponse car a la surprise générale les chasseurs encore sur l'arène virent approcher Grimvald vers eux. Ils s'apprêtaient à lui parler quand celui ci changea de direction
- Monsieur Tarabas il fait que je vous parle...
Ils se retournèrent d'un seul homme pour effectivement découvrir le prêtre en grande discussion avec la naine. Celle ci riait pendant la conversation qu'il ne pouvait entendre. Enfin le prêtre se dirigea vers eux tous. Tchak-Tchuk faisait une drôle de mine... Il voyait Tarabas roucouler avec la naine, comme si le printemps pointait tout d'un coup le bout de son nez, et que l'air était à la fête !
- En tous cas, moi ce que j'en déduis, marmonna Rohagus, c'est que Chnock et moi avions raison Grimvald n'a pas quitté Fann malgré la persuasion dont se vantait Tarabas...
Le nain s'adressa de nouveau à Tarabas.
- Il semblerrait que vos amis n'est démarrré leurrr rrrremonté verrrs les porrrtes de Fann un peu trrrop tarrrd ! Ils sont bloqués pas loin de mon établissement !
Grimvald enleva son casque qui commençait sérieusement à lui tenir chaud, et puis cette cotte de maille avait vraiment besoin d'être ajustée, elle le compressait un peu !
- Et bien vous voyez Rohagus, il nous a cherché. J'espère qu'à l'avenir vous accorderez un peu plus de crédit à mes propos. Bon... et bien comme vous le constatez je suis toujours en vie. D'abord Grimvald je tiens à vous préciser que vous n'êtes absolument plus en danger. Ensuite, en ce qui concerne notre objectif, nous en sommes toujours au point mort mais rien n'est perdu: Messieurs, j'ai le plaisir de vous annoncer que vous êtes invités à dîner chez le champion après la grande représentation de ce soir! Vous devriez vous joindre à nous aubergiste, nous vous devons bien ça, croyez-moi... Hum... nous aurons quelques courses à faire d'ici là, et j'ai quelques détails à vous préciser. Tiens, je viens juste d'y penser mais du coup nous aurons le temps d'attendre aussi le retour de Mathurin...
Une grande déception envahi le regard du nain, il sentit de nouveau le poids des années sur ses épaules.
- Ho, je vois, trrrès bien, je me joindrrrais a vous volontiers...
Grimvald alla s'asseoir sur le banc le plus proche, le regard perdu dans ses souvenirs. Chnock s'approcha de Tarabas et leva la tête.
- Bein par les vieilles chaussettes de ma grand-mère, mon bon Tarabas, je suis désolé d'avoir jugé à tort vos propos. Mais comment avez vous eu une invitation de Syem ? Il ne vous a pas écrasé en vous voyant ? N’a t'il pas été surpris de vous voir chez lui ? Vous avez vu l'épée de légende ? C'était dangereux ? C'est joli chez lui... heu… pardon. Hein Tarabas, dites nous, dites nous !!!!
Tchak-Tchuk avait les yeux qui lui sortaient de la tête. Tarabas était rentrait pour chercher l'épée et... il ressort avec une invitation à dîner !
- Y a quelque chose que je ne pige pas là...
- C'est une histoire de fous... Mais laissez-moi vous présenter Lulu.
Le prêtre désigna la naine à ses côtés
- C'est la... l'intendante de Syem. Nous avons sympathisé après un petit malentendu. Pour l'épée elle n'est au courant de rien, elle jure aussi qu'il n'y a aucune arme dans la chambre, et je la crois. Pour le thurse et bien... il a effectivement failli m'écraser
Le prêtre lorgna en direction de Tchak-Tchuk
- Alors qu'il m'a découvert en train de prendre le thé mais il s'est vite calmé. Il est gigantesque, très bête... et très seul aussi, il était fou de joie à l'idée d'avoir un peu de compagnie! Il n'a à mon avis aucune idée de sa nature de gardien. Pour l'épée, tout reste à faire... mais si nous parvenons à l'identifier je pense qu'il ne fera aucune difficulté pour nous la céder... voilà. Oh, dernière chose... ses femelles sont très, très agressives, elles me semblent même plus dangereuses que Syem lui-même, nous devrions tenter de leur trouver un petit cadeau pour les amadouer ce soir.
Il garda un instant le silence
-J'allais oublier, pour les jarres... elles n'ont pas servi et ne serviront plus jamais.
- Bonjour messieurs... vous faites partit de cette bande de troubadours... eh bein ça promet une chaude ambiance... bon, bon, bon il faut que j'aille chercher de quoi nourrir tout ce petit monde. A ce soir mon bon prêtre...
Puis elle regarda les autres
- Lui quand même, il n’est pas possible vous savez, il m'a tellement fait peur que... Enfin non rien, mais c'est un sacré numéro quand même... Allez à tout a l'heure.
Et elle s'éloigna chantonnant toujours la même chanson, une histoire de princesse mangée par un démon et libéré par un chevalier... La regardant remonter la rue de Fann, tous purent voir que la foule commençait a affluer, effectivement on était qu'a une dizaine d'heure de la présentation. La tension montait. Grimvald assit sur son banc, n'avait pas perdu une miette du discours du prêtre, il marmonna.
- Garrrdien...Épée...Mais bon sang de quoi parrrle t il ?
Le vieux nain se leva péniblement et rejoignit le petit groupe.
- Tarrrabas, vous me devez des explications ! Vous me dites que je suis en danger, je me prrréparrre pour la guerrrrre !
Le nain désigna sa tenue, casque, cotte de maille, hachette, sac a dos avec un objet relativement gros empaqueté sur le dessus, deux carquois de carreaux et sa fidèle hache
- Et maintenant, vous me dites que je ne rrrisque plus rrrien ! Vous essayez de vous payer ma tête ! Je vous avais prrrévenu, pourrrtant, qu'en cas d'entourrrloupe vous aurrriez a en rrrépondrrre !
Le nain était rouge, autant de colère que de frustration et attendait fermement campé une explication.
- Du calme Grimvald, du calme... Je vais vous faire la version courte: nous avons absolument besoin de récupérer une épée dont Syem est indirectement le gardien. C'est une mission de la plus haute importance, une mission vitale, et nous ne pouvions pas nous permettre le moindre risque... nous… nous avons ajouté une petite décoction au petit-déjeuner que vous avez fait livrer à la grotte, nous pensions qu'il n'allait pas se montrer très coopératif... vous imaginez que si le champion avait ingurgité ça vous vous seriez retrouvé dans la panade, et j'ai tenu à vous en informer, voilà... pensez-vous vraiment que j'aurais pris ce risque si ce n'était pas la vérité ? Enfin... nous n'avons pas eu à utiliser cette drogue, et c'est un grand soulagement, vous voilà hors de danger dorénavant. Grimvald, je tiens à vous inviter à cette soirée chez le champion pour compenser. Si ça ne vous intéresse pas, je compte sur votre discrétion... Hé hé... personne ne vous croirait de toute façon.
- Vous vous êtes jouer de moi, prrrêtrrre et je ne l'oublierrrais pas ! J'honnorrrerrrais néanmoins à votrrre invitation. D'ailleurrrs je pense rrrester un moment avec vous.
Le rouge avait disparu du visage du nain et une pointe de malice filtrait par son regard. Rohagus était déçu que les Chasseurs n'aient toujours pas récupéré l'Épée. Il détestait quand les choses s'éternisaient : avec lui, il fallait que ça aille vite vite vite vite ! Mais bon, il n'y avait plus de danger, ils étaient tous invités le soir même à manger, et par-dessus tout Grimvald engueulait maintenant Tarabas : tout allait donc très bien. Il ne restait plus à Rohagus qu'à profiter de son temps en attendant la présentation du champion. Il supposait que ceux qui avaient fait nuit blanche voudraient se reposer après toutes leurs péripéties plus ou moins inutiles avec cette histoire de poison somnifère. Alors il suivrait ceux qui voudraient se balader en attendant. D'ailleurs, Rohagus se posait la question sur les jarres contenant le poison : avaient-elles été détruites ? Syem ne risquait plus de les boire maintenant ? Et qu'est-ce qui fait plaisir comme cadeau à une dame thurse ? Un hachoir à viande ? La viande elle-même ? Surtout, qu'est-ce qui intéresserait deux femelles d'un champion richissime ?! Un bouquet de pâquerettes ?
- Je comprends votre défiance, nain, et je l'accepte. Je vous présente mes plus humbles excuses... j'espère que vous aurez l'occasion de réaliser que c'était la meilleure option pour tous, vous n'avez encore qu'une très vague idée de l'enjeu... Pour ce soir, montrez-vous enjoué: Syem n'est pas très content de la façon dont les habitants de Fann le considèrent, il pourrait considérer une bouderie de votre part d'un très mauvais œil.
- Apprrrenez, humain, que nous les nains savons fairrre la parrrt des choses ! Nous connaissons également les rrrègles de politesse ! Lorrrsque nous sommes invité nous savons nous tenirrr, nous ne faisons pas d'esclandrrre, ni ne trrrompons notrrre hote ! Nous ne verrrsons pas non plus de substances illicites dans ses jarrrrres !
- De l'esclandre ? C'est VOUS et votre nièce qui avez provoqué Tchak-Tchuk et Jhaelen pour leur couleur de peau à l'auberge, je ne pense pas avoir besoin d'une leçon de politesse de votre part.
- Ha les humains et leurrr mémoirrre volatile. Je vais te rrrafrrraichir la mémoirrre ! C’est la peau verrrte qui a insulté mon établissement en prrremier ! Le drrrow en a prrrofité pourrr s'immiscer dans la converrrsation ! Mais je sais bien que vous, les humains, pensez toujourrrs n'avoirrr de leçon a rrrecevoirrr de perrrsonne, il est vrrrai que votrrre longévité vous perrrmet de tout savoirrr ...
Chnock pris la parole.
- Ok !! Je vais chercher quelques choses pour offrir aux femelles, Rohagus, tu viens avec moi ou quelqu'un d'autre d'ailleurs ? Au fait, Tchak-Tchuk, tu pourrais nous donner quelques pièces d'or pour ces achats ?
- Chnock! Elles sont à peine capables d'articuler un mot, donc rien de trop sophistiqué mmm ? Et surtout pas d'alcool, elles vous étriperaient...
Tchak-Tchuk prit la bourse, en extirpa quelques pièces et les lança à Chnock.
- Amusez-vous bien... moi je retourne chez Mathurin, je vais dormir un peu ...
Le nain se tourna vers les deux gnomes.
- Perrrmettez moi de vous accompagner, je pourrrrais vous aider à trouver ce que vous cherrrchez !
- Et bien nous demanderons aux personnes concernées ce qu'elles en pensent, en attendant nous avons d'autres chats à fouetter. Je vais aller faire un petit somme moi aussi. La nuit blanche et la grotte... je suis épuisé.
Rohagus remarqua tout bas à l'attention de Chnock :
- Tiens ? Tarabas a trouvé un nouveau compagnon de dispute ? Il est vraiment incorrigible là-dessus : il lui faut TOUJOURS s'engueuler avec quelqu'un, qui que ce soit, quand que ce soit... Arf !
- T'as bien raison mon bon Rohagus. Je pense qu'avec toi et le p'tit barbu tout rouge, on pourra trouver se que l'on cherche. Mais... Qu’est ce qu'on cherche ?? Un bouquet de fleurs ?? Des habits tout jolis tout neuf ?? Grimvald, tu sais où il y a des boutiques à thurses ?
- Je vais y aller... oh, pensez aussi à un petit quelque chose pour l'intendante... sans elle nous aurions beaucoup de mal à garder les thurses de bonne humeur, elle a une certaine influence sur eux.
- Il y a bien quelques abatoirrrs ou l'on pourrrrait leur trouver un bon grrros quarrrtier de viande !
Le nain éclata de rire.
- Ecoutez, autant nous balader dans les allées marchandes de Fann : nous trouverons peut-être l'inspiration en faisant du lèche-étalages...
Tarabas fit quelques pas et se retourna une dernière fois.
- Pour l'épée franchement je ne sais plus... j'ai l'impression étrange qu'elle ne se trouve pas dans le bric-à brac, mais je peux me tromper... Syem va beaucoup boire ce soir, qui sait, il laissera peut-être échapper une indication même s'il n'a pas l'air d'en savoir long sur le sujet.
Alors les groupes se formèrent. Les deux gnomes et le nain partirent à la recherche d'un cadeau pour femelle thurse tandis que les autres repartirent pour la demeure de Mathurin. La foule était maintenant assez importante et ils devaient jouer des coudes pour se déplacer, bien souvent a contre flux car la majorité des gens descendaient. Dans huit heures maintenant cette même foule aurait pratiquement triplé et les trois jours de paris intensifs allaient bientôt débuter.
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- Bon bein faut pas rester là hein, hein vous êtes dans ma propriété là hein, alors vous êtes gentil vous sortez tout de suite la hein
Le nain qui avait parlé sur le pas de sa porte était le plus gros nain qu'ils n'avaient jamais vu.
- Non parce que c'est chez moi là hein...
- Maître nain, je sais que nous empiétons sur votre propriété, mais ceci n'est que temporaire : juste le temps de faire descendre quelques chariots, et nous nous remettrons en route. Vous ne voulez pas bloquer l'accès des tous ces touristes à l'arène, cela serait mauvais pour les affaires, n'est-ce pas ?
Puis, vers ses camarades
- Peut-être pourrions-nous vendre le chariot, et en racheter un plus haut ? Nous transporterions Bontyr à pied, cela doit être faisable, non?
Mais le druide de son coté avait déjà entamé sa prière a Avhelia, il s'était approché d'un poireau dans le tout petit potager du gros nain et semblait parler a l'oreille de celui ci. Quelques secondes après, une des feuilles du végétal commença à croître peu a peu, puis le rythme s'accéléra. La feuille prenait de la hauteur, tout en s'élargissant.
Les passants remarquèrent cette croissance si rapide et certains s'arrêtaient déjà le nez en l'air. Il y eut un « ohhh !!! » général lorsque la feuille de poireau devenue gigantesque, emportée par son poids commença a tomber
La chute fut longue et lente. Tout Fann regardait maintenant une énorme feuille de poireau sortit d'on ne sait ou. Le contact avec le sol se fit avec la plus grande des douceurs mais pas vraiment a l'endroit escompté car un tour de spirale plus haut que l'auberge du nain.
La largeur de la feuille et son caractère incurvé laissait penser qu'une traversée était pensable sans chute. La résistance de la feuille restait la grande inconnue... l'arche ainsi produite surplombait une partie de l'arène a une bonne trentaine de mètre du sol...
Le gros nain n'en revenait pas. Il regardait le lutin avec ébahissement,
- qu'avez vous fait... mais je vais vous écrabouiller !!!
- Mais… Mais… c'est qu'il serait violent, le bougre !
Lança Falco en fustigeant le nain du regard...
- Bon, parfait, vous me voyez contraint d'intervenir...
Falco sauta de la charrette et se dirigea d'un pas alerte vers le pont végétal qui venait de prendre naissance sous ses yeux... Le mage posa un pied sur la feuille et tapotait de plus en plus fort dessus, afin d'en éprouver la solidité...
- Ça m'a l'air d'être résistant, je vous félicite mon cher Feanor, votre peuple a toujours détenu des pouvoirs qui m'étonneront... a chaque fois... !
Falco avait pris sa décision :
- Bon ne traînons pas ici, je vais me charger de porter Bontyr, si vous le pouvez essayer de retenir le Nain, je ne voudrais pas qu'il fasse de mal a notre paladin... enfin... erm vous me comprenez quoi... il vaut mieux que l'on prenne soin de nos coéquipiers... plutôt que de les risquer a se faire blesser... dans un... un affrontement... ma foi... évitable ? Enfin j'ai toute confiance en vous... je suis sur que vous arriverez à faire entendre raison a ce bougre ! Nous, nous prenons de l'avance... à tout à l'heure !
Falco, qui tirait a bout de bras les épaules de Bontyr, était déjà a plusieurs mètres du jardin où il avait laissé le lutin aux prises avec le... propriétaire, et n'avait pas du tout l'intention de faire demi tour.
Le propriétaire tout de même impressionné par Istral et se sachant quoi penser de Felindra ajouta seulement...
- Vous partez...? Eh mais vous me laissez pas c'te chariote là, là hein ? Ou je vais commencer à m'énerver !!! Vous détruisez mon jardin, là hein ! Vous gigantifiez mes poireaux et vous comptez prendre la file de l'air comme ça la hein... mais je demande réparation moi mOssieur !!!
Jhaelen tout en se demandant si la feuille pourrait supporter le poids du chariot et des chevaux s'adressa au nain :
- Ecoutez, nain, vous aurez, lorsque nous serons partis, de quoi préparer une soupe de poireaux pour tous les nains que cela intéresse! Et en plus vous feriez des histoires?
Falco avançait doucement sur la feuille géante et Le drow examinait les réactions de celle ci. elle paraissait très rigide car aucun mouvements pouvait être ressentit, malgré le poids des deux créatures...
- D'la soupe nan mais vous vous fichez de moi là hein...?
Mais il ne put râler plus. Le drow grimpa sur la charrette et fouetta le cheval, la carriole démarra et commença la traversée. Tous les nains présents retenaient leur souffle. Mais tout ce passa pour le mieux... et en un rien de temps ils furent de l'autre coté. Istral attendit que la charrette fût de l'autre coté pour lui aussi talonné sa monture, il recoupera le druide au passage et traversa à son tour laissant le gros nain seul avec son amertume. Felindra fermait la marche telle une arrière garde...
Une fois tous de l'autre coté, ils s'insinuèrent dans le flot des futurs spectateurs de la présentation. Ils firent un tour de spirale en descendant et se retrouvèrent devant l'auberge de Grimvald.
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Le nain stoppa devant une série d'échoppe, il y avait là la grotte des Tung, reconnaissable au blason et toute sorte d'autre types d'étales. Le nain entra dans l'une d'elle sans demander aux deux autres leur avis. a l'intérieur le nain quand il vit entrer Grimvald changea de couleur.
- Par Kaleus, il est arrivé malheur à ma filleule, cousin. Pour que tu sois harnaché de la sorte...? Qu’est ce qui se passe ? À qui vas-tu faire la guerre ? Ne me dit pas que c'est toi qui te présente contre le champion ce soir... olalala qu'est ce que tu vas encore faire...?
Les gnomes regardèrent autour d'eux, si on leurs avaient demandé, ils auraient dit être chez un forgeron. Mais qu'elle échoppe ne ressemblait pas a ça en territoire nain...
Chnock s'approcha de l'atelier du nain. Un beau foyer trônait au centre de la pièce et différents objets métalliques étaient plantés dans les braises ardentes. Un jeune apprenti en sueur actionnait manuellement un gros soufflet qui faisait rougir les braises à chaque pression. La peine se lisait dans son regard qui semblait dire " une pause s'il vous plait, c'est trop dur " A la vue de ce triste spectacle Chnock regarda la topographie des lieux et sortit tout un ensemble d'outils et d'appareillages, cordes, poulies, clous, etc. En deux temps et trois mouvements, il était monté sur une table et commençait à fixer des poulies au plafond à l'aide de grands clous. Il demanda à l'apprenti de lui faire la très courte échelle et passa en 5 secondes des cordes et les fixa au bras du soufflet. L’apprenti le regardait, l'air hagard Il se tourna vers l'apprenti.
- Voilà mon jeune ami, tire sur cette corde et regarde le foyer
Le jeune nain s'exécuta et se rendit compte qu'il n'éprouvait aucunes difficultés à actionner le soufflet. Il regarda Chnock, un sourire aux lèvres et hocha la tête comme pour le remercier. Chnock se tourna vers ses compagnons et reprit.
- Sacré non d'une pipe, qu'est-ce qu'on disait alors ?
- Grimvald ? As-tu déjà une idée de quoi offrir aux thursettes pour nous avoir emmenés ici ?
- Je vous prrrésente, mon cousin, chez lui nous trouverrrons tout ce qu'il faut pour des femelles thurrrses ! Tu as peut êtrrre une idée, cousin, nous devons offrrrirrr un prrrésent aux femelles du champion !
- Vous allez faire quoi...? Non mais t'as complètement perdu la tête mon pauvre Grimvald, offrir un cadeau aux femelles thurses de ce boucher de Syem. As tu bien entendu ce que je viens de dire...? Rien ne te choque, tu as une case en moins mon pauvre Grimvald : tu t'habilles en guerrier, tu veux offrir un cadeau a ses salopes de femelles thurses. Qu’est ce qui t'es arrivé...
Le cousin les considéra d'un œil retors
- moi vivant mon cousin, rein de ma boutique n'ira aux mains de ces monstres. Si c'était là le but de ta visite tu peux passer ton chemin et ne revenir que lorsque tu auras retrouvé la raison... et vous deux les p'tits ne touchez plus a rien...
- Une minute, eh ! Une minute ! Voulut ajouter Rohagus. Offrir un cadeau dans ce cas-là, c'est plus pour les amadouer, les corrompre, si vous voyez ce que je veux dire. Si nous faisons cela, c'est loin d'être pour les encourager et pour soutenir leur mâle. Nous sommes de votre avis que le champion dure depuis trop longtemps, et... peut-être bien que le combat contre le nouveau prétendant sera son dernier... et peut-être bien que d'offrir un cadeau à ses femelles et entraîneuses peut y contribuer d'une manière discrète et surtout totalement légale !
Rohagus faisait un grand sourire, montrant ses belles dents de gnome.
- Vous faites confiance à votre cousin, quand même, non ? Vous croyez qu'il irait AIDER le champion ?!
- Frrranchement cousin, que crrroyais tu ? Que Grrrimvald rrretourrrnais sa chemise ? VEUX TU VRRRAIMENT QUE JE M'ENNERRRVE ??????
Le nain était devenu aussi rouge que lors de sa discussion avec Tarabas !
- N'oublies jamais que l'intérrrêt de mon peuple passe avant tout ! Le champion est une mauvaise chose, il doit donc perrrdrrre et l'idée des gnomes n'est pas mauvaise en soi, si celle peut changer le courrrs des choses !
- Bon, bon, ne vous énervez pas je ne comprends toujours pas ce que ça apportera mais bon, un cadeau pour ces sal'tés... voyons voir...
Mais il ne put en dire plus, une clameur venait encore de dehors. Ils sortirent sur le pas de la porte pour voir ce qu'il se passait. Une plante prenait de la hauteur, tout en s'élargissant. L’arche finalement produite surplombait une partie de l'arène à une bonne trentaine de mètre du sol... Peu après une silhouette grande et fantomatique aidant un boiteux apparue et commença à avancer sur le pont végétal.
- Qu'est ce que c'est que ça encore ? dit le cousin sur le pas de sa porte...
Rohagus était bouche bée
- C'est Feanor qui a fait ça !!?? Murmura-t-il.
Si c'était bien le lutin druide qui avait encore fait des siennes, le gnome se demandait bien pourquoi avoir fait pousser un poireau géant au-dessus de la ville... et s'il avait pu faire ça plus tôt, Rohagus n'aurait pas eu à faire le clown pour attirer l'attention des nains tout à l'heure...
- Heu... Vous disiez au sujet d'un cadeau pour une thurse ?
- Vous connaissez le type qui a fait ça...? Fénaurh, c'est un grand sorcier...?
Le cousin regardait les deux gnomes d'un autre œil maintenant
- Oui les salop'ries de thurses. Bein a part un genre de parures ou autres colifichets que je peux essayer de bricoler a partir de certaines choses que je pourrais récupérer ça et là, j'vois pas...
Il écarta les mains et les laissa retomber sur ces cuisses
- Qu'est ce z'en dites...? Cousin ? Qu’est t'en pense...? Et vous me présenterez ce Fénauhr à l'occasion...
- BRICOLER ?????
Chnock releva la tête et se retourna en un éclair. Il venait de terminer avec l'apprenti du nain et déjà il était près à agiter de nouveau ses petites mimines.
- Ouais... un collier à reflets avec des bouts de miroir... heu... des boucles d'oreilles avec une chaîne reliée au nez … heu... j'sais pas moi...
- Cousin, prrrofite de l'ingéniosité de Chnock. Ce petit bonhomme a rrréussi à nettoyer mes toilettes en un rrrien de temps et tu sais comme moi à quel point c’est un exploit ! HA HA HA HA HA ! Le nain donna une grande tape dans le dodo du gnome
- l'ingéniosité... Hum !!! Je pense que je me débrouillerai mieux tout seul, je n’ai pas besoin de troublions dans mes jambes. Repassez donc après la présentation, j'aurai fini... et maintenant dégagez moi le plancher !!! C’est bientôt l'heure de la soupe...
- Ok, ça me va ! Fit Rohagus souriant. C'est encore dans longtemps la présentation ? C'est la peine de remonter rejoindre les autres ?
- Bein si on ne met pas autant de temps à les rejoindre, pourquoi pas. En plus on est invité chez ...
Chnock regarda le forgeron et reprit.
- Heu... chez mathurin ce soir, on pourra repasser juste avant d'y aller, non ?
On pourrait rejoindre les autres pour leur dire de ne plus quitter Fann car, apparemment, on risque de rester un moment ici.
- D'accord, autant rejoindre nos camarades... Heu, Grimvald, en prévision de... ce soir, vous voulez venir avec nous pour que nous ne nous perdions pas de vue ?
Tous trois ressortirent donc de l'échoppe du cousin. Sur le nouveau pont végétal il y avait maintenant une carriole, lorsque celle ci eut traversée, c'est un cavalier qui s'avança suivit par un animal de petite taille anormalement long. Eux aussi passèrent de l'autre coté du pont et disparurent dans la foule.
Rohagus, Chnock et Grimvald mirent plus de temps encore que le groupe précédent pour rallier la cuisine de Mayté. La foule avait encore grossit. Il était maintenant impossible de marcher continuellement au même rythme, il y avait des périodes ou l'on faisait du sur place.
Enfin ils aperçurent la grotte de Mathurin et quelques minutes plus tard ils en poussaient la porte
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- Qu'est ce que vous faites là... vous aviez le feu au fesses et puis non ...? Vous savez plus ça va et plus je me dis que tout de même vous êtes un peu bizarre...? C’est bien vous qui faisiez des pitreries tout a l'heure en bas. Vous auriez pu nous dire que vous étiez une troupe de saltimbanques venu pour l'occasion on vous aurait reçu mieux que ça... Splendide le dragon... qui c'est qui fait ça... je n’ai pas pu bien voir d'ici...? Incroyablement beau, j'ai eut très peur vous savez...
Le prêtre laissa échapper un bâillement sonore avant d'ouvrir des yeux ronds.
- Oups, excusez-moi Mayté...! Je n'ai guère eu l'occasion de souffler depuis notre départ. Je file directement au lit, réveillez moi une bonne heure avant la présentation... Vous devriez tenter de vous renseigner sur le challenger vous autres, enfin, à vous de voir.
Aldebaran eut un petit sourire gêné, puis répondit :
- Hum... le dragon, c'est moi! C'est mon tour! Vous avez eu peur? Ah tant mieux, enfin... je veux dire que si vous avez eu peur, c'est que ça a bien fonctionné. Vous savez Mayté, j'ai mis des années à le perfectionner, à le peaufiner, à en faire ce qu'il est aujourd'hui. Ça m'a demandé un travail énorme,
mais, étant tout de même doué pour ce genre de choses, finalement pas tant que ça...
Allez, pour la peine et puisque je vous ai fait plaisir, servez-moi un peu de votre fameuse bière!
-Oh bein ça alors quand Mathurin va savoir ça... une bière mais bien sur tout de suite !! Olala quand mes amies vont savoir ça elles aussi...
Mais elle ne put en dire plus, une clameur venait encore de dehors. Ils sortirent sur le pas de la porte pour voir e qu'il se passait.
Une plante prenait de la hauteur, tout en s'élargissant pour finalement former un pont végétal.
- Qu'est ce que c'est que ça encore dit Mayté sur le pas de sa porte...
- Mais... mais... non, ça n'est quand même pas Feanor qui joue au jardinier... mais alors... qu'est ce que c'est ??
- Vous connaissez le type qui a fait ça...? Il en faudrait partout des trucs comme ça... ça nous faciliterai la vie, qu'elle économie de temps...
Elle les regarda d'un air malin
- Vous allez bien lui en toucher quelques mots pour moi... hein...? Pour mes vieilles jambes...?
Puis elle repartit dans sa cuisine, riant de bonne foi. Chacun prenait son mal en patience à sa manière, ceux qui n’avaient pas dormi la nuit précédente s'était retiré pour reprendre un peu de force. Après un moment les deux gnomes et le nain firent leur apparition. Mayté leva les yeux de la tarte qu'elle était en train de faire...
- Tiens un nouveau venu... Par les dieux qu'est ce que c'est que cet accoutrement...? J’ai l'impression de vous connaître vous... Je me trompe...
La naine dévisageait Grimvald cherchant dans sa mémoire ou elle avait déjà vu cette trogne là.
- Bonjourrr Mayté ! Grimvald enleva son casque. Je suis Grrrimvald.
- Dites, les gars, le poireau géant qui sert maintenant de pont entre deux parties de la ville, j'ai cru un moment que c'était Feanor qui l'avait fait pousser... Ce n'est pas lui ? Nous avons vu une carriole le traverser puis un cavalier suivi par un animal de petite taille anormalement long. Qu'est-ce que, qui c'était, pourquoi, où ? Vous savez ?
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Alors que tous se morfondaient, allant régulièrement à la fenêtre voir l'avancée du sablier. La porte s'ouvrit a la volée.
- Allez messieurs en piste c'est à vous...!!!
Le nain qui leur avait parlé dans la matinée sur l'arène déboula dans la pièce
- B'jour Mayté, hé hé heureusement que je vous ai suivit discrètement tout a l'heure, sinon vous auriez été en retard... allez, allez en route... vous ne voulez pas décevoir votre public...
- C’n’est pas vrai vous allez remettre ça, juste avant la présentation. Olala ça va être quelque chose !!! Quand Mathurin va vous voir, d'ou qu'il soit, il ne va pas en croire ses yeux... allez, allez ne vous faites pas attendre et vous me disiez rien... Chenapans va !!!
Ils sortirent donc de chez Mayté et se dirigèrent vers l'arène. Lorsqu’ils foulèrent à nouveau le sable de l'arène l'impression n'était plus du tout la même qu'au matin, la clameur était surpuissante et les, aux dires des autorités compétentes, trois cent milles âmes peuplant le cratère de Fann exerçaient une pression terrible.
L’heure était enfin venue, la tension était de plus en plus palpable et c'est ce moment que choisirent les "chasseurs de temps" pour exécuter leurs numéros respectifs. Tout d'abord l'archer s'avança seul au centre le l'arène arc en main. Un murmure monta du cratère. Peu de tous ces gens était là lors de la première démonstration d'Aldebaran et la majorité se demandait bien ce que pouvais venir faire cet elfe a quelques minutes d'un événement si important.
L'archer banda son arc et la « flèche-dragon » pris son envol, l'illusion fut parfaitement réussit et un mouvement de panique se répandit jusqu'au retour de la flèche d'Erald au sol et sa transformation en blaireau. La course poursuite après Leuciel ramena la bonne humeur. Ensuite ce fut le Kata Kukaracha puis la Carioca. Le spectacle se termina sur le numéro de lanceur de couteaux boomerangs sur gnome vivant.
Le groupe se regroupa au centre de l'arène pour recevoir les vivas de la foule en délire... des officiels les prièrent de laisser la place libre pour que la présentation puisse être faite. Le groupe se retira donc a la périphérie de l'arène.
La "corne du combattant" retentit une dernière fois et les derniers grains de sable tombèrent dans le cône inférieur du sablier. Le nain préposé actionna la machinerie et le sablier se retourna.
Le silence était total, au point que le pleur d'un enfant tout coup paru presque indécent.
Syem apparut et la foule se déchaîna contre lui, cris, sifflets et même injures fusèrent de tous cotés. Quelques projectiles de toutes sortes arrivèrent même sur le sol.
Mais le thurse restait humble, il était impressionnant de muscles qu'il avait huilés. Il attendait maintenant de découvrir son "challenger". La foule se calma assez rapidement pressée elle aussi de découvrir enfin l'adversaire de Syem le boucher.
Alors, a l'opposé de la grotte du champion, une créature sortit elle aussi de sa grotte. L’information qu'avait eut Mayté se révéla être vraie. C’était bien un skaven qui apparut. Les réactions furent partagées.
Tout d'abord il fallait dire que la différence de taille était importante. Le skaven avait beau être grand pour sa race, il paraissait ridiculement petit face au thurse. Il avait beau être terrifiant, il n'impressionnait pas autant que le colosse qui était en face de lui et puis sa démarche paraissait lente et gauche. Syem le regarda avec curiosité, il repéra les griffes menaçantes mais ne le laissa pas paraître.
La rumeur fut donc un peu désabusée. Comment un si petit adversaire pouvait mettre hors de combat le champion en titre. Les bookmakers broyaient déjà du noir. Les affaires ne seraient pas florissantes cette fois ci. Personne ne parierait sur le skaven...
Mais les "chasseurs de temps" ne regardèrent pas très longtemps le skaven. Car une autre apparition capta leurs attentions. Derrière le challenger il y avait maintenant un cavalier. Il ne pouvait dire si lui aussi était sortit de la grotte ou s’il était apparut spontanément. Chacun des membres du groupe qui avait connu l'incendie de Morn reçut un coup poing au ventre, tant la surprise fut grande. Car c'était bien lui, ils en étaient assurés, le cavalier a la capuche noire et son cheval écumant malgré qu'il n'avait pas fourni d'effort.
Le cavalier noir faisait faire les cents pas à son cheval sans raisons apparentes. Les cérémonies protocolaires se déroulaient mais les chasseurs n'y firent qu’à peine attention, tous focalisés sur leur vieille connaissance. Sa présence ici était lourde de signification... il était lui aussi sur les traces d'une épée du temps. En présentant un candidat au titre de champion...
Et la situation ne s'arrangea pas car au bout de quelques minutes il sembla aux membres du groupe que le cavalier noir les regardait fixement.
- Messieurs, je ne sais pas exactement pour vous mais je ne connais que trop bien ce cavalier... Hum, à voir votre mine c'est aussi votre cas. La situation est grave...
Le visage du prêtre n'était plus qu'un masque, c'est les mâchoires crispées qu'il détailla le challenger et son inquiétant second.
- Regardez-moi ces griffes... je parie qu'elles sont empoisonnées. Ce skaven va bénéficier d'aides contre-nature, n'en doutez pas.
- Oh, potiron de potiron ! Il nous a vu ! Il sait qu'on est là ! Il va envoyer ses sbires nous massacrer ! Il va... Il va...
Le gnome grelottant de peur, récupéra ses esprits :
- Il faut absolument que nous récupérions l'épée avant le combat, sinon ce seront les serviteurs d'Oblithor qui prendront possession de la grotte du champion et son contenu.
Puis
- Eh ! Tchak-Tchuk, je crois qu'on pourrait gagner pas mal de sous en pariant contre Syem, tu ne penses pas ?
Et
- Eh ? Et la créature longiligne qui suivait le cavalier tout à l'heure sur le poireau ? Où est-elle ? Qu'est-ce que c'était ?
Et enfin
- Le poireau est-il le symbole d'Oblithor ?
- Dis donc toi ! Tu connais ce type ? Comment ça se fait ? Dans quelles circonstances l'as-tu rencontré ??
- C'est plus ou moins à cause de cette créature que je suis sur les routes depuis des mois. Elle était avec ce mage qui a mené un assaut en plein Morn près du temple, c'est... c'était un carnage. D'accord avec Rohagus en tout cas, mieux vaut récupérer l'épée avant le combat... mais ne comptez pas sur moi pour parier contre Syem, j'ai bien l'intention de le mettre en garde.
- Quoi qu'il en soit il n'y a pas lieu de s'inquiéter !! Le cavalier n'a pas rendez-vous avec le thurse ce soir j'imagine... donc dans quelques heures on fait un bon repas, on amuse la galerie pour faire plaisir aux femelles, on prend tout notre temps pour trouver cette satané épée... et on prend la poudre d'escampette pendant la nuit... et voilà ! TOUT BAIGNE !
- Il risque fort de nous faire filer... et avec cette foule allez repérer quelque chose. Il y a des points rassurants tout de même: s'il était aussi puissant que ça, il irait directement trucider le thurse et récupérer l'épée. Et il a toujours un temps de retard sur nous, souvenez-vous des hobbits...
- Euuhhh... Tu veux repérer quoi dans la foule ???
-Maintenant qu'il est dans la place et qu'il nous a repéré, il va forcément nous faire suivre... dans le meilleur des cas. Et nous aurons du mal à détecter une filature.
Tarabas tapota explicitement le fourreau de son épée
Le visage d'Aldebaran était très marqué, c'était plus que de l'inquiétude qui se lisait sur son visage, ce cavalier noir ne lui rappelait que des mauvais souvenirs...
- Vous avez raison Tarabas, il ne faut pas se fier aux apparences, ce skaven sera aidé par les forces occultes de nos ennemis, et Syem pourrait très bien perdre son titre.
- Il y a tout de même un gros problème : nous sommes toujours au point mort concernant l'Épée. Nous ne savons même pas si elle est là, et si elle y est, nous ne savons pas comment la reconnaître! Et ce cavalier est une difficulté dont nous n'avions pas besoin!!
Après ces mots, l'archer semblait se préparer à la guerre. Il vérifia l'état de ses flèches, la tension de la corde de son arc, remis en place ses gantelets, resserra sa veste en cuir clouté...il était prêt à se battre.
- Bah !! Il peut nous suivre autant qu'il voudra !!! Que peut-il faire ? Nous attaquer ? Nous sommes les saltimbanques, les nains prendraient notre parti ! Non, non ... on a rien à craindre pour l'instant ... on verra à la sortie de Fann ...
- Sauf dans le cas de figure catastrophique où cette soirée ne donnerait rien... dans ce cas-là mieux vaut favoriser la victoire de Syem. Mais nous allons trouver, il le faut; le thurse se fiche bien de son bric-à-brac, l'occasion est trop belle: si nous parvenons à identifier l'épée, il suffira de lui demander poliment!
Grimvald suivait toute la conversation et ne comprenait rien.
- Bon sang de bois ! Mais de quoi parrrlez vous Tarrrabas ! Qui est cet homme ? Et que fait-il ici ? Et est ce que quelqu'un pourrrrait me rrréajuster cette cotte de maille ? Elle a dut rrrétrrrécirrr quelque peu !
Le nain se tortillait sur son siège, faisant tomber son heaume et bousculant ses voisins.
- Cet homme ou... cette chose Grimvald n'est rien de moins que l'âme damnée d'Oblithor ou tout du moins l'un de ses plus puissants laquais... je gage que vous avez remarqué les dérèglements du temps ? Oblithor en est la cause, et l'épée que nous recherchons une partie de la solution pour le contrer. C'est là notre mission, une mission vitale pour tout Ishel... maintenant que vous entrevoyez son importance, j'espère que vous comprenez les expédients auxquels nous avons eu recours... la drogue entre autres.
- Mais vas-y !!!! Raconte-lui tout tant qu'on y est !!! Tu pourrais même faire une déclaration pour tous les habitants de Fann !!!! Quel imbécile !!
Tchak-Tchuk cracha par terre.
- Tu sais quoi ? Je prédis avant la fin de tout ceci que ta morale de bon samaritain nous mettra dans le pétrin comme jamais on ne l'aura été !! Peeuuuhh ! Et les prophètes ont parlé d'un traître... je me demande si ça ne pourrai pas être toi ! Toi tu serais capable de nous mettre tous en danger pour la pauvre vie d'un nain sans importance !
Tchak-Tchuk tourna les talons.
- On en reparlera...
Le prêtre ignora royalement les vociférations de Tchak-Tchuk.
- Je sens que je peux vous faire confiance nain, j'en ai la conviction... libre à vous d'accorder ou pas du crédit à ce que je viens de vous raconter; et puis qui irait vous croire si l'envie vous prenait d'aller le crier sur les toits, mmm ? On penserait que l'aubergiste passe trop de temps du mauvais côté du comptoir... Et bien, que pensez-vous de toute cette histoire et de votre situation ?
- Je pense que c'est une noble mission ! Je dirrrais même que c'est une mission à laquelle j'aimerrrais contrrribuer. Je pourrrais mettrrre ma hache à votrrre service, prrrêtrrre, si cela vous dit ? Le vieux Grrrimvald a peut encorrre êtrrre utile !
Tchak-Tchuk s'arrêta net lorsqu'il entendit la nain faire sa proposition. Et il fît demi-tour.
- Dis-donc, t'aurai p'têt besoin de quelques précisions ! Le prêtre que t'as devant toi ce n’est pas le chef de la bande !! Y a pas de chef j'te signale ! En tout cas pas pour moi ! Alors si t'as une proposition à faire ce n’est pas lui qui décidera seul quoi faire...
Le gobelin marqua une pause pour jeter un coup d’œil à Tarabas.
- Et d'autre part, notre périple n'est pas une noble mission !! Loin de là ! On fait ça parce qu'il faut le faire... et surtout pour que chacun puisse sauver sa peau ! Pfff...
- Il nous accompagnera déjà à la fête Tchak-Tchuk, les circonstances décideront de son avenir au sein de ce groupe... Certains ici n'ont pas été moins prompts à accepter Chnock alors qu'il nous est pour ainsi dire tombé du ciel. Quant à notre mission... son caractère noble ne dépend que de vous comme de vient vous le prouver le gobelin : certains ne sont ici que pour sauver leur petite personne et sont prêts à tout pour y parvenir, d'autres estiment que c'est leur devoir, d'autres jugent que c'est un suprême honneur et une terrible responsabilité... d'autres encore sont là par simple goût de l'aventure: chacun a ses propres motivations; c'est notre force et notre faiblesse...
- Trrrès bien si vous n'êtes pas leurrr chef, alorrrs je vous prrropose à tous mon aide !
Grimvald regarda le gobelin.
- Et même à toi peau verrrte, mettons de côté nos rivalité ancestrrrale et collaborrrons pourrr rrrétablirrr l'orrrdrrre des choses !
Le nain réajusta encore une fois sa cotte.
- Sacrrré non d'une pipe, Chnock pourrrrrais tu essayer de désserrrrer cette cotte ?
Le gobelin regarda attentivement ce nain qui lui parlait collaboration.
- Toi ? Tu veux mettre de coté nos rivalités... mmm... ça cache quelque chose... bon, on verra ça plus tard…
- Moui... Quand est-ce qu'on mange ?
Demanda Rohagus qui ne voyait plus rien d'autre à faire que d'attendre d'aller dîner avec Syem et ses charmantes compagnes.
- Et... Ne doit-on pas faire attention à ne pas montrer au méchant type à cheval et à ses sbires que nous sommes chez le champion ce soir ?
Chnock s'approcha de Grimvald et inspecta son armure.
- Holala ! Mais elle à quel âge ton armure. Dans mon monde les armures sont plus... sophistiquées, le modèle que tu porte est dans le musée des armures de Goubouldou. Hum... Avec deux trois coups de marteaux par-ci par-là... un axe rivé à ce niveau là... deux belles lanières et le tour est jouer. Il faudrait que tu me la laisse quelques heures. En attendant je vais te la desserrer.
Chnock s'exécuta.
- Je crois, mon cher Tarabas, que nous pourrions d'entrer passé un marché avec Syem. Si on le fait paniquer comme il faut. Il ne refusera pas notre aide et nous pourrions récupérer l'épée en échange, sans combat ? Sinon on pourrait faire un pari avec lui et jouer l'épée et on s'arrange pour qu'il perde, non ?
- Un marché ? Le faire paniquer...? Tarabas esquissa un sourire. Ah, je vois que je n'ai pas été assez clair sur ce point: Syem est un être exceptionnellement frustre... les deux sont parfaitement impossibles. Ses seules passions sont l'arène, l'alcool et ses femelles. Il manque tout au plus d'un peu de compagnie d'où le fait que je sois parvenu à nous faire inviter; je gage que vous avez remarqué à quel point les nains détestent leur champion: il est isolé à Fann, il se sent seul... L'épée, il sera probablement prêt à nous la laisser s'il passe une bonne soirée, les armes ne sont rien pour lui: le tout est de la trouver tout en le divertissant. Enfin bon, n'oubliez pas qu'il reste avant tout dangereux, très dangereux, je peux vous le garantir pour m'être retrouvé au bout de son bras... nous ne pouvons nous permettre le moindre signe d'hostilité à son égard.
Aldebaran était nerveux, la présence du cavalier noir le mettait sous pression :
- Très bien comme plan ça Chnock, encore une merveilleuse idée! Mais au fait, ne vous a-t-on pas dit que Syem n'a pas vraiment l'air au courant pour l'épée? Et puis nous n'avons pas besoin de lui demander sa permission, tous les objets de sa grotte doivent bien lui passer au-dessus de la tête! De toute façon, nous verrons ça au dîner...
L'archer posa le regard sur Grimvald
- Vous voulez nous suivre? Très bien, mais je doute que vous sachiez vraiment ce qui vous attend... Notre quête est encore longue et notre voyage prendra encore maints détours pour arriver à son but, vous ne rentrerez pas dans votre auberge avant de longs mois, si jamais vous y rentrez un jour... Mais au fait, quelles compétences pouvez-vous nous offrir?"
- bein moi je disais ça pour qu'on ne se batte pas à nouveau. J'veux pas dire mais la dernière expérience face au troll à été des plus coûteuses. Penses à Belharut et aux jambes de Bontyr. J'ai bien peur que si nous ne la récupérons pas se soir ça va être musclé pour l'avoir.
Sinon, le question reste posée, comment la reconnaître ?
- Identifier l'épée... notre problème majeur! Il y en a environ une cinquantaine dans cette grotte, je nous vois mal les tester une à une sous ses yeux. J'ai bien demandé à... à Lulu s'il n'existait pas un registre ou un inventaire, ce n'est pas le cas d'après elle. Pas de pièce secrète non plus à priori.
Au fait, que deviennent Bontyr, Falco et les autres ??
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Le lutin sursauta à la vue de l'homme en noir puis commença à bégayer:
- hohohohoooo mon dieu ! Avhelia vient nous en aide !
Pris de terreur le lutin resta immobile un moment plaqué contre le mur de l'auberge. Lorsqu'il reprit ses esprits 5 minutes plus tard, il parut pensif et au fur et à mesure son visage s'illumina... Puis sans crier gare il se remit d'aplomb et commença à descendre un peu plus le long du chemin...
« Hummm si le skaven est un envoyé d'Oblithor, nulle doute que c'est lui qui remportera le combat... qui serait assez fou pour parier sur un skaven ? Nul doute que je vais réussir à faire un petit pari à 1 contre 100... »
C’est sur ces joyeuses pensées que le lutin descendit le chemin à la recherche d'un bookmaker nain... L’arène s'était vidée et les discussions allaient déjà bon train dans la taverne de Grimvald qui était tenu par sa nièce pour le moment. Déjà au fond de la salle ou tout le monde était revenu, désertant la terrasse, les premiers paris avaient lieu. Un jeune nain avec de fines tresses partout sur la tête notait, encaissait et remettait un petit papier a son interlocuteur. Pendant ce temps le drow se rendit au pied du pont de Feanor en proclamant :
- Des places a la vue comme vous n'en avez jamais eu sur le combat, seulement 10 pièces d'or ! Réduction pour les groupes, chaque tonneau de bière compte pour une personne! Une vue imprenable! Dépêchez vous, il n'y en aura pas pour tout le monde!
La foule qui descendait toujours plus bas s'arrêtait fatalement devant le drow qui faisait l'article de la nouvelle vue que l'on pouvait avoir sur le combat et pour pas très cher finalement, 10 pièces d’or qu'est ce que c'était que 10 pièces d’or a notre époque.
- Mais comment pouvons nous avoir notre place à coup sur cher ami lança un elfe qui était sur un chariot
- C'est vrai le combat n'est que dans deux jours nous ne pouvons pas vous donner notre argent sans garantie.
- De plus allez savoir si ce machin tiendra jusque là et puis a combien pouvons nous monter la dessus sans que nous nous retrouvions dans l'arène en bouillie. Vous avez vu la hauteur...?
Cette réflexion jeta le trouble, mais il ne put réagir car déjà derrière lui le gros nain qui avait finalement fait la traversée arrivait essoufflé.
- Non mais dites donc, je vous en prie, ne vous gênez pas vil créature. Faites du commerce... je vous rappelle que ce poireau est a moi alors si quelqu'un doit le louer, c'est bien moi...
- Vous avez raison, ce poireau est a vous, mais pas à cette taille. Je vous propose 50/50, charge a vous de faire respecter les places... qu'en dites vous? Sinon, je peux lui rendre sa taille originelle... comme vous voulez
- C'est déjà moins honteux, mais je préfèrerai 60/40. C’est mon poireau tout de même...
Le nain calculait déjà les bénéfices.
- Bon, bon mais comment fait…? On ne se rappellera jamais qui a payé dans trois jours et puis vous croyez que ça va tenir le coup c'est qu'un poireau tout de même
- Et bien, je pourrais le noter, ça augmente ma part, puisque je ferais le secrétaire... donc, sommes nous définitivement d'accord pour 50/50?
Le nain réfléchit un long moment...
- Bon ! Va pour 50/50 et pour combien de personnes, j'veux pas être responsable d'une catastrophe moi hein...?
Et comme pour argumenter ses dires, il regarda en bas
- Eh ouais, y'a une sacré hauteur là...
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La présentation touchait a sa fin, personne n'avait bougé, ni les chasseurs de temps, ni le cavalier au capuchon noir de l'autre coté de l'arène. Les présentations étaient de plus en plus longues car il était de coutume de rappeler toutes les victoires du champion en titre. Pour Syem évidemment la liste était tout de même assez importante. Effectivement la rareté des challengers n'était arrivée qu’il y a trois ans. Les deux premières années moult combattants avaient essayé de détrôner le champion en titre, ignorant les méthodes de Syem ou bien trop sur d'eux...
Le cheval de la créature qui produisait cette vapeur étrange, comme s’il faisait - 10°C et que cet animal avait galopé pendant des heures, commença à attirer quelques attentions. Mais celui si restait immobile, de marbre...
La cérémonie fut conclue par une double sonnerie de "corne du combattant".
L’activité dans Fann devint instantanément l'image d'une fourmilière surpris par le feu. Les nains en majorité, mais aussi des représentants d'autres races peuplant Ishel, adeptes du jeu, il fallait maintenant recueillir des informations sur le skaven, sur l'état de santé du champion mais aussi les échanger avec d'autres pour finalement poser un pari ou deux. C’était le cas de la plupart des joueurs, ils faisaient deux paris, un pour chacun des combattants en présence. Le sport national consistait à savoir en quelles proportions, financièrement parlant...
Le skaven ne bougea pas avant que le cavalier eut ce geste imperceptible, puis lentement il se retourna pour regagner sa grotte dont il ne ressortirait que trois jours plus tard pour vaincre ou pour se faire casser les os. Encore une fois personne ne put dire si le cavalier l'avait suivit ou s’il avait tout bonnement disparu, même ceux qui étaient persuadés de na pas l'avoir lâché des yeux.
De l'autre coté Syem, faisait le chemin inverse lui aussi saluant la foule qui le conspuait ce qui ne semblait pas perturber le thurse qui souriait. Au moment même où il disparaissait, la naine sortait. Elle fit le tour de l'arène du regard et vit le prêtre. Elle lui fit signe de la main pour qu'ils approchent.
Le petit groupe se dirigea vers la grotte du champion, ils traversèrent donc l'arène. Une clameur monta pour finalement se transformer en O-V-A-T-I-O-N. Arrivé à la porte de l'antre de Syem, la naine fit un large geste de la main pour les inviter à entrer, signe que le champion était d'accord. La foule grommela, mais finalement se calma. Il était finalement légitime que des saltimbanques aillent divertir le champion en titre ne connaissant pas ces actes...
Les chasseurs de temps pénétrèrent donc dans la grotte pour la deuxième fois pour certains. Le thurse en les apercevant se leva et écarta les bras
- aaaAAAHH !!!!! Amis !! Nous boire maintenant !!!
Et il s'écarta pour découvrir un buffet que Lulu avait du mettre la journée à dresser tellement il y avait de chose. À boire et a manger...
Les deux femelles étaient dans le fond de la salle commune assises par terre regardant les nouveaux arrivants d'un mauvais oeil...
Tchak-Tchuk ne se fît pas prier. Il prit place à la table, s'empara d'une cuisse de volaille, mordit dedans, attrapa un pichet de bière, but à sa soif.
- Ahhh vraiment toi tu sais recevoir !!!! A TA SANTE CHAMPION !!!!
Le gobelin leva son verre pour trinquer.
- Allez quoi ! Buvons tous ensembles.
Le thurse regarda le gobelin et sourit, car Tchak-Tchuk venait de changer de couleur. Il était vert bouteille... L’alcool, il ne savait pas encore de quoi, venait de provoquer une éruption dans ses trois estomacs et le trajet entre la bouche à ses estomacs lui semblait... cautérisé. Il fit une grimace. Pire que celle qu'il avait faite chez les gnomes avec leur alcool d'épluchures
- Ami...?
Une des femelles se manifesta
- HHmmmrfff...
Rohagus proposa d'emblée à Grimvald et Chnock de sortir les cadeaux des femelles et leur offrir pour détendre l'atmosphère et il évita soigneusement mais discrètement l'alcool !!
Chnock donna un coup de coude à Grimvald et il sortit de ces poches les...
- Mais dans quelle poche sont elles... celle là... non... celle ci... non... Ha ! Celle là... heu... non... bon alors celle là... non plus...
Chnock regarda les femelles avec un sourire plutôt forcé.
- pas celle là non plus... Ha ! Les voilà
Chnock sortit de sa poche une paire de cisaille.
- Non c'est pas ça...
Deux minutes plus tard et après avoir regardé Grimvald une bonne trentaine de fois; frénétiquement.
- Ha ! Les voilà.
Chnock tendit une paire de bracelets finement ouvragés.
- Pour vous mesdames.
Tchak-Tchuk regarda la naine avec des yeux tout ronds, sans pouvoir dire un mot. Mais après une dizaine de secondes on put entendre un" hhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhaaa " qui voulait tout dire.
- Que le cul me pèle !!! Mais qu'est ce que c'est que cette eau de feu ??!! Réponds la naine, qu'y a t il là-dedans qui pourrai embraser la plus froide des jeunes vierges ?
La naine souriait en coin.
- Alala ces gobelins, des p'tites natures. C’est de la gnole de liqueur de bière. Syem trouvait la liqueur elle-même un peu fade... alors on la distille une fois de plus pour lui... et puis y'a pas de périodes en fut c'est directement pris a la sortie d'alambic. Ah ça ! Ce n’est pas pour les fillettes, j'avoue avoir eut un peu de mal à m'y habituer mais maintenant...
Elle conclut par un large geste du bras se jetant le contenu du verre directement dans le gosier
- Faut y avaler d'un cul sec, sinon ça vous brûle la langue.
Elle n'avait même pas esquissé une grimace.
Grimvald ne put retenir un éclat de rire en voyant la couleur du gobelin et prit soin de ne pas boire la même chose. Puis regardant le manège du Gnome.
- Mais combien de poches as tu, Chnock ?????
- Des poches... hé hé, bein j'en ai au moins...heu... à vrai dire je n’ai jamais compté.
- Hmrf...?
Une des deux femelles se leva et approcha
- HHHHMMMRRRFFF !!!!!!!!
La deuxième bondit et s'opposa à la première levée. Celle ci baissa la tête et se coucha pratiquement a plat ventre en signe de soumission. La dominante s'approcha de Chnock qui lui arrivait à peine à mi-cuisse. La masse de la femelle était imposante. Elle s'approcha si près que ses mamelles surplombaient le gnome qui avait toujours le bras tendu en l'air les deux bracelets en main.
La femelle thurse se pencha et sentit le gnome de tous cotés
- Pas manger !!!!
La voix de Syem impressionna tout le monde tellement elle était puissante et heureusement puisqu'elle fallait qu'elle impressionne sa femelle. Celle ci se recula vivement et hurla sa rage et son désarroi de ne pouvoir se jeter sur cette si petite chose pour s'en délecter. Syem approcha.
- Pas manger nouveaux amis Syem...
Il attrapa bracelets et poussa délicatement le gnome vers le groupe, puis lança à chacune d'elle leur présent. Elle examinait la chose s'en savoir quoi en faire... Lulu alla au secours des deux femelles
- Faites moi voir ça !!
D’une main ferme et sans aucune hésitation elle arracha le bracelet a la thurse, puis lui attrapa la main, passa le bracelet autour et verrouilla le fermoir. Elle fit de même pour sa compagne. Aussi bizarre que cela paraisse les femelles thurses semblaient dociles. La femelle dominante n'était contre toute attente pas celle que l'on croyait finalement...
Chnock revenait près de la table, les jambes flageolantes, le teint blême et le regard dans le vide suivit par le champion l'autre gnome du groupe l'interpella
- Alors, Syem, vous le sentez facile le combat de demain ? Vous connaissez votre adversaire, ainsi que son entraîneur, l'homme à cheval qui était à ses côtés ?
- Le rat debout !!! Lui lent... grosses griffes... pas beau, lui perdre et entraîneur a cheval qui fume... ça pas normal... lui perdre... moi casser le rat, lui plus pouvoir marcher... ça non plus pas normal, rat qui marche...
Nadrahir n'était pas à son aise à ce repas. Le fait de se trouver à côté d'un monstre dont le QI devait avoisiner la température rectale n'était pas pour le rassurer, les deux femelles le toisaient d'une manière très déplaisante, et pire que toute sa bourse de Lotus Noir était désespérément vide. Il décida donc d'écourter la soirée et, pour cela, de mettre les pieds dans le plat.
- Dites moi Syem, j'aime beaucoup les épées...
Il ponctua sa phrase d'un léger moulinet de sa lame qui, il l'espérait, captiverait l'attention du thurse
- ... Et une rumeur est venue à mes oreilles comme quoi vous en posséderiez une... spéciale, du même genre que celle-ci. J'aimerais beaucoup la voir, si cela ne vous gêne pas...
Le thurse regarda ébahit l'épée de Nadrahir
- Moi jamais regarder... Épée pas utile, moi casser, plus facile
Lulu mit son grain de sel dans la discussion
- Y'en a plein des épées la bas vous irez voir tout a l'heure si vous voulez, mais pour l'instant mangeons...
- NON ! Nous d'abord tous boire liqueur pour être amis, Lulu servir tous.
Le sourire en coin de Lulu revint instantanément
- Mais avec plaisir !! Le verre de l'amitié qu'on appelle ça...
- Voila le verre de l'amitié !!! Nous boire...
- Voila, voila... pour voir qui sont les vrais amis... Mr le gobelin...?
Elle lui tendait déjà un verre, tous en en servant de nombreux autres pour l'assemblé de l'autre main
- Allez, allez, la deuxième fois c'est déjà moins dur...
Syem regarda ses femelles qui examinaient leurs nouvelles parures et grogna. Les deux thurses se levèrent instantanément et approchèrent. Elles se dirigèrent vers Chnock et lui tapotèrent sur la tête chacune à leur tour. Le gnome resta interdit
- Ah bein elles vous aiment bien finalement, elles vous remercient là... faites leur un signe, ça vaut mieux... allez approchez et prenez un verre...
Grimvald leva son verre.
- Bien ! A la bonne votrrre ! Et puisse votrrre brrras ne point trrrembler !
Profitant que Syem tourne la tête vers les femelles, Rohagus se dépêcha de renverser le contenu de son verre le plus discrètement et le plus vite qu'il put sous la table, et reprit le verre à pleine main devant lui, cachant son vide. Comme Grimvald, il cria alors aussi
- A votre santé, et à la future casse du rat bizarre qui marche !
Et hop, il fit mine de boire cul sec !
Mais le gnome connaissait les habitudes de ces soiffards qui poussent les autres à boire un nouveau verre dès qu'ils ont fini le premier : il fit alors aussitôt une tête affreuse, soufflant et ahanant comme si l'alcool lui avait arraché la gorge et les yeux.
- AFF ! Ouuf !! Wouaf ! Ouf ! Trop fort pour moi, ce truc
Grimvald marmonna
- Advienne que pourrrrra !
Et il descendit son verre cul sec !
Chnock resta tout tranquille à l'approche des deux femelles et, alors qu'il sentit ses vertèbres se tasser sous leurs tendres caresses, il réussit à arborer un sourire Il leva ensuite les mains vers elles en remerciement, il essaya tant bien que mal de se rapprocher de la table, redoutant à chaque seconde un geste de tendresse d'une des deux... monstres.
* Pourvu qu'elle ne recommence pas, pourvu qu'elle ne recommence pas, pourvu qu'elle ne recommence pas* pensait Chnock avec forte conviction. Il s'assit à la table avec les autres.
- Merci de votre accueil maître Syem, vos deux femmes sont vraiment très charmantes.
Il prit son verre de bon cœur et en but une gorgée.
Tarabas ouvrit de grands yeux devant la descente tranquille de Lulu. Il avait déjà eu un aperçu de la cuvée spéciale de Syem lors de son premier passage et appréciait la performance à sa juste mesure. Le prêtre avait l'air songeur, il manqua de s'étrangler avec sa propre chope, pourtant remplie d'une boisson plus modeste.
La naine regardait le gnome d'un air furibard, elle avait tout vu du petit manège de Rohagus. Elle avala, elle, son deuxième verre et le cogna d'un coup sec sur la table en signe de réussite. Le thurse voyant les "chasseurs de temps" avaler leurs verres les uns après les autres guettait leurs réactions.
- Bravo le p'tit gobelin tortue !!! Toi ami !!
À première vue le stratagème du gnome avait fonctionné aux yeux de Syem. Grimvald avait l'habitude de boire, son expérience et sa fonction de tavernier sur le fin de sa carrière avait fait de lui un buveur résistant. Pourtant il ne put réprimer une grimace
- Ahh !!! Nain ami aussi... !! Et l'autre p'tit gobelin aussi !! Bravo !!
Chnock comprit pourquoi même Tchak-Tchuk avait souffert. la brûlure était horrible et pourtant il n'avait bu qu'une mini lampé. La quinte de toux qui suivit le transforma. Il devint écarlate et se mit rapidement a pleurer. A la fin, lorsque cela se calma un peu, il était extenué, hors d'haleine, la gorge en feu, l'estomac en éruption et les yeux humides et rougeoyants... le champion riait de bon cœur. la naine ne l'avait jamais vu comme ça et il fallait bien dire qu'elle découvrait une nouvelle facette du boucher puis le gobelin intervint
- Comment ça une petite nature !!! JE NE SUIS PAS UNE PETITE NATURE !! Non mais !
Tchak-Tchuk leva son verre et le vida cul-sec, en espérant que Lulu disait vrai. Le deuxième passerait mieux.
- UN AUTRE !!
- Ah !! Syem content toi vrai ami !!
Il pointa les deux gnomes du doigt.
- Eux enfants toi...
Sans attendre la réponse du gobelin qui n'en revenait pas de la question.
- Toi aussi ami prêtre !!! Boire verre de l'amitié. Lui ami déjà !!!
Il lui arracha sa chope de bière et lui donna un petit verre à gnole
- oreilles pointues pas boire, pas amis...?
Sa voix avait changé moins amicale. Puis il grogna. Tous savaient maintenant que cela s'adressait aux femelles. Elles avalèrent la gnole d'un trait sans broncher et claquèrent comme Lulu le verre sur la table. Celui de la plus agressive des thurses ne résista pas au traitement et explosa en petits morceaux. Lulu se précipita balai et pelle en main
- Allez, allez avalez vos verres et on passe a table...
Elle fustigeait les deux elfes et demi de boire le contenu de leur verre. Tarabas se laissa aller à une imperceptible moue devant ce brusque changement de boisson. Il prit son verre, se signa... et l'avala d'un trait. Ses traits se figèrent un instant avant de se détendre: l'illusion aurait été parfaite sans le larmoiement prononcé de ses yeux.
Grimvald se garda bien de demander un autre verre, ce tord-boyaux était vraiment trop fort même pour lui. Il n'espérait plus qu'une chose, c'est de manger rapidement pour calmer le feu qui consumait son estomac.
Chnock voyait trente six chandelles. Le visage des autres s’étirait en des formes horribles. Tchak-Tchuk était tantôt vert pomme tantôt bleu. Au bout de quelques secondes, il reprit ses esprits mais il ne sentait plus sa langue. Il avait des difficultés à parler.
- Ghnacré gnom dugne bvibve, gnèsque gnè qu'chette... Il regarda autour de lui l'air hésitant... gné bon...gnais un gneu fort...gnu pas habitgnué
Grimvald ne put se retenir en entendant parler Chnock et en lui donnant une grande tape dans le dos.
- HA HA HA Et bien mon garrrçon, on ne tient pas bien l'alcool on dirrrait !
Les elfes de toutes couleurs ne daignèrent pas répondre, se regardant entre eux, regardant leurs verres respectifs, regardant le gnome a l'article de la mort : la langue a demi disparue... ils savaient que c'était signer pour d'horribles souffrances que de boire ces quelques centilitres et ne s'y résignaient pas encore
Le champion se froissa quelque peu.
- Vous pas vrai amis... Vous manger après boire, pas avant...
Il se retourna vers la naine intendante et déclara seulement
- Faim !!
Celle ci rétorqua du tac au tac
- On y va, on y va !! Assoyez-vous donc j'amène les charcuteries.
À partir de là, le festival Lulu commença et ne s'arrêta que 3 heures plus tard, quand chacun d'eux fut reput. Ils avaient mangé a leur faim, ça pas de doute. Et plus encore resservit périodiquement en liquide et solide par la naine et de préférence dans votre dos lorsque vous parliez à quelqu'un à l'autre bout de la table.
- Beurrrrpp !!
Le bide de Tchak-Tchuk allait éclater. Il avait bien profité de ce repas orgies que, ingurgitant nourriture et boisson autant qu'il pût.
- Buuuuuurrrrrrp !
Le gobelin regarda les autres.
- Je crois que j'ai besoin... d'une petite sieste !
Tchak-Tchuk quitta la table, installa sa veste par terre et s'allongea dessus pour faire un petit somme.
- Toi aller au fond ami gobelin... paillasse plus molle. Beurrrp !!! Avec tes enfants si tu veux...
- Beeuuhhhahahahaaaarrp... Tu as raison... ce sera... plus confortable ! Toi tu sais recevoir Ami Syem !!
Tchak-Tchuk reprit ses affaires et tituba vers la salle du fond
Le gobelin se traîna donc dans la pièce qui servait de couche aux thurses. Il y pénétra...
- Lui pas supporter alcool Syem !!!!
Rohagus avait mangé comme un hobbit, préférant néanmoins éviter tout ce qui était viandes et autres poissons : il s'était fait un tri parmi les aliments pour ne manger que du végétarien comme à son habitude. Arrivé à la fin du repas, il avait le ventre ballonné comme tous les autres.
- Hurp. Fit-il discrètement, la main devant la bouche. Oaarf !
Il s'étendait en arrière, les mains derrière la tête.
- Ouh, bein c'était bien bon tout ça... Ça, vous savez recevoir, ami Syem !
Le gnome jeta alors un regard alentour l'air curieux :
-Dites voir, Syem, vous savez un truc que personne n'a jamais fait à ma connaissance et qui serait super sympa : ce serait que vous nous fassiez le tour de ce super trésor d'armes en tous genres que vous avez amassé depuis que vous êtes champion ! Ça doit être grandiose, non ? Vous devez avoir de superbes armes magiques, et tout et tout, non ?!
- Bof, j'sais pas... là avant moi... des trucs vieux. Beurrrp!!
Chnock finissait son énième assiette, il avait déboutonné sa veste, sa chemise et même son pantalon. Il curait ses dents avec un petit ustensile biscornu et coloré quand il entendit la naine :
- Quelqu'un reprendra du dessert ou bien vous voulez directement une petite pipe ...?
- HAOUTCH
Il venait de se couper la lèvre.
- Bein ma bonne dame... on est bien reçu ici... pour le dessert, non-merci. Mais pour le reste, je pense que... ma foi... je ne dis pas non.
Chnock avait soudain changé de visage et il regardait maintenant la naine d'un air étrange. Comment dire... langoureux. Lui faisant des clins d’œil maladroits.
- Eeeeeet... On peut les voir des fois ? Y en a vraiment pas un de ces trucs qui soit vraiment band... excita... intéressant ? J’sais pas moi... Une épée magique super délire, ou un truc comme ça ?! Si vous ne savez pas, on... je... je peux aller voir ce qu'on peut trouver de beau dans tout ce bazar ?
Rohagus fit un grand sourire charmeur au thurse. Grimvald n'en pouvait plus, il lâcha un rot énorme et tonitruant.
- Syem, mon garrrçon, tu sais rrrecevoir les gens ! Nous autorrrise tu à aller rrregarrrder les trrrésors des anciens champions ? Nous adorrrons les antiquités ! Surtout Chnock, il adorrre rrrestorrrer ce qui tombe en poussièrrrre.
Chnock repris ses esprits en entendant le discours de Grimvald.
- Ho oui ! Vous avez des antiquités, alors ça... Ma chère Lulu, ne bouger pas je reviens de suite.
Il partit avec Rohagus et Grimvald. Tarabas se leva, la peau du ventre bien tendue... Il souriait faiblement devant les reliefs du festin et les mines rubicondes de ses camarades, nul doute que Rosolt et Belharut auraient apprécié la soirée... Il dirigea ses pas vers l'intendante.
-Une soirée réussie, Lulu... Dîtes-voir, ça vous ennuierait si nous prenions l'air un instant ? J'ai à vous parler.
Les trois p'tites créatures quittèrent donc la table pour se diriger vers la salle aux vieilleries.
- Eh! Vous regardez et vous ne touchez a rien la dedans hein...? C’est des reliques d'une part, l'histoire de Fann et qui dit reliques dit des monceaux de poussière alors on touche avec les yeux hein ...? Déjà qu'un truc est tombé tout seul tout a l'heure...
Les deux gnomes et le nain firent malgré eux un détour afin de passer au large des femelles pour arriver a l'entrée de la petite salle au fond.
- Je vous bourre votre pipe Mr Chnock pendant ce t...?
Le prêtre avait formulé sa requête dans le même temps
- Et bien je vous remercie pour les compliments...
Elle rosit
- Et pour ce qui de sortir avec vous... Vous m'avez déjà tout fait vous alors... je risque plus rien... non?
Devant les regards qui se portèrent vers elle, elle rougit, puis sortit.
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Le gobelin se traîna donc dans la pièce qui servait de couche aux thurses. il y pénétra... heureusement que Tchak-Tchuk avait le cœur bien accroché parce que l'odeur était forte, malgré les efforts pour y remédier de Lulu et un autre que lui aurait pu ne pas supporter et vomir tout ce qu'il venait de manger. Il tira la peau d'il ne savait toujours pas qu'elle bête et se retrouva seul dans la petite pièce. Malgré l'odeur pestilentielle le gobelin entreprit de fouiller les lieux : Deux couvertures en peau indéfinissable, deux paillasses, quelques restes de nourriture, quelques affaires mais vraiment pas grand chose, les thurses n’avaient pas de goût particulier pour les habits, souvent trop petits pour eux d'ailleurs. Dans un coin pourtant dans un renfoncement, le gobelin trouva une cucurbitacée à la forme phallique sans équivoque et de taille thurse, il remit la chose a sa place. Tchak-Tchuk allait abandonner quand entre deux dalles, il vit un éclat. Il se baissa prestement et ressortit sans peine une dague des plus fines, presque un pic à glace. Il la retourna dans tous les sens mais ne découvrit rien de plus, aucune inscription ou décoration
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La naine était sortie plus ou moins vexée de sa maladresse devant les autres. Elle attendait le prêtre en regardant son pied faire des demi-cercles sur le sable de l'arène
Tarabas afficha un sourire plus franc, attendri et amusé par la gêne de sa nouvelle amie.
- Ah, ne vous en faites pas, il en faut plus pour intriguer cette bande d'affreux jojos...
Il jeta un œil au sol avant de s'accroupir
- ...Le sable de l'arène, la voilà la gloire...
Le prêtre prit un air plus grave avant de dévisager son vis-à-vis.
- A propos de poussière... quelle serait votre réaction si je vous disais que je suis absolument certain que Syem va la mordre dans son prochain combat ?
- Ah bien alors là j'rends mon tablier !!! Ah non, alors ça non !! Pas un rat, déjà un thurse je pensais que c'était au-dessus de mes forces, alors un skaven, vous pensez bien que ça pourrait pas se faire... je laisse ma place a ma grosse truie de cousine tout de suite, faut quand même pas abuser...
Elle eut un hoquet de stupeur
- Vous croyez ...? Enfin j'veux dire que ce skaven va battre Syem...!!!!! Bein alors là vous m'trouez l'cul, enfin si je peux me permettre bien sur, prêtre et sauf votre respect. Non ..? C’est encore un de vos coups tordus... hein ?
Le prêtre ne put répondre, le renâclent d'un cheval détourna son attention. A l'autre bout de l'arène le cavalier a la capuche noire les observait, immobile, il devait être là avant eux ou alors il était arrivé sans bruit... Ou alors il était bel et bien apparu spontanément. La pauvre créature qui portait cet être était toujours dans le même état et le nuage de vapeur les entouraient toujours.
Tarabas tressaillit un instant à la vue du cavalier. Il esquissa quelques pas en arrière en direction de la grotte, les yeux rivés sur l'Ennemi.
- J'ai de très bonnes raisons de croire que ce skaven va bénéficier d'aides magiques ou contre-nature Lulu. Libre à vous d'en avertir Syem ou pas, n'allez pas me dire que sa défaite vous laisserait indifférente; les vôtres n'auraient aucune pitié pour le thurse agonisant qui a ruiné leur commerce durant des années... Venez, rentrons. Il fait frisquet.
- bein oui mais c'est choisir entre la peste et le choléra... à choisir vraiment je ne sais pas ce qui est le mieux... pour les jeux c'est sur qu'une victoire du skaven serait bénéfique mais pas pour moi... alors oui je pense que j'informerai Syem... mais quoi comme aide il n’a pas l'air magicien du tout le skaven...?
La naine parut surprise de la réaction du prêtre tout à coup...
- ah bon, moi j'trouve qui fait bon ce soir...
Mais elle suivit le prêtre qui était déjà retourné dans la grotte
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Les trois "brigands" entrèrent donc dans le "débarras" et très vite ils déchantèrent a la vue du spectacle. Même le nain qui aurait du être fou de joie d'approcher des si vieilles reliques resta la mâchoire inférieure ballante. Il y avait la donc là, devant eux, des millénaires d'équipements, de souvenirs et d'armes mais la plupart des pièces étaient inutilisable : usées, oxydées, cassées par le temps qui passe... enfin qui passait...
De plus c'est trois la cherchaient des épées et des épées il y en avait pléthore. Des longues, des courtes, des larges, des courbées de toutes sortes... plus bien sur boucliers, armures de toutes races, hampes, masses d'armes et autres casques...
Tout cela était empilé contre le mur de la pièce qui était pratiquement circulaire. Il y en avait tout autour
Chnock commence à regarder les épées.
- Dites moi, Grimvald et Rohagus, dans votre monde, est-ce que les objets magiques s'usent avec le temps. Car j'ai connu un monde où le simple fait qu'une chose soit magique la protège du temps et du vieillissement. Bon, pis on fait rapido, j'ai Lulu qui va me faire une pipe.
Chnock se frottait les mains en léchant ses lèvres.
- Sont sympa les femmes chez vous, maître Grimvald
- Durrrant ma jeunesse, j'ai cottoyé pas mal d'objets magiques, faites moi confiance s'il y en a un ici, je le trrrouverrrais !
Rohagus fit une moue déconfite.
- Beuuuh... C'est pas gagné...
Le gnome supposa que l'épée du temps, elle, ne s'oxyderait pas comme les autres épées non magiques, alors il se mit à faire l'inventaire des épées qui paraissaient encore quasiment comme neuves. Grimvald embrassa la salle du regard, cherchant un coin ou les objets semblaient plus vieux et plus détériorés.
- Cette épée doit êtrrre vieille, même si elle est parrrfaitement conserrrvée, elle doit êtrrre avec des armes extrrrêmêment vieilles !
Ils commencèrent donc une inspection un peu plus fine des différentes épées présentes dans la pièce, fallait il aussi s'intéresser aux dagues...? Plus ils progressaient chacun de leur coté, plus ils voyaient des gardes, des lames, des pommeaux...
Mais comment dire que celle ci était plus remarquable que celle là, que cette autre était plus magique qu'une autre encore... de plus certaines d'entres elles disparaissaient derrière des boucliers ou dans des armures et Lulu avait dis de ne pas toucher, de toute façon comme l'avait déjà dit le gobelin avant eux cela ressemblait a un mikado géant...
- Youhouuu... Épée du temps ! Tu es là ? Tu veux bien te montrer à nous ? Youhouuuu ?
Et Rohagus regarda si une épée avait la gentillesse de répondre...
Chnock sortit de son manteau une petite dague, qui n'était autre que l'épée de légende prit à Morach et transformer en dague pour faciliter le rangement. Chnock la brandit.
- Je veux que tu te transformes en l'épée de légende gardé par Syem !
Puis il attendit, le regard fixé sur l'arme.
Grimvald entendant Rohagus, ne pu s'empêcher d'éclater de rire.
- HA HA HA ! Et bien mon garrrçon, la liqueurrr de Syem te monte à la tête ? Penses tu vrrraiment que l'épée va te rrrépondrrre ? On ne sait jamais... Tu crois que Chnock a plus de chances que son épée connaisse la forme de l'épée de Syem ?... Epée du temps ? Tu m'entends ? Tues là ? Réponds, s'il te plait...
Grimvald poussa un long soupire. Mais dans quelle galère il s'était encore embarqué. Il s'assit en tailleur au milieu de la pièce, sortit sa pipe et son tabac et commença à préparer sa pipe.
- Prrrévenez moi si jamais l'épée vous parrrle mal ! Je lui apprrrendrrrait les bonnes manièrrres ! HA HA HA HA
Rien ne se passa, à l'appel de Rohagus comme a la demande de Chnock. Le nain ne dit rien, il souriait seulement, enfin pour l'instant.
Grimvald tira une longue bouffée de sa pipe.
- Alorrrs les garrrçons, d'autrrres idées lumineuses ?
Le nain avait beau se creuser la cervelle, il ne voyait pas comment trouver une seule épée dans ce maelström d'antiquité. Et de plus une épée dont personne n'avait de description.
- Rrretourrrnons avec les autrrres, nous perrrdons notrrre temps ici
- Mais c'est dingue, ça ! Comment va-t-on faire maintenant ?! Ah, si Belharut était encore parmi nous... Et si on mettait le feu aux épées ? Comme pour trouver une aiguille dans une botte de foin, on pourrait peut-être trouver l'épée du temps quand toutes les autres auront brûlé...?
Le gnome lui-même n'était pas convaincu par ses propres paroles.
Rohagus n'avait pas du tout envie de retourner dans l'autre pièce si c'était pour boire avec le thurse...
- Au fait, quelqu'un a pensé à demander à Lulu si elle savait où trouver cette épée ?
Chnock rangea son épée du temps et se tourna vers Rohagus.
- Sacré nom d'une pipe Ro, les prophètes noirs ne vous ont donnés aucune indications concernant les épées... un indice...quelque chose sur les gardiens ? Aucuns d'entre nous, présent ce soir, ne sait détecter la magie ? Il regarda Grimvald et dit :
- Maître nain, venez nous aider ! Je vous vois distant envers notre si noble quête. Vous n'avez pas digéré le repas ?
- Les prophètes noirs nous ont même raconté des conneries puisqu'ils nous ont dit que Syem était un Gardien d'Épée, hors il semble que ce soit un hasard si une épée est à sa portée... A moins qu...?
Rohagus ouvrit de grands yeux.
- Pensez-vous qu'il soit possible qu'un guerrier aussi puissant que Syem soit directement considéré comme... étant l'épée lui-même ?!
- Qu'est ce que tu racontes Ro. Qu’est ce qui te fait dire ça ? Que devons nous faire une fois que nous serons en possession de toutes les épées ? Devons nous les enclencher quelque part ? Devons nous les données aux prophètes ? D’ailleurs, qui c'est ces prophètes ? Tu crois que c'est des pourris.
- Je pense que Tarrrabas en a parrrler a Lulu. Les autres épées sont toutes des épées ou bien peuvent elles avoir d'autrrres formes ?
- Concernant les épées, elles prennent plusieurs formes différentes mais sont restées jusqu'à présent des armes réelles... L'épée que Chnock porte sur lui par exemple est capable de prendre la forme de n'importe quelle arme... C'est pourquoi si on considère Syem comme une arme... Mais c'est peut-être complètement stupide... Et concernant ce que l'on doit faire avec, en réalité, nous n'en avons aucune idée ! Nous devrons les rapporter à l'église de Kaleus qui saura quoi faire avec... sans doute un rituel... Et les prophètes n'ont fait que nous dire où trouver ces épées... Et nous n'avons aucune idée de qui sont ces prophètes si ce n'est que ce sont des êtres surnaturels immortels et surpuissants... et un peu froids aussi... Et je ne crois pas qu'ils soient pourris : ils sont très terre à terre, mais sont dans leur petit monde à eux qui se fiche bien du notre.
Grimvald se releva.
-Et bien les garrrçons, si vous voulez mon avis ça ne va pas êtrrre simple cette histoirrre !
Et il refit un tour de pièce en examinant méticuleusement les tas d'arme, espérant que l'une d'elle va plus attirer son attention, une extrêmement ouvragée ou à l'inverse la plus sombre possible mais le nain lui non plus ne put dire laquelle de ces épées était l'épée du temps qu'ils recherchaient, il se retourna donc vers ces deux compères et se gratta la barbe dans un geste qui n'était qu'indécision...
- Argh... Il ne nous reste plus qu'à retourner avec Syem et Lulu et essayer de les faire parler... Ou alors... Il ne restera plus qu'à attendre que le champion d'Oblithor gagne, que le cavalier noir récupère l'épée lui-même et nous devrons nous mesurer à lui pour la reprendre... Que c'est regrettable tout ça... Quels incompétents ces gardiens des épées du temps...
Rohagus était agacé :
- Bon, vous savez quoi : je vais aller directement voir Syem et lui dire en face : "nous cherchons l'épée du temps, où est-elle ?". Après tout, on peut toujours essayer, non ?
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La naine et le prêtre revinrent assez vite et finalement heureusement car les trois thurses étaient restés seuls avec les trois elfes, toujours attablé devant leur verre de tort boyau, très certainement mort de faim et la situation semblait dégénérer assez rapidement. Les deux femelles s'étaient mises aux deux extrémités de la table et Syem leur faisait face
Au moment même où ils pénétraient dans la grotte le champion le thurse abattait un point rageur sur la table qui vacilla.
- VOUS BOIRE !!!!!
Personne ne dit mot a part Lulu qui intervint
- Hop hop hop on se calme, ils n’aiment pas ça c'est tout, alors ils ont été punis, ils ont été privé de manger, c'est bien comme ça...
Les trois thurses bougonnèrent
Le malaise grandissait lorsqu’ils entendirent une voix dans la pièce aux vieilleries.
- Youhouuu... Épée du temps ! Tu es là ? Tu veux bien te montrer à nous ? Youhouuuu
Le thurse se retourna et regarda la naine avec de gros yeux ronds
- Lui parler épées...?
Tarabas leva un instant les yeux au ciel à ce Youhouuu, il ne sous-estimait pas la dangerosité de la situation.
- Humph, ça sent le Rohagus ça... Bon très bien, allez les elfes, pas de chichis !
Il passa à portée d'oreille d'Aldebaran
- Trempez-y au moins les lèvres, bon sang de bois, vous allez le fâcher... Tenez, je vais reprendre un petit verre avec vous champion ! A la votre ! Et puis racontez-nous un peu vos précédents combats, vous avez déjà eu des adversaires dangereux ? Et votre plus belle bataille ? Et la plus longue, et la plus courte ? Racontez-nous !!!
- Ah toi ami prêtre, mais Syem fatigué, demain !! Moi raconter demain, vous revenir demain !!
Il faillit tourner les talons mais ajouta d'une voix qui n'augurait rien de bon
- Pas vous !!! Vous pas boire, vous pas amis !!!
Sur ce il se dirigea vers la salle qui lui servait de couche les deux femelles le suivirent. Le champion écarta la peau qui servait de rideau à cette pièce et réalisa qu'il y avait déjà un occupant dans son lit
- Toi partir, nous dormir !!
À première vue l'occupant ne réagit pas assez vite. Syem attrapa Tchak-Tchuk encore dans les limbes du sommeil qui vient de vous prendre puis d'une main et sans aucun effort il le sortit de la pièce sans qu'il ne touche le sol. Il le déposa plus ou moins délicatement dans le couloir et disparut.
- Bon, bein va falloir que je range tous ça... Ça vous a plu...?
Les trois petites créatures ressortirent de la salle aux vieilleries sans rien en main. Leur pêche avait été infructueuse
Rohagus cherchait quelqu'un ou quelque chose dans la pièce commune a son retour, mais il dut se rendre a l'évidence : les thurses n'étaient plus là. Devant sa mine déconfite la naine declara
- ils sont partis se coucher y'a quelques instants
Et à voir la tête du gobelin, cela devait même faire très très peu de temps car il semblait encore endormi
- Rohagus, c'est vous qui appeliez l'Épée avec cette voix de fausset tout à l'heure ? Bon et bien... retour à la case départ. Au fait, notre ami était en train de guetter un peu plus loin, à l'autre bout de l'arène.
Le prêtre jeta une œillade désabusée en direction de l'intendante, il imaginait déjà chaque membre du groupe contraint de fuir la grotte cinq-six épées entre les bras.
- Lulu... si vous savez quelque chose, si un détail vous revient à l'esprit... c'est maintenant ou jamais. Enfin, vous n'auriez pas le souvenir d'un adversaire étrange sur le tableau de chasse de Syem, aucune légende sur la grotte à nous raconter... rien ?
Au cas où, reprit Rohagus... J'ai émis une hypothèse... Et bon, elle n'est pas plus incohérente que de chercher une épée parmi des milliers comme nous le faisons... J'ai émis l'hypothèse que Syem puisse être considéré à lui seul comme étant une arme, et... comme étant l'Épée du Temps... Mais je comprendrais que vous trouviez ça ridicule... C'est juste pour vous faire part de mes pensées à moi que j'ai...
Rohagus n'était pas sûr que la question ait été posée vraiment sans ambages à Lulu
- Nous cherchons l'Épée du Temps, nous vous l'avons déjà dit ? Ça, ce nom, ça ne vous dit rien ?
- Oui oui, elle est peu ou prou au courant de nos recherches, ne vous inquiétez pas...
Tchak-Tchuk avait du mal à émerger après la mini-orgie à laquelle il s'était livré et le petit somme qui suivit.
- Euuhh... J’ai dormi longtemps ?... il reste quelque chose à boire ?... vous avez trouvé l'épée ?... tiens c'est bizarre... j'ai entendu une mélodie et j'ai rêvé que Syem ne passait même pas le premier round... bizarre...
Lulu les regarda les uns après les autres...
- Vous commencez à m'agacer avec cette histoire, du moment où mOssieu le prêtre m'a faire faire sous moi jusqu'a maintenant, vous n'avez pas arrêtez de me rabattre les oreilles avec votre épée que voila "du temps" maintenant...
Elle soupira lourdement
- J'en sais rien... j'y connais rien de rien aux épées et j'étais très mauvaise a l'école en histoire... je suis désole de ne pouvoir vous venir en aide. De toute façon que voudriez vous en faire pas question de la sortir d'ici vous savez. Parce que m'est d'avis que si vous la cherchez c'est pour l'emporter. Faut pas me prendre pour une pomme à l'eau quand même... et alors ça, ça va pas être possible on aurait des ennuis... c'est une relique, enfin si elle existe et si elle est là...
Elle regarda chacun d'eux de son regard de maîtresse de maison et déclara
- Bon je sais pas si Syem se rappellera demain mais s’il tient à vous voir je vous le ferai savoir... enfin sauf vous, pfffff !! Les elfes pas un sou de jugeote vous ne pouviez pas faire comme le gnome. Lui a été malin, il a renversé son verre... mais vous autres fiers comme des paons, vous vous êtes entêtés... pfff ! Pitoyable. Résultat vous êtes maintenant indésirables...
Elle commençait a ranger tout en sermonnant les elfes.
- Beuhhaaaa... mais qu'est que vous avez fait ? Vous avez mit Syem en colère ? Quelqu’un peut m'expliquer ce qui s'est passé ??
- Ces têtes de pioches n'ont pas voulu boire, donc la sanction est tombée... " Vous pas amis". Alors ils font ce qu'ils veulent mais moi à leur place je ne reviendrais pas...
- Les elfes ont boudé la cuvée spéciale Syem, il n'a pas trop apprécié... on s'en sort plutôt bien, il reste un briseur de membres avant d'être un joyeux fêtard. Bon... et bien nous n'avons plus qu'à nous retirer. Un petit coup de main pour ranger peut-être ?
- Oh non, non je me débrouille, ne vous inquiétez pas...
Tchak-Tchuk regarda Tarabas presque avec pitié. « Lui… ranger… ». Puis il reporta son attention sur la naine.
- Oh, et une ultime question, il doit bien y avoir un historique de l'arène quelque part à Fann avec le nom des différents challengers et le récit des combats... non ?
- bein vous êtes passés devant... les boucliers dehors tous les noms des champions y sont gravés
- Ou alors un grand spécialiste ?
- ... Eh bein, non je ne sais pas, il doit y en avoir bien sur mais moi je ne sais pas, je suis nulle hein...?
- Et euh, le combat, c'est dans combien de temps exactement ?
- Deux jours enfin moins que ça maintenant... disons quarante heures...
- Bon bein moi je vais voir ce bouclier...
Tchak-Tchuk sortit de la grotte du champion l'air songeur, comme si quelque chose piquait sa curiosité. " faut absolument trouver un spécialiste des combats " rajouta-t-il pour lui même en franchissant le seuil de l'antre de Syem.
- Je vous accompagne Tchak-Tchuk, peut-être aurez-vous besoin d'un lettré... et l'ennemi rôde dans l'arène, mieux vaut éviter de se déplacer seul désormais.
- Mais bien sûr... d'un lettré... apparemment, j'ai surtout besoin d'un chien de garde. Enfin... pressons !!
- Mais non mais non, ne soyez pas si suspicieux. L'ennemi nous guette, je l'ai vu apparaître comme par enchantement à l'autre bout de l'arène alors que je discutais avec Lulu...
-Je suis désolé d'avoir mis Syem en rogne mais j'ai mes raisons. Le fait que l'ennemi rôde à proximité, m'a non seulement coupé l'appétit mais m'a aussi dissuader de faire la fête. D'habitude je ne rechigne pas à boire, au contraire, mais là c'est différent, le danger était proche et je souhaitais garder toutes mes aptitudes à leur maximum en cas de problèmes. J'aurai pu faire comme le gnome, effectivement, mais ce n'est pas mon genre de truquer. J'aurai pu aussi m'expliquer avant, mais je crois bien que Syem n'aurait pas compris et se serait encore plus énervé...
L'archer se leva lentement, et gagna la sortie :
- Et bien, si je suis indésirable ici, je n'ai plus rien à y faire. Je vais aller donner un petit coup de main à Tchak-Tchuk et Tarabas dans leur enquête...
Grimvald écouta d'un air amusé le discours de l'elfe.
- Bien je vais aller rrregarrrder le bouclier également. Chnock veux-tu m'accompagner mon garrrçon ?
- Bein ouais, j''crois qu'y a pas grand chose à faire ici.
Chnock remballa ses affaires et suivit les autres vers la sortie.
- Merci encore pour cette somptueuse soirée dame Lulu. C'est avec plaisir que je reviendrais en ces lieux !
Chnock se retourna vers ses compagnons.
- Et si on essayait d'aller voir le mystérieux boss du skaven challenger ? D'ailleurs, qu'est ce qui vous dit que cet individu est un sbire de *L'ENNEMI* ? Qu’a à gagner Oblithor en laissant Ishel se détruire ? Mon cher Tarabas, vous qui êtes le spécialiste s-religion, qu'en dites vous ?
Chnock écoutait avec attention son ami prêtre mais ne pouvais s'empêcher d'être... gnome.
- Le maître de ce skaven est foncièrement maléfique, nous l'avons vu mettre Morn à feu et à sang. Oblithor n'a qu'un objectif: réduire le champ des possibles au minimum.
- ça veut dire quoi ça ?
- accroître le néant. Ce qui tendrait à accroître son pouvoir en tant que déité maléfique.
- Ha bon et comment ?
- Oblithor est une divinité tendant au néant par l'entremise d'une déchéance et d'une souffrance pure
- Ouais mais s'il n'y a plus personne pour souffrir, où est le gain ?
- En tant que fils de Nexus, Oblithor est opposé au vivant en tant que tel
C’est donc à cinq qu'ils se retrouvèrent dehors. Le prêtre qui savait exactement où regarder en sortant, avertit les autres instantanément à mi-voix
- il est là...
Et effectivement le cavalier au capuchon noir était là, d'un immobilisme impressionnant un halo de vapeur l'entourant.
Le petit groupe se retourna quand même pour découvrir les boucliers qui tapissaient le devant du la grotte du champion. Ils les connaissaient finalement ils étaient passés à cote d'eux plus d'une fois maintenant. C’était même le moyen qu’ils avaient tous pour repérer la grotte de loin. Mais ils n'avaient jamais fait attention à ce qui était gravé dessus. Enfin tous a part le gobelin qui avait eut connaissance de la chose juste avant la diversion. Il n'en avait pas fait mention très certainement car cela n'apportait rien. Une liste de noms... le prêtre s'en approcha et lu
Simon Francoeur
Roger Nelson
Paul Ricart
Richard Fraconville...
puis il passa a un autre bouclier et lu a nouveau, au hasard cette fois ci
...Pug
B'rrfg Jyyttoijj'xib...
...Loxt de la Filardiere
Johan baizh...
Alphonse Daudet
Luis Fernandes
Il continua dans sa tête passant tous les noms en revue... et arriva au dernier : Syem Jobar. Il regarda ses compagnons, dépité. Tous lui rendirent son regard, chacun d'eux jetaient des coups d’œil réguliers derrière eux pour voir ce que faisait le cavalier qui restait impassible devant la grotte du challenger.
- Il n'y a que les noms ? Pas de précision sur les combats ? Comment dire... on est vraiment... entrain de pédaler dans la fiente de troll fraîche !!!
Tchak-Tchuk fît lui aussi le tour des boucliers, pour s'apercevoir que cela ne menait à rien.
- Si l'un d'entre vous décide de pondre une idée de génie, c'est maintenant ou jamais... sinon il faudra se décider à aller à Shaastar...
- Il nous faudrait plus d'informations... Est-ce que l'un d'entre vous est capable de me dire comment les gardiens ont été désignés, par qui, et surtout quand ? Si nous savions quand Syem est entré en possession de l'épée nous pourrions remonter la piste en l'interrogeant lui ou des spécialistes sur les challengers de la période et récolter quelques indices... Un adversaire étrange, un combat trop rapidement gagné même pour le thurse, que sais-je encore. C'est mince mais c'est tout ce que nous avons. Nous pourrions aussi nous renseigner sur cette Lulu, j'ai parfois l'impression qu'elle en sait plus sur le sujet qu'elle ne le prétend. Je trouve ça étrange que les nains n'aient dressé aucun inventaire de la grotte, ce n'est pas dans leurs habitudes.
- Il faut trouver LE spécialiste des combats... les nains vivent assez vieux pour que l'un d'entre eux ait pu assisté à tous les combats depuis un bon bout de temps... Grimvald, toi tu dois pouvoir nous trouver ce nain, après tout tu tiens une auberge, et tu fais partie des leurs, ils te feront peut-être confiance... quant à moi... je vais aller traîner une peu on sait jamais...
- Aller à Shaastar? C'est hors de question Tchak-Tchuk! L'épée est ici, c'est sur, sinon Oblithor ne serait pas là...
L'elfe se frotta le menton, réfléchissant :
- Hum... bon, je ne sais rien du tout concernant la désignation des gardiens, ni quand est-ce qu'ils sont rentrés en possession des épées... Seuls les gardiens eux-mêmes doivent le savoir! A ce propos, une question bête en passant : n'est-il pas possible de rentrer en contact avec ce vieux fou d'Erald? Peut-être Riesz ou vous Tarabas, par le lien qui vous unit avec son épée? Si c'était possible, peut-être pourrait-il nous aider quelque peu...
- Grimvald, vous ne savez pas si dans cette ville il y a un historien ou un spécialiste des armes?
Tarabas, puisque vous vous entendez si bien avec Lulu, pourquoi ne procéder à un interrogatoire un peu plus musclé avec elle, si vous voyez ce que je veux dire...Nous n'avons perdu que trop de temps ici!
- A Shaastar il n'y a peut-être pas l'épée, mais il y a sûrement la solution à nos problèmes... mais le voyage serait long, et l'ennemi nous met la pression ici...
- Je n'ai malheureusement aucun moyen de contacter Erald. La seule singularité qui me lie à lui est qu'il m'a désigné à mon tour comme gardien. Pour Lulu... j'espère que nous pensons bien à la même chose ? Parce que l'interrogatoire musclé, c'est déjà fait... Pas de violence -vous me connaissez- mais je n'ai pris aucun risque en pénétrant dans la grotte la première fois. Je l'ai terrorisée une fois, et c'est déjà une de trop.
- Et pourquoi donc la solution de nos problèmes serait-elle à Shaastar? Partir maintenant c'est prendre un trop gros risque. Le cavalier est là pour prendre l'épée, c'est sur. Nous avons eu de la chance jusqu'à maintenant, nous avons récupéré les épées avant eux et nous ne pouvons nous permettre de les laisser prendre celle-là! Pas tant que nous n'avons pas tout essayé...
Puis l'archer se tourna vers le prêtre :
- Pas de violence, pas de violence... Il faut parfois abandonner quelque peu ses idéaux pour parvenir à ses fins, ne pensez-vous pas Tarabas? Enfin, il n'est nulle question de la blesser mais juste lui faire comprendre "gentiment" qu'une plus grande coopération serait profitable aux parties...Riesz a-t-elle déjà essayé de lire dans ses pensées pour voir ce qu'elle sait vraiment au fait?
- Aldebaran... je l'ai déjà questionnée le couteau sous la gorge, la pauvre en a souillé son lieu de travail, je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus. Mettre Riesz à contribution ? Bonne idée oui, mais en dehors de la grotte; n'oubliez pas que les vôtres ne sont plus les bienvenus là-dedans. Au fait... nous parlons, nous parlons, mais qui nous dis que cette chose là-bas n'est pas en train de suivre notre conversation ?? Nous devrions nous replier chez Mathurin.
- Pour ma part, je ne sais vraiment pas assez de chose pour dire ou conclure ou extrapoler quelque chose. A votre avis qu'est ce qu'il vient foutre ici celui là ?
Chnock fit un hochement de tête en direction du mystérieux cavalier. Il reprit à voix basse.
- Et si quelqu'un de super discret suivait l'autre encapuchonné, lui a peut être des infos sur l'épée ?
- Ne le prenez pas à la légère, c'est un être aussi surnaturel que dangereux. On ne file pas une telle créature, on ne la quitte pas des yeux... il a ravagé une partie de Morn avec ses mignons, lancer un assaut en plein Fann ne le fera pas reculer s'il n'a pas d'autre alternative.
- Et espérons qu'il n'apprenne pas que nous avons déjà 3 épées... d'ailleurs qui les porte en ce moment ? Tarabas, Nadrahir et Chnock, c'est bien ça ?
- Venez tous, allons poursuivre cette conversation plus loin... peut-être a t-il les mêmes dons que notre psioniste, n'allons pas l'avantager davantage. On se retrouve tous là-bas oui, je me demande bien ce qu'est devenue la charrette depuis tout ce temps... conseil de guerre dès que possible !
- Conseil de guerre !!!! Ruk' Thg' bruikl !!!!! Je vais chercher Rohagus !!!
Tchak-Tchuk rentra à nouveau dans la grotte.
- On va où alors ?
- Et bien on file récupérer Bontyr Falco et les autres avant de tous se retrouver pour un autre brainstorming chez Mathurin... si nous ne sommes pas suivis. Je ne vois rien d'autre à faire pour le moment. Évitons de nous déplacer seuls désormais, un individu isolé serait une cible idéale.
Grimvald se sentais totalement inutile, il ne connaissait personne qui ait noté tout les noms des combattants et encore moins le déroulement de chaque combat. Et puis il n'arrivait pas à réfléchir avec ce type qui les scrutait. Et bon sang ce que le gobelin sentait mauvais !
La remonté chez Mathurin fut de plus en plus détendue, car le cavalier ne bougea pas. Arrivés là, Mayté leur signifia qu'elle n'avait pas revue les autres membres des chasseurs de temps. Une escouade partit donc a la sortie de la ville pour récupérer ceux qui avaient anticipé un plan qui n'avait pas tout a fait fonctionné comme prévu. Ils retrouvèrent la charrette devant l'auberge de Grimvald et le reste du groupe dedans et le drow un peu plus haut en train de se livrer à un commerce non définissable...
Ils remirent le paladin boiteux dans la charrette et tout le monde se retrouva comme quelques heures auparavant dans la cuisine de Mayté.
Rohagus entama les débats
- Bon, pour résumer la situation, nous avons eu l'occasion ce soir de bien discuter avec Syem et ses compagnes : ils ne connaissent en rien l'Épée du Temps, et nous avons cherché nous-mêmes dans sa réserve sans rien trouver du tout. Tchak, Tarabas ? Vous avez trouvé un indice, vous, en regardant les noms des anciens champions de Fann ?
Grimvald ne décochait pas un sourire, il avait un air fort contrarié. D'un coup il se leva et alla voir Maïté.
- Dites moi Maïté, connaîtriez vous un spécialiste des combats de l'arène, un historien ou un très grand amateur ?
- Olala !! Mais chaque nains que vous allez rencontrer vous dira qu'il est le plus grand spécialiste des combats de Fann mais finalement il y en a que très peu qui disent la vérité.
Elle servit un café à qui voulait
- Je suis contente que vous vous intéressiez à notre histoire... vous qui vouliez partir si vite... si vous voulez je peux inviter quelques uns des plus grands historiens pour demain midi vous pourrez alors vous informez...?
- Hola... Ne devrions-nous pas plutôt rester discret, et ne pas parler à des dizaines de nains de... des informations que nous recherchons ?
-Comme vous y aller, des dizaines de nains... Non deux ou trois, des vieillards, y'a même un ancien champion qui pourrait se joindre à nous... mais moi je dis ça c'est pour vous hein... sinon vous aurez qu'a demander a Mathurin demain, mais il est loin d'en savoir aussi long...
A la mention d'un ancien champion, Rohagus eut un sursaut : peut-être est-ce notre chance !?
- Oh bon, 2-3 vieillards dont un ancien champion, ce serait parfait, ça oui ! Ils accepteraient de nous renseigner ?
- Arf s’ils accepteraient... C’est vous qui demanderez qu'ils arrêtent de parler... les vieux nains sont très bavards et s'écoutent parler vous savez...
Tarabas attendit un moment d'inattention de leurs hôtes pour s'exprimer.
- C'est un bon début. Et puis pour la discrétion, ma foi... nous sommes connus de tout Fann depuis nos cabrioles dans l'arène, évitons juste les questions trop ciblées. Est-ce que quelqu'un sait ici depuis combien de temps les gardiens ont été désignés ? Ça nous aiderait bien. Feanor, pourquoi ce pont au fait ?? C'était pour la charrette ?
- Bon et bien que tout le monde aille se coucher et je prépare ça pour demain...
Mayté semblait heureuse de cette petite réception à venir, elle allait pouvoir cuisiner à tour de bras.
- C'est un poireau qui a poussé un peu trop vite. Bein à vrai dire on s'est retrouvé coincé dans une sorte d'embouteillage nain ! Tout descendaient pour voir le combat alors que nous voulions monter... vous comprendrez la difficulté ! Du coup bein... ce magnifique poireau nous a permis de traverser une partie du chemin sans trop de difficulté ! Certains voulaient laisser Bontyr et la charrette en place et comme on était coincé c'était la dernière solution pour ne pas laisser ce malheureux boulet en place...
Ceci dit cela semble vous étonner... il faudra un jour que je vous invite dans mon village ! La bas toute les habitations et voie de circulation ressemble à ça !
Le lutin eu l'air perplexe et enchaîna...
- Heu... ceci dit, vous ne m'en voudrez pas si je vous fais dormir dans la clairière, c'est que... je pense que vous risqueriez d'être un peu étriqué chez moi... en fait je crois bien qu'un seul de vos pas suffirait à détruire une de nos habitation... vous serez donc prudent... d'accord ?
Tous allèrent donc se reposer, personne n'avait d'ailleurs d'autres aspirations qu'un bon lit et une nuit réparatrice de sommeil. Etait-ce l'alcool du champion ou les heures de sommeil en retard ou bien encore la nuit éternelle qu'il recouvrait les montagnes du souvenir, personne ne le sut, mais ils firent tous plus du tour de la pendule, enfin du sablier en l'occurrence et se réveillèrent pratiquement ensemble, voir même a la réflexion, ensemble. Frais comme des gardons. La faim au ventre.
Mais c'est là que devait être l'explication : l'odeur. Mayté était a l’œuvre c'était certain.
Ils se le levèrent d'un seul homme et gagnèrent la cuisine.
- Aaaaah !!! Nos satanés saltimbanques. Pourquoi vous ne me l'avez pas dit avant...!!!! J’ai eut l'air d'un abrutit moi quand j'ai dit que je vous logeais et que je ne savais même pas que vous faisiez tous ça...
- Eh bein fallait pas le dire !!!!
L’éclat de rire fut nain et général. Il y avait là Mathurin donc, Capucin et deux autres nains à la barbe grise et tressée. C’est Mayté qui fit les présentations.
- Je vous présente, Riko Raih et Luigi Bross, respectivement : ancien champion de Fann et doyen de la ville. On ne peut pas faire mieux... une p'tite bière...? Au lever ça vous lave bien l'estomac. Après on mangera... si vous avez des questions parlez fort parce qu'ils...
Mais elle ne put finir sa phrase, le doyen essayait de se lever, elle l'assista, il se dirigea vers le groupe et cracha aux pieds du gobelin
- j'ai tué 732 de tes frères durant la grande guerre sans bière et ils n'ont réussit à me prendre que ça, il tourna la tête pour faire voir son cote amputé d'une oreille.
- c'est ce que je m'apprêtais à vous dire, ils n'entendent plus très bien. Mais bon comment sera t'on a plus de 650 ans je vous le demande, si on y arrive un jour...
Le doyen se rassit, content de son ultime combat face a l'ennemi avec ses moyens du moment.
Tarabas huma les effluves de cuisine avec délices, et gesticula un court instant, étirant des muscles et secouant une tête encore un peu engourdis par la soirée v.i.p du champion. Les yeux toutefois avaient retrouvé tout leur éclat. Le prêtre avait singulièrement maigri depuis son départ de Morn, sa barbe naissante soulignait les années enfuies. Il salua les ruines d'une franche poignée de main, prenant bien soin de parler à haute voix et de contourner le glaviot du vieux Luigi.
- Messieurs, ravis de vous voir ! J'espère que le spectacle d'hier vous a plu... Aaah... nous avions hâte de rencontrer des spécialistes de l'histoire locale. Rapport à la création de notre prochain spectacle. Mais passons à table, chaque chose en son temps !
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Depuis sa sortie des monts de la malédiction, terre de désolation du royaume d'Ishel, terre des orcs, gobelins, trolls et autres monstruosités reptiliennes voir même démoniaques. Depuis ce temps donc D’Jay-Al n'avait qu'une idée en tête et il échafaudait des plans pour la réaliser.
Peut être était ce le phénomène bizarre qui frappait Ishel qui le motivait en cela, il était persuadé que ce qu'il venait de vivre était en corrélation avec l'arrêt du temps. Effectivement la lente diminution de la rotation de la vitesse de la planète avait troublé D’Jay-Al, comme tout le monde. D’abord les jours et les nuits s'étaient allongés anormalement, cela avait duré quelques mois et finalement le soleil s'était figé dans le ciel, l'impression était surréaliste. Vu que les Royaumes connus d'Ishel se trouvaient sur une planète, l'orient baignait dans une douce lumière de début de matinée, alors que l'occident était lui plongé dans une nuit éternelle. Logiquement, il régnait une atmosphère "entre chien et loup" de petit matin dans la capitale, Morn. Toute l'organisation du monde était chamboulée. Les repères étaient perdus.
Mais D’Jay-Al avait l'intuition que cela n'était que les prémices à quelque chose de beaucoup plus important que la perte du cycle des jours et des nuits. Oui, de beaucoup plus important...
Tout d'abord il fallait revenir en arrière pour se remémorer exactement les faits. Par curiosité et pour découvrir toutes les facettes du monde dans lequel il vivait D’Jay-Al était entré en territoire "maléfique". A cette époque le phénomène a avait fait que le soleil finalement s'arrête avait a peine commencé. Rapidement il fut fait prisonnier. Les montagnes de la malédiction n'ont rien de commun avec le reste du royaume. Ce n'est que rochers, cailloux, pierres de différentes natures ou couleurs, visibles a l'infini. Il est donc très difficile a un humain d’y passer inaperçu, voir même d’y survivre. Finalement cette arrestation fut la meilleure chose qui pouvait arriver au psioniste.
On lui ligota les mains et il fut donc emmené auprès des autorités compétentes. Son avenir a ce moment précis était de devenir esclave dans une mine quelconque au mieux et de finir en nourriture pour troll au pire. Son âge et sa carrure jouait plus pour la première solution, mais le risque restait tout de même présent.
Le gobelin qui représentait le pouvoir dans la garnison ou on l'emmena ne fit pas de zèle et son jugement fut sans appel : aux mines !!! Avait-il déclaré. Il fut placé en détention en attente de son transfert le lendemain et c'est cette nuit là que tout bascula. Enfin, le psioniste avait cette impression que c'était pendant une nuit car on l'avait réveillé alors qu'il dormait profondément. A la réflexion, il pouvait très bien être une heure de l'après midi. Cela faisait bien longtemps que D’Jay-Al avait perdu toutes idées du moment de la journée qu'il vivait.
C’est un cavalier qui fut la cause de ce réveil musclé. Encapuchonné de noir, capé de noir, sur un cheval noir qui semblait avoir couru des kilomètres vu son état. Curieusement il produisait un nuage de vapeur comme ci la température avait été hivernale, mais il faisait bon, c'était une belle nuit d'été. L’état de cette monture provoquait un certain malaise.
Le cavalier approcha sans descendre de cheval et fixa D’Jay-Al. C’était un gobelin, il ne put le voir qu'au dernier instant tant le sombre était présent sous la capuche. C’était aussi un psioniste puisqu'il entra instantanément et avec une facilité déconcertante dans l'esprit de D’Jay-Al. Il ne sondait pas ses souvenirs, ni même ses pensées. Il cherchait quelque chose de précis. Par soucis de rapidité, il occultait toutes autres informations.
D’Jay-Al ne résista pas pour ne pas être découvert en temps que psioniste lui même et se laissa même faire. Cela jouait en sa faveur il le savait. L’autre ne se doutant de rien ouvrait lui même son esprit et D’Jay-Al s'y glissa. Il ne fit que l'effleurer, le gobelin à la capuche noire paraissait puissant et il ne fallait pas qu'il ressente l'intromission.
Quoiqu’il en soit ce fut un déluge d'image. Des images de mobilisation générale de la nation goblinoïde, de déluge de feu, de massacre de treize fillettes en robe blanche, de rites ou célébrations invocatrices, d'une ville arène où devant des milliers de spectateurs deux combattants s'affrontaient a main nues ou encore l'alignement de six ombres autour d'un autel de cristal... Il ressortit très vite de cet esprit, par crainte de perdre une partie de sa propre raison.
Le gobelin a la monture démoniaque ne trouva rien dans l'esprit de D’Jay-Al et il s'en retourna.
Le lendemain, comme prévu le psioniste fut mis dans une carriole et un simple et unique gobelin le menait a sa nouvelle vie : mineur.
D’Jay-Al mit un moment mais il parvint a influer sur les directions que prenait le conducteur a chaque croisements, doucement il l'emmenait vers la sortie des montagnes de la malédiction contre son libre arbitre. Parfois le cochet se demandait comment et pourquoi il était là et faisait tout simplement demi tour. Tout le travail était à refaire.
Finalement ils arrivèrent aux contreforts des monts et le psioniste se dit qu'il était temps de filer à l'elfe. Il dut se battre a nouveau avec les cordes qui liaient ses mains mais a force de suggestions mentales celles ci se desserrent très lentement. Il lui fallut bien une demi-heure pour se libérer. La suite fut assez simple finalement, la corde s'enroula autour du cou du gobelin et quelques heures après il était hors des frontières des monts de la malédictions, où il réfléchirait avant d'y pénétrer a nouveau.
Les jours suivants furent faits de rappels constants des images vues dans l'esprit du cavalier noir qui il fallait bien l'admettre le hantaient. Ce qu'il avait vu c'était la fin des royaumes d'Ishel, la fin du monde libre donc de sa liberté d'aller et venir. Le gobelin qui l'avait sondé faisait partie de l'organisation de cet... événement, il ne pouvait même pas le nommer.
Il décida de chercher des informations sur ce qu'il avait vu lors de cette vision et la seule chose qu'il put obtenir d'un vieux forgeron nain dans un village pourri a l'Ouest de Morn que D’Jay-Al tentait de rallier. C’est qu'une ville en forme d'arène ou il y avait des combats il en connaissait une lui. Fann, la ville des jeux.
Le psioniste changea le cap et fonça plein Ouest pour découvrir cette ville et vérifier si c'était bien la même que dans l'esprit du gobelin.
Et il y était enfin. C’était bien la cité arène qu’il avait vu dans cet esprit malveillant. La corne sonna une dernière fois, le champion en titre apparut. Les nains le huèrent plus que de raison. De l’autre coté de l’arène, un skaven lui fit face et a sa suite le gobelin de cette fameuse nuit où tout bascula.
Le cavalier noir faisait faire les cents pas à son cheval sans raisons apparentes. Les cérémonies protocolaires se déroulaient mais le psioniste n'y fit qu'a peine attention, focalisé sur sa vieille connaissance. Sa présence ici était lourde de signification... si cette vision était vraie les autres aussi certainement.
D’Jay-Al se mit en planque et surveilla l'arène. Le cavalier se posta a l'entrée de la grotte du challenger et n'en bougea plus.
Durant la soirée, un groupe hétéroclite rendit visite au champion, se même groupe qui avait produit le spectacle avant la présentation. Lorsqu’ils ressortirent quelques heures plus tard, le psioniste les suivit des yeux et alors qu'ils passaient près de lui, il entendit qu'il parlait du fameux cavalier noir et leurs craintes étaient grandes a son sujet... ils savaient donc quelque chose a son sujet.
C’est ce groupe qu'il suivit donc le plus discrètement possible. Ils logeaient chez un nain. D’Jay-Al pris position dans une taverne non loin de là. Et se mis a penser en attendant… il ne savait quoi encore…
« Je commence à comprendre que les gloires passés de l'arène de Fann n'était certainement pas leur seul centre d'intérêt. Je dois bien avouer qu'ils savent s'y prendre les bougres ! Tout en finesse, flattant les nains dans ce qu'ils ont de plus précieux... Je comprends qu'ils jouent la carte artistique, car assurément des artistes ils le sont... Mais les propos que j'ai entendu jusqu'ici me font penser qu'ils ne sont pas que des vulgaires pilleurs de trésors. Que pouvait être ce groupe en réalité ? »
Le lendemain, dans la matinée deux très vieux nains pénétrèrent à leur tour dans cette grotte. Le psioniste voulait en savoir plus il se rapprocha le plus près possible d'une fenêtre qui était ouverte et fit semblant d'attendre quelqu'un ou quelque chose. Il fit le vide dans son esprit et se concentra sur ce qui provenait de cette fenêtre hormis l'odeur de cuisine forte alléchante.
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Chnock avait les yeux collés
- Bonjour dame Mayté, vous ravissez nos nez dés le matin ?
- Et bien merci petite créature... Assoyez-vous tous et prenez ce qui vous fait envie
Difficile de résister a l'appel du ventre tous obtempérèrent
- Messires Nains, je vos salue...AAARRFFF
Chnock bailla à s'en décoller la mâchoire. Il s'avança vers l'ex champion.
- Alors vous avez été champion de Fann ?
- Assurément, je l'ai été...
- Y'a combien de temps ?
- Plus de 400 années maintenant, j'étais jeune et fort
- Mais pas beau...
- Comment ça pas beau, j'avais toutes les naines de Fann a mes pieds.
Luiggi rigola en coin et fit un clin d’œil à l'assistance
- Vous avez perdu contre qui ?
- Je n'ai pas perdu jeune homme j'ai déclaré forfait et c'est un humain qui a pris la place cette fois ci
- Tu devrais préciser pourquoi... Je vais le dire a ta place : une chiasse d'enfer ce jour là, hein...?
- Ne me rappelle pas ça Luiggi, c'est trop douloureux, tout ça pour une maudite chiasse, je ne pouvais décemment pas aller au combat, vous comprenez bien...
- Qui a été votre adversaire le plus prestigieux ?
- Oh il y en eut plus d'un qui pensait battre le vieux Riko, mais finalement c'est peut être ce combat qui avait duré près de 6 heures. Les paris n'ont jamais été si incertains depuis, je ne me souvient plus de son nom, tiens...
- Vous êtes resté champion combien de temps ?
- Près de trois mois un record a l'époque. Il y avait des combats tous les trois jours.
- Dame Mayté, vous n'avez pas de marmelade de courgette ?
- Ah non... je n’avais jamais pensé à ça, de la marmelade de courgette... declara Mayté
- A votre époque, les combats se faisaient à mains nues aussi ?
- Ca c'est toujours fait comme ça, la tradition veut que ce ne soit pas des combats a mort, a la base ces combats ont étés créé pour divertir les retraités nains de la grande vallée vous savez. Cela reste un jeu
Il n’attendit pas que le nain réponde et il s'empiffrait de ce gargantuesque petit déjeuner. C’est l'autre gnome qui reprit le flambeau des questions
- Vous ne trouvez pas bizarre ce nouveau challenger skaven ?
- Va pas faire un pli, le boucher va le détruire comme les autres...
- Et l'homme en noir qui l'accompagne ?
- Je le sens pas celui là, avec son drôle de cheval... On dirait qu'il sort directement des plans infernaux les plus bas... La dernière fois que j'en ai vu de pareil c'était...
Il resta le regard dans le vague
- J’n’aime mieux même pas en parler tiens...
Et il cracha par terre à nouveau
- Et s'ils osaient user de magie pour gagner, ce serait un vrai sacrilège, non ?
- Non c'est permis sauf que le temps d'incanter les mages sont très vulnérables, d'habitude ça dure pas très longtemps, le dernier qui a voulu se battre contre Syem a l'aide de la magie, il a eut quelques problèmes, dix secondes après le début du combat il avait déjà les deux bras cassés... difficile de tenir un grimoire ou d'effectuer des passes sans bras... il a duré 30 secondes tout au plus... et puis il est repartit tout cassé comme les autres.
- Marmelade de courgette ? Drôle d'idée... Crème de marrons, ça oui !!
- De la crème de marron... Jamais essayé de faire ça non plus...
- Y avait-il un ancien champion qui était renommé pour posséder ou garder une arme magique ou particulière ?
- Oh bein le plus célèbre, celui qui a fait les plus beau combat. Tout le monde se demandait s'il n'était pas aidé par les dieux en personne. Il a battu je ne sais pas combien d'adversaire avant de laisser sa place volontairement. Personne n'a jamais compris pourquoi d'ailleurs, lui non plus je ne me souviens plus de son nom...ça doit faire près de 200 ans voir plus...
- Belharut Daphraël
- C'est ça !!! C’était bien lui, celui là avait de drôle de manière et puis toujours mystérieux, d'ailleurs son départ en reste un encore maintenant. Mais une arme particulière non... enfin pour un nain si bien sur... il portait une épée, on l'avait pris pour un fou d'ailleurs, pensez donc un nain avec une épée... ça peut pas aller.
- Et ce... Belharut, il vivait dans la grotte des champions comme tous les champions ?
- Et pourquoi pas, il était champion...
- Qu'est devenue son épée ?
- Dans la grotte, dans une salle que l'on app... mais vous y êtes allé hier soir, vous savez ça...
- On peut encore la voir de nos jours ?
- Assurément elle y est, rien n'est jamais sortit de là... enfin si une fois mais c'était un incident...
- Il a laissé sa place à qui juste après ?
- ... Bonne question je ne me souviens plus du tout, il faudrait aller voir sur les boucliers, seuls les écrits restent, la preuve en est...
- Un humain je crois...Archibald... quelque chose...
- Il a jamais dit pourquoi il était parti ?
- Il n’a même jamais dit qu'il partait. Un jour il n'était plus là et personne ne l'a jamais revu
- Quelqu'un le connaissait bien qui puisse encore nous parler de lui à Fann ?
- Alors là mon p'tit gars... aucune idée.
- Sa boniche sûrement...
- Vraiment bien, je veux dire...?
- Bein sa boniche !
Mayté resta sur sa position
- Qui d'autre...?
Falco ne put s'empêcher de gémir :
- Peuh ! Les pauvres fous qui se prétendent mages mais qui persistent à combattre avec leurs vulgaires livres de sorts encore a la main ne sont même pas dignes de monter... ni même de descendre... dans... une arène ! Surtout pour un combat... parce que bon à la limite ça serait pour une représentation, un show, quoi, une démonstration publique de leurs talents je comprendrais...
D'ailleurs. Si nous avions un peu plus de temps devant nous, j aurais certainement pris quelques minutes pour vous montrer par moi-même ce dont un véritable mage peut s’avérer capable d’accomplir comme prodiges... vous auriez applaudi c’est certain... Bon de toute façon je dois vous laisser. J’aurais bien volontiers discuté un peu plus longtemps avec vous, l'ami héros de l'arène, mais. Mais... le je ne peux pas... j'ai... j'ai mes lacets qui sont défaits... erm...
Falco mit brutalement fin à la conversation qu’il avait lui-même coupé, et s'éclipsa à l'écart du groupe sans manquer de se retourner a plusieurs reprises, inquiet et nerveux.
Rohagus ignora Falco et revint aux affaires
- Sa bonniche, c'était Lulu ?... Je veux dire, la même que maintenant encore avec le champion actuel ?!
- Pas elle non... mais sa mère ou sa grand-mère... elles ont jamais su faire autre chose dans cette famille...
- Oh, vous êtes dur avec la pauvre Lulu. Elle a toutes les qualités d'une future tenancière vous savez, sa petite réception chez le champion était très réussie, et elle sait se faire respecter des thurses... ceci dit je ne connais rien de ses antécédents familiaux.
Le prêtre enchaîna
- Hum, intéressant cette histoire de champion mystérieusement disparu. Et au sujet des trésors de la grotte, vous parliez d'un incident ? Un incendie peut-être ? Notez messieurs, notez, je sens que notre prochain spectacle va être grandiose !
- Mais non, je vous ai déjà parlé de cette histoire un champion qui avait voulu faire de la place a tout sortit en une nuit, il a été banni puis lapidé...
- Un spectacle... Quel sera t'il cette fois ci...? Ce n’est pas conventionnel mais ça change...j'ai faillit en avaler ma pipe au moment du dragon... Bizarre d'ailleurs cette race, jamais vu encore, c'est qu'elle variété...?
- Tarrrrabas, il me semble qu'une discussion plus poussée avec Lulu s'impose ! Cette demoiselle nous cache des choses. Elle en sait cerrrtainement beaucoup qu'elle ne veut le dirrre.
Grimvald qui avait fini son petit déjeuner, sortit sa pipe, la bourra et fuma, affalé sur sa chaise, une main sur le ventre et un air satisfait sur le visage.
- Hmmmm ! Maïté vous êtes une cuisinièrrre de grrrand talent !
- Oui, avec Lulu. Ajouta Rohagus. Ou aussi avec sa famille si elle-même ne sait pas où est cette épée...
- Oui... une nouvelle priorité. Nous irons lui rendre visite dans la matinée, mais inutile de mettre toute notre petite troupe en mouvement, nous avons des numéros à répéter. Je ferai un saut à la grotte accompagné de Grimvald si personne n'y voit d'inconvénient, autant la mettre en confiance.
- Certains d'entre nous peuvent aussi essayé de s'introduire dans les appartements du skaven à la faveur de la nuit pour voir ce qu'ils fomentent...
Ceci étant dit, Rohagus pour sa part avait bien l'intention d'aller voir Lulu dès maintenant, sans attendre.
- Tarabas, tu disais que tu voulais n'y aller qu'avec Grimvald, non ? Pourquoi à deux seulement ?
- Et pourquoi pas trois ?
Chnock avait sauté de sa chaise et s'était mis près de son compatriote, les mains sur les hanches.
- Hein... hein...?
Il regardait Tarabas avec son air sûr de lui.
- Oh deux, trois, peu importe, je veux juste éviter la procession... et vu que la connais déjà, que Grimvald tenait encore une auberge il y a peu et que c'est justement le rêve de la miss nous devrions pouvoir nous...
Le prêtre hésita une fraction de seconde
- Nous documenter sans trop de soucis.
- Vous auriez peut être de la place pour moi ? Je suis curieux et ai bien envie de voir à quoi peut ressembler la grotte du champion ! Si vous craignez d'attirer l'attention avec un lutin en pleine ville, si loin de chez lui, vous pouvez toujours me faire une place dans l'une vos besaces ! Je saurais me faire discret ne craignez rien !
- Euh, oui, pourquoi pas, si vous n'avez pas peur de vous faire croquer par les concubines de Syem... Au fait, que devient notre brave aurumvorax ?? Felindraaaa...?
Le fauve sortit d'une pièce voisine de manière nonchalante. Il se dirigea vers le prêtre et lui adressa un regard l'air de dire "mais qu'est ce qu'il me veut celui la ?" Puis elle se mit à renifler autour d'elle en s'approchant de plus en plus du gobelin... Son museau n'était maintenant plus qu'à quelque centimètre de Tchak-Tchuk.
- Lulu désirrre tenirrr une auberrrge ? Ceci est forrrt intérrressant, nous pouvons peut êtrrre passer un marrrché, j'ai ma petite idée.
Grimvald arborait un sourire malicieux.
- Je vous suis Tarrrabas.
Aldebaran était encore sous le choc « Belharut était un gardien... c'était la meilleure ça! ». Il répondit, tardivement, à la question des "experts"
- hum, et bien comme espèce de dragon, c'est...et bien...un spécial, c'est un dragon-les-minettes pour ainsi dire. On n'en rencontre très peu sur Ishel, là vient toute la difficulté du tour d'ailleurs : arriver à reproduire à l'identique une espèce aussi rare! Enfin, hum...
Se tournant vers le groupe partant
- Je ne pense pas que ma présence sera la bienvenue dans la grotte, je vais donc rester ici... Peut-être nos deux experts pourront m'en apprendre plus.
Le mage revenait vers le groupe après s être éloignés quelques instant plus tot... Falco avait les yeux brillants... les yeux fous... Ses mains étaient par moments agitées de tremblements de plus en plus difficiles a cacher, mais c'est principalement la cadence de son élocution et l'étrange tonalité de sa voix qui trahissaient le plus ses… problèmes...
- ÇA NE VA PAS ! ÇA NE VA PAS DU TOUT !
Falco était furieux... et d’un énième revers de la main il rejetait en arrière ses longues mèches d'habitude impeccables, mais aujourd’hui ternes et sales, complètement ébouriffées...
- ET NON NON NON ! JE NE VIENDRAIS PAS AVEC VOUS DANS CETTE GROTTE !
Le ton de sa voix baissa...
- J'ai des choses bien plus urgentes a mener... regardez… non mais regardez moi ça... ! Mes cheveux dépérissent !
Les yeux du mage s'embuèrent brusquement, pour rougir dans l'instant...
- Par poignées ! Ce matin c'était par poignées qu’ils tombaient ! Regardez ! Des que je tire dessus il en vient des kilomètres !
Falco se ressaisissait plus ou moins, il se retourna pour ne pas que les autres voient ses yeux laisser échapper quelques larmes mais tout le monde entendait les reniflements du mage, Il continua néanmoins, toujours retourné.
- Ça fait déjà deux jours. C’est la malédiction qui pèse sur notre famille... maman me l'avait dit... je vais finir... finir CHAUVE !
Rohagus regarda le mage Falco avec des yeux perplexes... puis il chuchota à l'oreille de Tarabas
- Heuuuuu... On y va ? Tout de suite, hein !
- Je... je pense oui…
Tarabas esquissa quelques pas en arrière, le sourcil arqué.
- Combien sommes-nous finalement, cinq, c'est bien ça ?
Grimvald ouvrit sa besace.
- Aller monte petit Lutin. Et allons-y !
- Bon, Feanor étant avec nous, je ne vois pas à qui confier Leuciel. Y'a un client sympathique, pas dégoutter de l'affection parfois baveuse de mon gros ami ? Surtout que là, il n'a plus cette saloperie qui le faisait péter tout le temps, c'était une vraie infection. Mais bon, là c'est fini. Hein Leuciel ?
Chnock se tourna vers le blaireau.
- ARG CRO FRA CFRE BRRR
Leuciel répondit en mettant sa tête entre les pattes avant, l'air pas bien fier.
- Alors qui veut bien me l'garder ? En plus il a mangé alors...
- Hors de question que je joue les dompteurs avec ton blaireau géant... trouve un autre pigeon...
- erm… si vous êtes d accord l'ami gnome... j’aimerais… comment dire... erm… "garder"... votre ragon… erm… ce... enfin ce... blaireau... avec moi... pendant que vous partez explorer... le… enfin les environs... Mais dites-moi... Il a un très beau poil à ce que je vois là... c’est brillant, soyeux... presque satiné... il doit avoir une sorte de graisse... ou je ne sais quel musc magique pour garder en toute occasion un si beau pelage... non ? Vous ne savez pas ? Oui… enfin si vous le voulez bien je serais vraiment très heureux… oh oui vraiment très heureux de le garder... ce charmant petit... petit... chouboudou... là… hein... ma p’tite bébête...
Falco avait tendu la main en direction du museau humide de Leuciel... qu’il avait aussitôt retiré devant les crocs menaçants de la bestiole qui grognait déjà.
- Héhé… la petite saloperie... va, elle ne va quand même pas me mordre, hein... ? Hein? Qu’on on va être un gentil blaireau avec tonton Falco... hein ? Regardez, il pourrait rester là… avec Felindra... je suis sur kil s amuseront beaucoup ces deux la...
- LEUCIEL !!! C'EST COMME ÇA QUE TU RÉPONDS A UN AMI !!! Ça ne va pas non... Bon... Bein Falco... t'es sûr de toi... tu ne va pas me péter les plombs dessus ?... tu vas comment en se moment ? Ta maladie, c'est fini, hein ? Tu sais Leuciel est mon ami et j'y tiens presque autant qu'il tient à moi, tu sais ? Je l'ai depuis qu'il est tout petit, je l'ai trouvé dans des sables mouvants. Sa mère avait été poursuivit par un couple de rinogondin des prés vert, les pires, si tu veux c'est comme une sorte de gros ragondin avec une énorme corne comme... comment faire une comparaison... comme une licorne, mais en plus gros. Donc, poursuivit par ces rinogondin, elle atterri dans des sables mouvants...elle avait le petit Leuciel dans la gueule... Je suis arrivé à temps pour faire fuir les rinogondin, mais sa mère, avait tenu Leuciel très haut, se sacrifiant pour lui...
Chnock avait une larme à l’œil.
- Sniff... alors tu vois...
Leuciel vint vers Chnock et se coucha à ses pieds.
- Allez va mon ami et soit sage. Hé, attendez moi j’arrive.
Il se précipita vers ceux qui allaient chez Lulu.
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« Apparemment, ils cherchent plus qu'un trésor... Je ne sais pas ce que cette épée a de spécial, mais il est clair qu'ils tiennent à mettre la main dessus. Je ne sais pas quoi faire... vais-je suivre le groupe qui part pour la grotte ou j'ai aperçu le gobelin, ou bien vais-je rester sur place afin de voir si les nains ne vont pas dire d'autres choses de plus intéressant..? »
Il fallait décider assez vite, finalement ma décision fut prise. En allant à la grotte, je risquait de me faire repérer par le psioniste Gobelin et peut-être que cette fois-ci je ne m'en sortirai pas aussi bien que lors de notre première rencontre. Il était fort, bien plus fort que moi... Non, le mieux était de rester encore sur place et de continuer à écouter ce qui se disait dans cette cuisine. De toute façon le groupe parti chercher l'épée reviendrait bien. Me faisant le plus discret possible, je regardai le groupe sortir de la demeure naine, et le suivi des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse au coin de la rue. Puis, je repris l'écoute de la conversation intérieure...
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C’est donc une drôle d'escouade qui sortit de la grotte de Mathurin, on aurait pu croire à un prêtre et ses enfants de chœur si on en jugeait que par les tailles. Ils prirent donc la seule et unique route de Fann pour aller une nouvelle fois sur l'arène. Il leur fallut un bon moment pour enfin se retrouver devant les boucliers qui ornaient l'entrée de la grotte du champion. D’autant plus que le cavalier noir était toujours en place, il n'avait pas bougé d'un pouce et ils avaient mit du temps avant de se décider a pénétrer sur l'arène.
Bizarrement aujourd'hui personne ne pensa à organiser de diversion... mais il y en avait il besoin, peut être qui sait...
Quoiqu’il en soit, ils entrèrent chez Syem. Arrivés dans le vestibule, ils tendirent l'oreille et entendirent la naine qui chantait. Aux bruits qui accompagnait la chanson elle lessivait ou récurait quelque chose...
Tarabas jeta un ultime coup d’œil au Cavalier avant de pénétrer dans la grotte, et ne put réprimer un sourire à l'idée de le découvrir empaillé ou bombardé d'immondices par les garnements de Fann à leur sortie. Il passa précautionneusement la tête derrière la tenture, prêt à un petit signe de main.
- Bonjouuur... Je passais à l'improviste avec quelques amis et... nous dérangeons peut-être, c'est la grande lessive ? Syem est réveillé ?
Grimvald dépassa Tarabas, ouvrit la tenture et se dirigea vers la naine.
- Bonjourrr à tous, Lulu nous avons à vous parrrler ! Pouvez vous nous accorrrder quelques minutes ?
Rohagus n'allait pas ajouter lui aussi qu'il voulait parler à Lulu... Alors, il attendit que Lulu soit disponible pour lui balancer ses questions à répétitions.
- Tiens revoilà les amis... comment allez vous...?
Et ils allèrent plus ou moins bien en découvrant le spectacle dans la pièce commune. Devant leurs yeux tout le contenu de la pièce aux vieilleries était sur le sol, classé par genre il y avait des piles de boucliers, des tas d'armes et tout un tas d'autres articles.
- Vous m'avez mis la puce à l'oreille hier. C’est dégouttant la dedans, alors je vais remettre un peu d'ordre...
Elle délaissa la hache qu'elle était en train de ramener a la vie, s'essuya les mains et approcha
- Un café, un thé, une bière...?
L’attention des chasseurs de temps fut alors attiré par des bruits venant de la chambre des thurses, Lulu coupa court a leur interrogation visible sur leur visage
- Ils forniquent... C’est des bêtes que voulez vous...
Le prêtre regarda Grimvald foncer bille en tête l'air amusé.
-Hé, doucement l'ami, qu'auriez-vous fait si Syem s'était attablé là de méchante humeur ? Nous ne sommes pas en territoire conquis... Un petit café Lulu, merci.
Il écouta un instant les grognements en provenance de la chambre.
- Et bien... quelle santé.
- Ce que j'aurrrais fait ? Je l'aurrrais salué parrrdis ! Je ne vois pas où est le prrroblème, notrrre cause est juste !
Le nain se retourna vers Lulu.
- Ma petite, il faut que nous parrrlions un peu de vous, de votrrre passé et surrrtout de votrrre avenirrr ! Pourrr le passé, je ne pourrrrrais rrrien changer mais pourrr l'avenirrr je peux vous le rrrendrrre plus prrrometteurrr !
- En bref, renchérit Rohagus, nous aimerions savoir si vous vous rappelez de cet ancien champion nain appelé Belharut Daphraël. Parmi les épées que vous classez là se trouve sans aucun doute la sienne, si je ne me trompe. Vous sauriez nous la montrer ? Non pas que nous souhaitions la sortir d'ici, bien sûr, mais uniquement la voir et peut-être en faire un croquis...
Le gnome jeta un œil vers Chnock qui aurait sûrement dans ses nombreuses poches de quoi donner le change à Lulu pour lui faire croire qu'il voulait croquer l'épée et non pas la voler.
Feanor sortit timidement sa tête de la besace du nain, scruta alentours puis se hissa vers l'oreille du nain et lui demanda si il pouvait sortir sans risque d'après lui...
Chnock regarda Rohagus d'un regard interrogateur. Puis regarda Lulu.
- Heu... Oui oui, d'ailleurs j'ai avec moi tout se qu'il faut pour faire l'affaire.
Chnock ouvrit une de ses poches et en sortit un rouleau de papiers. Il en ouvrit une autre et en sortit une boite en bois donc on n’imaginait pas la présence dans cette poche vu la taille de la boîte. Il l'ouvrit et en sortit un gros cylindre de bois d'une vingtaine de centimètres. Il teint les deux extrémités et les sépara. Au bout d'un des morceaux, on pouvait distinguer une pointe métallique. Un liquide noir gouttait de la pointe sur la terre de la grotte.
- Voici ma presque dernière invention, parce qu’on ne peut pas dire que j'ai eus le temps d'en faire d'autre ces derniers temps. Le stylobicochnock, c'est une sorte de... comment dire… de plume, mais celle ci à un réservoir astucieux permettant d'écrire sans s'arrêter pendant de long moment.
Les feuilles dans une main et le stylobicochnock dans l'autre il se tourna vers Rohagus.
- Quand tu veux !
- Beeeen... Quand Lulu voudra alors...
La naine semblait réfléchir, le regard au sol, se triturant le doux duvet qu'elle avait au menton, puis elle déclara...
- Attendez-moi une seconde...
Et elle sortit dans l'arène, pour apparaître de nouveau se frappant l'index sur la tempe
- Non mais vous n’êtes pas bien vous hein, sur les boucliers il est écrit que ça fait 237 ans votre type a été Champion, je n’étais pas née... ou presque... désolé mais là, j'ne comprend pas bien...
Un beuglement leur arriva de la chambre à coucher des thurses. Lulu eut un regard entendu à leur égard
- Et je dois supporter ça tous les jours...
- 237 ans...? Oui... en fait nous nous doutions que ce n'était pas récent. Dites-voir, ça vous ennuierait si nous en touchions un mot à votre aïeule... ou éventuellement à votre mère ? Elles étaient bien intendantes de champion elles aussi non ? Nous ne les importunerons que quelques minutes, je vous le promets.
- Ma mère ou ma grand-mère... vous vous êtes donc renseignés sur moi ...? Eh bein oui je fais partit d'une famille de boniches et alors...? Mais moi je vous l'ai dit je n'ai plus que deux mois à faire et peut être moins si Syem est battu par ce rat. Ce n’est pas ce que je veux faire dans la vie... boniche !! J’ai d'autres ambitions moi...
Elle semblait froissée, elle reprit le travail
- Au moins on ne pourra pas dire que j'ai rein fait... Oui ! J’ai remplacé ma mère, la pauvre, elle était fatiguée et oui j’attends que ma cousine soit en âge de prendre la mienne... mais au jour de ses 200 ans, elle prend ma place et moi je m'en vais... il faudrait quand même que Syem reste jusque là ou je serais dans l'embarra.
Elle eut un petit sourire
- Ecoutez, si Syem gagne le combat, je vous présente ma mère... a vous de faire ce qu'il faut prêtre... vous qui semblez croire que Syem sera défait. Rendez-moi ce service... et ce sera à mon tour de vous en rendre un. Si les joueurs de Fann m'entendaient, ils me lapideraient sur place... mais bons chacun ses intérêts... alors qu'est ce z'en dites...
- Que je...
Tarabas ouvrit des yeux ronds
- ... Oui, bon, d'accord, je vois... nous allons négocier, et cartes sur table. Vous n'êtes plus sans savoir que nous sommes à la recherche d'une épée précise, et qu'elle est à coup sûr sous nos yeux au moment où je vous parle. Si votre mère nous aide à l'identifier, vous vous doutez que nous ne nous contenterons pas de la croquer... Grimvald ici présent à une proposition très intéressante à vous faire, une proposition qui nous rendrait tous indifférents au sort du prochain match. Écoutez-la, et n'ayez pas trop de scrupules dans l'histoire... nous ne sommes pas ici par simple convoitise.
Chnock rangea ses ustensiles et se dirigea vers le tas d'épée qu'avait si proprement constitué Lulu.
Il sortit l'épée du temps change-forme qu'il avait transformé en dague, mis son Chnockoptik et l'inspecta sous toute les coutures, cherchant un détail.
- Tarabas, tu peux venir avec ton épée s'il te plait ?
- Nous avons déjà essayé de toutes les mettre en contact sans résultant probant et... qu'est-ce donc ce dispositif...? Une simple loupe ?
- UNE SIMPLE LOUPE !!! Savez-vous combien de temps j'ai mis à créer cette merveille de technologie ? Mon Chnockoptik permet de voir bien et partout.
Il le retira de sa tête et commença à le manipuler.
- Dans cette position je peux voir les choses les plus petites avec une précision étonnante… dans cette position là je peux voir les choses étant à une distance de plus 500 mètres comme si elles étaient à 10 mètres... dans cette position elle me permet de voir ce qu'il se passe derrière moi sans tourner la tête... et cette position, coupler à ma lanterne de tête projette un faisceau de lumière à plus 30 mètres. Alors... une simple loupe ?
- Très ingénieux, vous pourriez faire fortune s'il n'était pas aussi inélégant.
Le prêtre cligna de l’œil avant de dégainer lentement la Lame du Renouveau
- Tenez, et ne vous fiez pas au matériau, je vous déconseille d'en saisir le tranchant. C'est une épure absolue, m'étonnerait que vous trouviez quelque chose mais on ne sait jamais.
- Ecoutez-moi bien Lulu. Je suis le prrroprrriétairrre d'une auberrrge ici même à Fann. Je vais accompagner ces perrrsonnes dans leurrr quête. Ma nièce, qui m'aide actuellement, n'est pas, je ne suis pas dupe, intérrressée parrr le métier d'auberrrgiste. Aussi, ne voulant pas vendrrre ce que j'ai mis plusieurrrs années à obtenirrr, je vous prrropose ceci : vous nous aidez à rrretrrrouver cette épée et je vous nomme gérrrante de mon établissement. Cette prrroposition vous intérrresse t elle ?
- Est-ce si compliqué de nous permettre de parler à votre mère, mademoiselle Lulu ? Comme Grimvald vous l'a dit, nous sommes extrêmement pressés et s'il vous remet la gérance de son auberge, ce sera avant le combat de Syem : s'il perd, si jamais il perd, le nouveau champion ne nous permettra jamais de rentrer ici à nouveau !
Le gnome examina donc les deux lames l'une après l'autre avec son appareil d'amélioration de vision monoculaire réversible, d'abord longuement chacune puis le mouvement d'alternance entre les deux s'accéléra pour devenir presque frénétique... il s'arrêta presque essoufflé pour secouer la tête de dépit...
Il rendit l'épée du renouveau à Tarabas
- Rien ne les unies, elles sont d'essences différentes et vrai dire tout les oppose...
Pendant ce temps Lulu faisait les cents pas... les mains derrière le dos, le regard fixé au sol. On devinait une intense activité de réflexion. Elle avait compris l'urgence de la situation. Finalement elle demanda...
- Et si Syem gagne...? Et que je fini mon temps ici... est ce que le marché tient toujours pour dans deux mois... et a votre mort qu'arrivera t il, enfin si nous en sommes informés un jour... votre nièce pourrait vendre et me chasser...?
Sans attendre les réponses à ses multiples questions elle continua
- Mais j'ai bien compris que demain il sera peut être trop tard... et il ne faut pas que je laisse passer cette chance. Alors je vais moi-même aller voir ma mère et lui demander si elle se rappelle de ce type... si oui, mais cela m'étonnerai, pourquoi celui là plus qu'un autre... je vous le ferais savoir... le combat n'est que demain soir, ce n'est pas si pressé que ça...
Et fila vers ses fourneaux ou une bouilloire se manifestait par un sifflement...
- heuuu... et donc, quand aurons-nous la réponse ?
- Grimvald, il faudrait peut-être lui rédiger un document pour la tranquilliser, une sorte de contrat... et à en parler à votre famille.
- Vous avez rrraison Tarrrabas, je m'entrrretiendrrrais avec ma nièce ce midi et je rrrédigerrrais un contrrrat avec Lulu. Tout ceci à besoin d'êtrrre couché parrr écrrrit afin de rrrassurrrer la petiote.
- RRHHAAAA !!! Sacré nom d'une pipe, on n'aura donc aucun indice ! J'sais vraiment plus quoi faire ou quoi réfléchir
Se tournant vers Rohagus.
- Connais-tu le pouvoir de l'épée que nous cherchons ?
- Non : les épées sont toutes radicalement différentes. Elles ont des pouvoirs minimes, comme être enflammées, changer de forme ou savoir guérir, mais... ce n'est jamais le même. Et ce n'est pas ce pouvoir là que nous recherchons : c'est le pouvoir de toutes réunies, le pouvoir des 6, qui permettra de contrer le sortilège qui stoppe la rotation d'Ishel.
- Mais on n’a pas idée du pouvoir de celle que nous cherchons ici ?
- Si... elle a le pouvoir de se cacher parfaitement au milieu de milliers d'autres épées... à part ça...
Rohagus fit une moue déconfite.
- Bein si c'est ça son pouvoir, y marche du tonnerre, hé hé hé...
Chnock fit ne moue déconfite. Ça doit être un truc de gnome...la moue déconfite.
- La rotation d'Ishel...? Les six épées...? Des pouvoirs...? Dites moi vous n'êtes ceux que vous voulez laisser paraître, non...? Des saltimbanques des clous !!
Mais cela ne fit que lui traverser la tête.
- Bien alors, je vais voir ma mère et on se retrouve après. Et si j'ai l'information bein on conclut le marché...? D’accord...? Avec un papier, avec des signatures des sceaux et tout le tintouin...
Le druide sortit timidement de derrière la tenture et dit tout haut:
- D'accord madame ! Nous ferons comme à votre convenance...
Puis se tourna vers les autre et leur demanda un ton plus bas:
- Dites-moi ! Belharut était bien un paladin de Kaleus, non ?? Si ça se trouve son épée avait un rapport avec son dieu...
- Hé ce n'est pas une mauvaise idée mon petit Feanor, nous pourrions aller visiter le temple de Kaleus local en attendant le retour de Lulu... s'il en existe un.
- Pas de temple a Fann !! La religion n'a pas crut bon venir jusqu'ici... et ce n’est pas plus mal... prêtre…
- Une épée qu'on reconnaîtrait parce qu'elle a un rapport avec Kaleus, dieu des forgerons, aurait la particularité d'être... une arme forgée dans du métal... Ça va être facile de la trouver comme ça...
Entre Chnock et Rohagus, on avait du mal à reconnaître les deux frères de races dont la mine déconfite était déconfite parfaitement de la même manière.
- Vous reviendrez quand, mademoiselle Lulu, qu'on sache exactement ?
- J'irai dans l'après midi, disons en début de soirée avant le repas de soir, quand je vais la voir elle me tient des heures... tiens d'ailleurs, vendrez vous comme l'a demandé le champion ce soir...?
- Bein oui bien sûr, nous viendrons : comme ça, vous nous montrerez l'épée en question à ce moment là !
Le gnome se tartina ainsi de la confiture sur le visage afin de ne plus être déconfit !
Chnock pensait : « de la confiture, tiens donc comme c'est étrange... mais quel parfum de confiture met il pour avoir une mine aussi déconfite ? Parce qu'alors là mes aïeux, pour de la déconfiture à base de confiture, c'est tout un monde qui s'écroule... bon, revenons à nos moutons... je verrais... plus tard... mais quel parfum de... »
- Et si l'épée était seulement sa hache, je crois qu'elle me semblait être de très bonne facture, non ?
- Sa hache ? Non, les prophètes noirs ont bien spécifié que c'était Syem le gardien, et le vieux a insisté sur la surprise des nains à l'époque de voir l'un des leurs utiliser une épée. Et cette dernière n'est probablement pas protéiforme comme celle de Morach, que vous gardez actuellement...
- Et mer... heu... ça se défend.
- Bon bein j'ai un millier de choses à faire du coup... alors je vous chasse pas, mais presque.
Elle prenait déjà son panier et se dirigeait vers la sortie.
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- Une p'tite gnole...? J’en ai une vous m'en direz des nouvelles
Sans attendre les réponses elle plongea dans un placard
Leuciel quand a lui se trouva une place non loin de Mayté. Il n'avait besoin de personne pour voir qui était le plus apte à s'occuper de lui.
- Ca nous aidera à digérer remarque allez pourquoi pas...
Alors que tous sirotaient un alcool digestif ou fumaient des pipes depuis déjà un bon moment et contre toute attente il fallait bien en convenir, le paladin resté alité les appela. Ils se précipitèrent donc à son chevet.
- je ne sens plus ma jambe, cela fait quelques jours déjà mais je pensais que cela n'était que le contre coup de la fracture... mais là j'ai la désagréable impression que cela s'étend. Par Ankhmar ôtez-moi cette atèle qui doit être trop serrée.
Ils s'exécutèrent donc, et chacun les uns après les autres changeait de visage lorsqu'il avait vu la blessure du paladin. Sa jambe à l’endroit de la fracture s'était transformée en roche. a croire qu'il y avait un bout du troll fiché dans ses chairs qui apparemment s'étendait ou quelque chose dans ce goût la car la couleur et l'aspect de la jambe de Bontyr ressemblait a s'y méprendre a l'aspect du troll qui l'avait blessé une fois mort.
- Qu’allons-nous faire...? Allez chercher le druide et le prêtre... !!! Vite, qu'ils fassent quelque chose.
Il tapait frénétiquement avec le morceau d'atèle a sa portée sur son genou et c'est un son graniteux que l'on entendit.
Le visage d'Aldebaran se ferma à la vue de la jambe de Bontyr.
- Tchak-Tchuk, Istral, allez chercher Tarabas et Feanor, peut-être pourront-ils faire quelque chose!! Nous autres ne pouvons plus rentrer dans la grotte... J'ai quelque savoir en médecine, je vais voir ce que je peux faire en attendant. Mais j'ai bien peur d'être bien impuissant là...nous verrons bien!
L'elfe sylvain se rapprocha de la jambe du paladin et commença à la regarder de plus près :
- Restez calme Bontyr, nous allons vous sauver...
Se tournant vers les autres
- Hâtez-vous! Le temps presse!
Tchak-Tchuk regardait avec étonnement la jambe de pierre de Bontyr. Alors qu'il avait en tête d'inventer la sculpture vivante, le rôdeur lui donna l'ordre d'aller chercher prêtre et druide.
- Comment ? Qu'est-ce que tu veux toi ? Je suis pas ton esclave que je sache... tu n'as qu'à y aller toi-même... et puis d'abord ce n'est pas si urgent que ça, ce pauvre paladin n'a même pas mal... Ça passera sans doute comme c'est venu... et en plus je n’ai pas fini mon verre !!
Le gobelin était quand même très surpris par ce phénomène étrange.
- Bon sang, c'est efficace... long mais efficace ... vous avez déjà vu ça les anciens ? Héé ohh ! Je vous parle les gâteux... VOUS AVEZ DÉJÀ VU ÇA ???
C’est au moment ou le vieux nain, le plus vieux nain de Fann d'ailleurs se relevait et allait proclamer son jugement malgré qu'il n'en ai aucune compétence que la porte s'ouvrit sur le groupe partit en mission.
- Tiens vous revoilà... alors la boniche...? Enfin on verra ça tout a l'heure, allez vite auprès de votre ami le cul bé... Pardon monsieur le prêtre... votre ami le paladin est au plus mal...
Mayté pouffait de sa bourde. Ils se ruèrent donc dans le dortoir et effectivement tous étaient au chevet de Bontyr.
- Jamais vu ça... en plus de 600 ans, jamais... une jambe qui de transformer en roche. Parce que ça en est, ça j suis formel parce qu’en pierres, cailloux et autres rochers j'suis un spécialiste. J’ai été mineur bien des années par le passé. Non jamais vu ça...
Mathurin avança une hypothèse
- Une façon magique de réduire la fracture... radicale pour le coup...?
Capucin lui ne fit pas dans la dentelle
- Et vous pensez que ça va s'étendre a tout le corps...?
Ne réalisant qu'a la fin de la question les conséquences pour Bontyr qui les regardait tous, horrifié...
- Ahhh !! Prêtre !! Druide !!! Faites quelque chose vite...
Le groupe d'explorateur de retour de l'arène avança donc pour découvrir sous l'atèle le genou du paladin et une partie de sa jambe "granitifié" pouvait-on dire.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qui a lancé ce sort à Bontyr ? Demanda aussitôt un Rohagus tout surpris.
Le druide s'approcha de la couche du paladin de manière pensive. Il palpa lentement la pierre, la frôlant comme s’il était en train de sonder quelque chose... Après un long moment le druide se releva l'air pensif et dit qu'il allait s'isoler dans la pièce voisine pour adresser une prière à sa déesse et ainsi espérer entrer en communication avec elle pour connaître le mal dont souffre le paladin...
Tarabas fit semblant d'ignorer les sourires de son hôte, il provoquerait Mayté en duel plus tard: il s'installa avec diligence au chevet du paladin afin d'examiner la jambe malade. Le diagnostique tomba rapidement.
- Mmmm... Messieurs, je crois que nous connaissons tous l'origine du mal... Si nous ne trouvons pas un remède très rapidement j'ai bien peur que...
Le prêtre fit un geste sans équivoque du tranchant de la main à hauteur de la cuisse pétrifiée
- Notre paladin a été très probablement contaminé par les restes de Morach... il va se minéraliser comme le premier troll venu si nous ne faisons rien.
- Un troll !!!! Où c'est qu'il y a encore des trolls..? J’pensais qu'on les avait tous tués au cours de la grande guerre sans bière. Vous voulez dire que le gus là, il a vu un troll...? Allez, vous voulez vous faire mousser... y'en a plus des trolls... depuis des générations...
Les chasseurs prirent note de l'entendue du savoir de Luiggi finalement très spécialisé a Fann et son histoire.
- Se minéraliser...
Bontyr était tassé, marqué, cerné. Il avait une mine dès plus déconfite... on aurait dit un gnome...
- Ca veut dire que je vais me transformer en statue...?
- J'en ai bien peur mon petit...
Il fixa Bontyr de longues secondes
- Il va falloir vous comporter en digne représentant d'Ankhmar, si nous ne trouvons pas un remède rien n'indique qu'une pétrification totale soit réversible... il serait dans ce cas plus prudent de vous amputer. Un autre cas de figure est qu'un éventuel remède stoppe le mal sans le faire régresser, ce qui aurait la même conséquence...
Tchak-Tchuk écouta Tarabas jouer aux hommes-médecins, puis fuit une grimace à la fin de son discours.
- Ah ça c'est malin... avec de telles nouvelles c'est sûr qu'il ne va pas s'en sortir le pauvre ... une amputation... Ah bravo... tu lui sapes le moral, c'est tout ce que tu fais ...
- Ce n'est pas un enfant Tchak-Tchuk, c'est un guerrier. Je lui expose simplement les faits tout en le préparant au pire. Vous préféreriez peut-être l'assommer, faire le sale boulot et le voir se réveiller avec une jambe en moins ? Nous en avons assez parlé, chaque seconde compte... Jhaelen, Feanor, une idée de médication ? Mathurin, y a t-il un très bon herboriste dans les environs ? Ou un guérisseur
- Et bien dans ce cas je me statufierai...
Le silence se fit. Les yeux ronds. Les bouches bées.
- Absolument... finalement je suis mort au combat puisque d'après vous cela me vient du troll et je vais pouvoir choisir mon lieu de repos éternel... combien de temps me donner vous...? Parce que si j'ai le temps je retourne à Morn et je me plante au milieu de la place des enfants de Banth. Face au temple d'Ankhmar.
Il poursuivit devant la béatitude de tous...
- Pas question de me couper en petits bouts... assurément pas messieurs et le premier qui essaye aura à faire a moi... et a Ankhmar... en personne !!!
C’est l'ancien qui rompit le mutisme de l'assistance
- Ma foi pour un humain vous en avez une sacrée paire ou alors vous êtes complètement fou... ou bien encore le dernier des crétins... mais c'est une sacrée décision.
Chacun des chasseurs avait sa propre réponse à cette question mais personne ne la donna.
- De quoi aurait l'air un paladin unijambiste ? Je vous le demande même pas, je le sais : à rien, que de cette façon je termine avec panache. C’est inédit non ? On chantera mes exploits au pied de ma statue-tombe. Et puis, puisque ça fait pas mal...
L’ancien tourna la tête vers les chasseurs afin d'obtenir un indice pour apporter une réponse a la question qu'il venait de poser. Plus trop sur de rien au sujet de Bontyr...
- La maladie le fait délirer non...?
La question de Capucin n'aida pas plus à l'éclaircissement de la situation. Tarabas écouta attentivement les paroles du paladin alité. Il ne semblait pas surpris outre mesure... l'atmosphère devenait solennelle.
- Bontyr... nous devons discuter de tout ceci en privé. Vous, moi, et le Glaive de Justice.
Il se tourna aussitôt vers le reste de l'assistance.
- Ne perdez plus de temps, s'il existe un remède vous devez le trouver au plus vite, rien n'est joué. Laissez-nous seuls à présent.
Rohagus n'aimait pas quand les choses devenaient solennelles. Se sacrifier pour un dieu et pour la gloire... et pourquoi pas se tartiner le visage avec de la confiture tant qu'on y était ? Il attendit donc que saint Tarabas et l'Apôtre Bontyr aient fini de parler divinités et autres bénito-grenouilleries... espérant ensuite pouvoir placer un mot sur le sujet important : le rendez-vous qu'ils avaient le soir même avec l'Épée du Temps. Mais bien sûr, il continuait à regarder le paladin avec des yeux compatissants sans rien dire, pour ne pas risquer de se retrouver sur la liste des duels de Tarabas.
Ils sortirent tous de la chambre pour laisser le paladin et le prêtre du même ordre seuls. ils se retrouvèrent dans la cuisine a nouveau, tous plus perplexes les uns que les autres.
Le druide lui aussi s'isola pour prier Avhelia
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Une fois seuls Bontyr ne laissa pas le temps à Tarabas de parler
- N'essayez pas de me faire changer d'avis ou de me faire un coup tordu prêtre !! Si vous me coupez cette jambe il faudra en rendre compte à notre dieu.
- Bontyr, ne vous mettez donc pas sur la défensive... Vous êtes un homme d'action et je me garderais bien de condamner votre choix, je tiens juste à m'assurer que vous le prenez en toute conscience et non dans l'urgence, dans le respect des préceptes d'Ankhmar.
Il glissa une main chaleureuse sur l'épaule du paladin.
- Deux chemins vont s'ouvrir à vous si nos... compagnons reviennent bredouilles. Le premier est celui qui semble vous tenter, mourir en emportant avec vous l'idéal de votre vie. Il y a de la fierté dans un tel choix, peut-être un peu de panache, mais il n'est en rien héroïque: vous n'aiderez personne en vous laissant statufier, les morts ne contribuent pas à la bonne marche du monde, les morts ne luttent pas. Le second est de faire preuve d'une autre forme de courage et d'accepter un terrible handicap, de vous reforger et de vous trouver une nouvelle voie, vous pouvez encore apporter beaucoup autrement que par le glaive, à notre Église, à votre famille... le champ des possibles est encore largement ouvert devant vous.
Le prêtre continua à deviser quelques minutes avant de finalement se relever
- Nous sommes au service du monde plus que le monde est au service de notre Idéal... Je vous laisse y réfléchir, pesez bien le pour et le contre, paladin. Je respecterai votre décision...
- Mais comment pourrais-je être utile à quelque chose...? Toute ma vie ne passe que par l'épée et le combat. Vous me voyez derrière un bureau tout le restant de ma vie, je sais a peine écrire, enfin il me faudrait une sacré remise a niveau...
Le paladin s'effondra en sanglots maintenant qu'il ne devait plus se retenir par orgueil
- Qu'Ankhmar vienne et prenne ma vie je lui en fais l'offrande. Mais il ne le fera pas, je le sais alors combien de temps me reste t'il, d'après vous...? Ai-je le temps de rallier Morn...?
- Allons, allons mon petit... qui vous parle de vous transformer en gratte-papier ? L'Église pourrait vous confier un rôle de représentation, vous voyageriez, vous pourriez aussi découvrir les plaisirs de la forge, ou du savoir, ou de l'artisanat, et puis vous allez redécouvrir votre famille grâce à votre pension ! Une jambe en moins ne suppose pas une vie totalement statique. Pour Morn ça me semble très, très loin... Le mal s'est déclaré si subitement...
- Bon... et admettons que j'accepte. Comment compter vous vous y prendre...? A la hache...? Et si vous louper votre coup...? Vous voulez aussi me faire devenir eunuque...? Personne vous m'entendez personne ne pourra dire qu'il a coupé une jambe a Bontyr le juste...
Il frappa du poing sur cette fameuse jambe
- J'aurai préféré périr au combat que se troll me tombe dessus, on en aurait plus parler...
- Je ne suis pas médecin, mais cette pétrification agit indéniablement comme une gangrène, nous allons bien trouver un autochtone à... à la hauteur enfin façon de parler, et puis rien n'est encore joué ! Je vais déjà passer la Lame du Renouveau sur cette jambe, ça ne peut pas faire de mal. Allez, du cran, quelque soit l'issue de l'histoire, je vais aller vous chercher un petit remontant. Montrez-leur qu'un fervent d'Ankhmar ne se laisse pas abattre si facilement ! Et puis qui sait, Chnock pourra peut-être vous confectionner une jambe articulée.
Tarabas passa le plat de sa lame sur ce qui était encore il y a peu une fière guibole de paladin et quitta la pièce, prenant bien soin de masquer son désarroi.
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- Il est encore là lui...
Nadrahir s'approcha de tous et parla à voix basse
- Il y a la un type qui est collé a la fenêtre depuis un bon moment à croire qu'il écoute ce que l'on dit, regardez discrètement, je le surveille depuis tout a l'heure...
Et c'est ce qu’ils firent chacun a leur tour et effectivement il y avait bien un homme là dehors, barbu avec des yeux noirs et une très longue chevelure
- il est là depuis avant que vous ne partiez, je n'y avais pas fait attention a cet instant mais là je m’aperçois qu'il n'a pas bougé...
- S'il reste là, je pense que le plus simple est de lui demander ce qu'il fait là et ce qu'il nous veut, non ?
Le gnome s'apprêtait à aller directement parler à l'humain
- Bonne idée mon garrrçon, allons le questionner !
Grimvald empoigna sa hache et commença à se diriger vers la porte. Le nain le demi-drow et le gnome sortirent donc à la rencontre de l'espion. Comme prévu prirent un peu de distance et revinrent sur leurs pas pour surprendre l'indésirable.
Les trois se retrouvèrent donc dans son dos. Il ne les avait pas vu revenir bel et bien absorbé par ce qui se passait dans la cuisine de Mayté.
- On peut t'aider mon garrrçon ?
Le nain était fermement campé sur ces jambes, sa hache dans les mains. Le gnome se préparait à plonger dans les jambes du gars s'il cherchait à fuir pour le faire tomber d'une clé de jambes. Tchak-Tchuk arriva quelques instants plus tard, d'un pas nonchalant. Il observait la situation et resta à bonne distance de l'inconnu ...
Surpris, l'inconnu se retourna, la main sur la garde de son épée. Puis, il se ravisa en constatant que la personne qui l'avait apostrophé si abruptement était accompagnée de trois compagnons. Les visages inquisiteurs, et surtout la solide hache du nain, lui firent comprendre que le mieux était de discuter... Du moins, si discuter était une option qu'ils prenaient en considération...
Sans se démonter, il s'avança de quelques pas et prit la parole...
- A vrai dire, je pense que c'est plutôt moi qui peux vous aider ! Dit-il en esquissant un léger sourire.
Les quatre acolytes le contemplèrent d'un air interloqué, mais sans pour autant se départir de leur attitude de défiance...
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Le lutin s'isola a son tour pour appeler sa déesse a la rescousse du pauvre Bontyr, au bout d'un temps Feanor entendit le son de la voix de sa déesse.
- OUI FEANOR ?
- Ô ma déesse ! Je vous pris pour obtenir votre aide ou tout du moins pour profiter de votre infinie sagesse. J'ai un ami qui est pris d'un mal étrange... Il s'agit de Bontyr, un paladin d'Ankhmar. Après une rude bataille que nous avons été contraints de mener, cinq de vos créatures ont trouvé la mort... Et visiblement il risque bientôt d'y avoir une victime supplémentaire. Une des jambes de Bontyr fut écrasée sous la masse d'un troll redevenu pierre... Visiblement cette dernière mettait du temps à se remettre malgré les quelques soins que je lui prodiguai... Et aujourd'hui on le découvre avec une jambe pétrifiée... Cette "maladie" risque elle de s'étendre sur tout son corps ? Et existerait-il un remède à son mal ? Ou pouvez vous peut être faire quelque chose pour lui ? Les rochers font parti de la nature, ainsi je me disais que vous seriez certainement en mesure de nous épargner la perte d'un compagnon... Ô ma déesse, quelle que soit votre réponse, je vous remercie infiniment de bien vouloir me consacrer de votre temps
- CELA S'ARRETERA LORSQUE LES DEUX EXTREMITES SERONT ATTEINTES. LE SEUL MOYEN EST DE REDUIRE LE BOUT QUI SE PETRIFIE. PRAGMATIQUE MAIS UNIQUE SOLUTION. TU NE M'A PARLE DE NOTRE PETIT PROTEGE, IL SE PORTE BIEN AU MOINS...?
- telle est donc l'unique solution...Notre prêtre avait déjà mentionné cette éventualité... ceci dit, je crois que notre paladin est fort mais aussi trop fier... il changera peut être d'avis... Quand à Felindra, il se porte comme un charme ! C'est devenu un bel animal au poil brillant vous savez ! Son maître est quand à lui devenu un peu plus bestial et à perdu un peu de son humanité Et ce n'est pas pour déplaire à Felindra ! Bref ne vous inquiétez pas, il est bien entouré
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Par une conjoncture de conséquences des plus fortuites, les trois portes s'ouvrirent en même temps : celle du dehors, laissant apparaître le démonologue qui était partit vaquer à ses occupations; celle de la chambre d'ou Tarabas quittait le paladin et celle de la remise d'ou Feanor sortait d'entretien avec sa déesse. A la tête qu'ils firent tous trois exprimant le sentiment suivant « bein oukséty qui sont donc passé tous ? »
Mayté intervint.
- Ils sont dehors, un curieux écoutait à la fenêtre de la cuisine et ils sont partis lui mettre la main dessus
Elle passa la tête par la fenêtre et ajouta
- C'est fait d'ailleurs, ils l'encerclent ...
- Qu’ils nous le ramènent ont va le faire parler
L’ancien champion de Fann avait un sourire qui faisait presque peur.
Le groupe du dehors revint rapidement avec l’espion, Rohagus avait déjà commencé l’interrogatoire façon gnome.
- Eh bien, expliquez-vous. Vous pourriez nous aider ? Vous débarquez comme ça à la fenêtre de Mayté, et pouf, vous pouvez nous aider ? Vous savez ce que nous cherchons ? Vous savez pourquoi nous sommes ici ? Alors que pouvez-vous faire ? D'où venez-vous ? Pourquoi nous aideriez-vous ? Que désirez-vous en contrepartie ? Vous aimez les brocolis ? Comment nous avez-vous trouvé ? Et... Comment vous appelez-vous ?
Tarabas dévisagea le nouveau venu avant de se concentrer fébrilement sur sa priorité du moment.
- Mayté, notre paladin irait mieux avec un petit verre... Mathurin, il me faut l'adresse du meilleur alchimiste ou herboriste de la ville, il nous faudrait également un bon chirurgien... du genre capable d'amputer une jambe sans donner dans la boucherie. Tchak-Tchuk, j'aurais besoin de la bourse un instant. Si par miracle je trouve un produit capable d'enrayer une contamination au sang de troll j'imagine qu'il ne sera pas donné. Feanor, des précisions sur le problème ?
Alors que Rohagus n'avait pas encore reçu les réponses qu'il attendait il fut interloqué par les paroles de Tarabas
- Ah bon ? Bontyr ne veut plus finir en pleine gloire statufié sur la place des enfants de Banth à Morn ? Vous préférez user de notre argent pour lui faire couper la jambe ? C'est Bontyr qui veut ça ? Bontyr, vous voulez vous faire transformer en cul de jatte ?
- Bontyr réfléchit à la situation, il a besoin d'un peu de temps pour prendre sa... sa décision en toute sérénité. L'argent servira à acheter un remède si j'en trouve un, mais je ne me fais guère d'illusions. Quant à une éventuelle amputation, elle ne sera pas bien coûteuse et lui sauverait la vie.
Jhaelen prit la parole en laissant tomber sur la table une pluie de pièces d'or :
- En tout cas, pour l'argent, j'ai réalisé des bénéfices en vendant des places sur le pont que Feanor a fabriqué, c'est curieux de voir à quel point ces gens sont prêts à débourser pour un combat!
Quand Tarabas parla d'une amputation peu chère et rapide, le gnome jeta machinalement un regard circulaire sur la pièce, pour voir si par hasard Mayté avait déjà apporté un couteau à pain ou autre pour tronçonner la jambe du paladin... Mais il oublia vite cette idée pour reporter son attention sur l'inconnu dont il attendait les réponses.
Tchak-Tchuk se précipita sur les pièces que venait d'apporter Jhaelen.
- C'est à moi !!!!!!!!!!!!!! EUhh ... je voulais dire je m'en occupe !! Enfin, je les mets dans la bourse quoi ... alors une ... deux ... trois ...
- Bourse que vous allez me céder un instant Tchak-Tchuk, n'oubliez pas... nous devons faire vite. Alors Mathurin, cet herboriste ? Ou Feanor des précisions peut être…
- Des précisions... huuum oui et non ! Non dans la mesure ou nous connaissions déjà la solution que m'a apporté ma déesse... oui dans la mesure ou c'est l'unique solution... il faut amputer affirma Feanor d'un air grave...
Puis il essaya de noyer le poison gêné qu’il était
- Tchak-Tchuk ! NON !tu ne touches pas à cet argent pour le moment ! Jhaelen a réalisé ses bénéfices pour le groupe ! D’ailleurs à propos de l'argent... on a toujours pas rediscuté du gérant... vous savez très bien qu'on ne peut pas faire confiance à Tchak-Tchuk !
Il redevint soudain grave
- Je ne pense pas que ça vaille la peine de gaspiller notre temps, notre énergie et notre argent pour une cause perdue... Je fais une confiance aveugle à Avhelia. Il ne reste plus qu'à en parler avec Bontyr...
Le prêtre accusa le coup... Ses traits se crispèrent un court instant.
-Oh... je... je m'y attendais un peu. Vous confirmez mes craintes, je vous fais confiance... Je dois lui annoncer la nouvelle, Bontyr a désormais tous les éléments de son destin en main. Il va faire son choix...
- Pourtant il va falloir t'y faire vermisseau ... personne n'a eu à se plaindre jusqu'à présent de ma gestion plutôt économique de la bourse collective ... allez, pousse toi que je ramasse toutes ces pièces ... allez allez !
Le lutin esquivant un pas du gobelin hurla à l'assistance:
- Et vous vous le laisser faire ??? Ça ne vous gêne pas outre mesure ??
Tarabas ne tourna même pas la tête.
- Nous discuterons de son rôle de trésorier une autre fois, je n'ai vraiment pas la tête à ça... vous avez Felindra, à vous de voir si vous souhaitez vous y opposer dès maintenant...
- Je ne suis pas aussi belliqueux ni aussi borné que vous... je ne cherche pas le conflit et souhaite que nous décidions de ceci d'un commun accord... Par contre, je vous accorde que ce n'est peut être pas le moment ! Tchak-Tchuk prenez ces pièces par contre laissez m'en deux pour Felindra s'il vous plait...
- PLAIT-IL ???
- Vous savez très bien de quoi je parle dit Feanor d'un ton posé... Preuve en est de votre réaction... vous devriez commencer à vous en rendre compte...
Le prêtre regarda le lutin avec un large sourire, un sourire... presque carnassier. Une lueur de folie traversa un instant son regard.
- Pourriez-vous le répéter... un peu plus près ? Je ne vous ai pas entendu...
- Tarabas je ne cherche pas querelle ! J’essaye simplement de vous raisonner, il serait temps de vous remettre en question... si vous êtes en conflit avec autant de personnes différentes, ce ne sont pas chez les autres qu'il faut chercher le problème...
Le lutin eut à peine le temps de finir sa phrase qu'un violent coup de pied aux mollets l'expédia au sol dans une étonnante pirouette. L'atmosphère devint, une fois de plus glaciale... Il était clair que le prêtre d'Ankhmar ne disposait pas de toute sa raison dans l'instant.
- Oh, je suis navré, je suis vraiment dur d'oreille... bah, qu'importe, nous en rediscuterons un peu plus tard.
Il se dirigea vers la porte donnant sur la chambre du paladin et la referma avec une violence inouïe, sous les yeux médusés de ses compagnons.
Devant le geste du prêtre, Felindra se mis à grogner d'une manière impressionnate. Heureusement que le prêtre avait fermé la porte aussi brusquement... Il s'en était fallu de peu... Felindra avait sauté vers la porte et depuis que celle ci lui avait claqué au nez elle s'était mis en tête de la démonter à l'aide de ses griffes afin de faire passer le prêtre de vie à trépas... Heureusement pour le prêtre que les portes naines sont de bonne facture et que le lutin réagit suffisamment vite pour lui sauver la vie... En effet ce dernier arrêta le fauve dans son élan destructeur, le calma tant bien que mal par des caresse et lui glissa lentement à l'oreille
-Ne t'inquiète pas mon grand, il payera tôt ou tard...
- Bein dit donc... Faut pas lui chauffer les oreilles trop longtemps à votre prêtre pour qu'il ne se fâche tout rouge...
Elle attrapa un rouleau a pâtisserie de taille naine soit, mais tout de même assez gros pour être considéré comme dangereux dans la main d'une naine experte en cuisine.
- Bon alors mon gaillard, tu vas nous dire ce que tu faisais a écouter dans Ma cuisine ou bien il va falloir te sortir les mots un par un de la bouche...
Voyant la tournure que prenait la situation les anciens décidèrent de se retirer.
- Nous nous en retournons mes amis...
- Nous vous accompagnons !!
Mathurin qui avait compris le sens de la phrase de l'aïeul donna un coup de coude à Capucin et tous quatre partirent clopin-clopant. Ils sursautèrent lorsque le prêtre ébranla la maison.
Chnock regardait la scène, il arborait une mine...déconfite.
- Mais c'est vraiment n'importe quoi !!! Il n’est pas bien ce Tarabas. Je vais aller voir ce qu'il fait, et merci de m'accompagner, car vu l'état de notre..."humain", il risque de pourvoir aux frais d'amputation personnellement, ne croyez vous pas ? Feanor ou quelqu'un d'autre peuvent tenir Felindra pendant qu'on va voir ?
Le lutin encore tout rougit de colère et de honte d'avoir été ainsi malmené et reprenant à peine ses esprit se tourna vers l'assemblée:
- Faites attention ! Des fois que Bontyr énerve Tarabas...On pourrait se retrouver sans paladin plus tôt que prévu
Aldebaran regarda la scène du prêtre enragé avec un certain amusement. Il se frotta le derrière du crâne, l'air un peu hébété :
-Et bien, moi qui croyais que c'était à cause de mon comportement qu'il m'avait provoqué en duel...en fait, il doit lui manquer quelques cases...
L'archer se pencha sur le druide, prenant un air amical et chaleureux :
- Ça va, il ne vous pas trop abîmé? Allez, ce n’est pas bien grave, votre tour est passé maintenant...Je me demande bien qui sera le prochain sur la liste...
Devenant soudain plus grave, l'elfe sylvain sortit sa dague et se tourna vers l'homme, le menaçant :
- Bon, on n’a vraiment pas que ça à faire, alors dépêche-toi de répondre aux questions, nous sommes très pressés et le temps ne cesse de nous manquer... Réponds!!
- Mouais, ajouta Rohagus... On ne va pas en faire un plat, hein...? Monsieur l'espion, nous attendons vos réponses ! Enfin moi je les attends en tous cas !
Chnock approcha de la porte et s'arrêta à une bonne distance. Il sortit son Chnockatrap et l'actionna. La pince télescopique s'étira et saisie la clenche de la porte. D'un mouvement de poignée il la fit basculer et en poussant légèrement il ouvrit la porte.
- Tarabas ! Tarabas sort de là !
Tchak-Tchuk avait enfin fini de compter ses pièces... il se releva et apprécia la situation. A vrai dire, il était un peu déçu que Tarabas s'en prenne à tout le monde comme il s'en prend à lui... ça n'a aucun intérêt alors, se dit-il... néanmoins, si le prêtre devenait fou, ça aurait sûrement le mérite de remettre l'ambiance du groupe au beau fixe...
Une voix leur parvint du fond de la chambre
- Quoi encore ?? Je suis occupé, fermez-moi cette porte !
- Sort de là, j'te dis. Qu'est ce que c'est que ces vilaines réactions, hein ? Tu deviens fou ou quoi ? Penses tu que nous allons nous en sortir avec des gars comme toi ? Tu compte affronter tout le monde ? T'as pas attrapé une saloperie ? Tu...
Chnock manqua de suffoquer.
- kfff kffff, Tu vois tu me fais perdre mon calme, même moi !!! La dernière fois que j'ai péter les plombs, c'était sur un monde ou les femmes avaient le pouvoir et j'étais mis en esclavage pour faire toute les sales besognes. Et je leur suis rentré dedans, je crois qu'elles s'en souviennent encore. Sinon, pour toi, si tu deviens dangereux pour le groupe il va falloir trouver une solution. Comme pour Falco, en son temps.
La porte se referma brutalement au nez du gnome, tous entendirent une voix maugréer à travers le bois
-La paix deux minutes ! Nous menons une conversation privée ici ! P.R.I.V.É.E !!! Occupez-vous de votre prisonnier !
- T'es occupé ??? Mais occupé à quoi nom d'un radis sec ? Tu serais pas entrain de... de... bon sang, ce pauvre fou doit déjà scier la jambe du Pal !!!!!!!!
- Grumpf...
Rohagus aurait bien aimé que tout le monde revienne à leur mouton qui les espionnait tout à l'heure et qu'il faudrait bientôt passer à la Question façon Inquisition pour le faire parler s'il ne se pressait pas un peu.
- Ha bein ramène là Rohagus, c'est le moment. J'ai bien compris ce que voulez dire ton "Grumpf..." tu voulais dire que tu aurais aimer que tout le monde revienne à leur mouton barbu rasé qui les espionnait tout à l'heure et qu'il faudrait bientôt passer à la Question façon Inquisition etc... pour le faire parler s'il ne se pressait pas un peu. Et Tarabas qui tape sur tout le monde ce n’est pas pressé ???
Rohagus était surpris de découvrir les talents de psioniste de Chnock. A moins qu'entre gnomes, les pensées s'échangent aussi facilement ?
- Bah ! Le temps qu'il découpe la jambe de Bontyr avec sa lime à ongle en bois, on a le temps de tout connaître de la vie de notre nouvel invité barbu glabre... Et puis le jour où Tarabas réussira à me taper, moi, Tchak-Tchuk se sera lavé les dents
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Le paladin sursauta. La violence de l'entrée de Tarabas le terrorisa presque
- Quoi...? Qu’y a-t-il...? Il va falloir combattre... aidez moi à me mettre debout...
Et puis la porte sembla être prise de convulsions spontanées
- Qu'est ce que c'est... des gobelins ? Des orcs...? Ne me dites pas que vous êtes le seul survivant quand même...? Enfin cela prouverait qu'Ankhmar est le plus puissant des dieux... aidez moi je vous dis...!!!
- Ne vous inquiétez pas...
Il colla un instant son oreille à la porte avant de se retirer vivement
- C'est Felindra à en juger par les grognements, les autres viennent d'intercepter une sorte d'espion, un humain...
Tarabas prit une chaise avant de pousser un long soupir, se passant les mains dans les cheveux. Il se voûta imperceptiblement, tout honteux qu'il était de son geste dément... mais ce qui l'inquiétait par dessus tout, c'était le secret plaisir qu'il avait éprouvé à martyriser le pauvre lutin...
-Je... j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Feanor est catégorique, il n'existe aucun remède connu au mal dont vous souffrez. Il est temps pour vous à présent de décider si oui, ou non, votre vie vaut encore la peine d'être vécu. Vous connaissez mon point de vue sur la question... j'aurais aimé voir les autres venir vous soutenir, vous encourager, mais ils n'éprouvent rien, leur cœur est froid... ils me rendent fou Bontyr, le sort du monde est entre les mains d'une poignée d'aliénés. Vous allez me manquer, quelque soit votre choix. Restez courageux... prions un instant le glaive de Justice, notre inspiration.
Le menton du prêtre trembla légèrement...
- Ah bon... personne n'attaque alors...
Il parut déconfit lui aussi, finalement c'est au combat qu'il aurait voulu périr, toute sa vie il avait envisagé sa fin comme ça et pas autrement, finalement l'option du prêtre lui permettait d'espérer d'être exaucer un jour. C’était peu probable mais il y avait une chance...
- Bien, je pense que vous avez sans doute raison... alors allez y... avec votre épée qui guérie ce qu'elle touche ce sera propre. Essayez de ne pas couper trop haut quand même qu'il m'en reste un p'tit bout
- Vous avez pris la bonne décision... Détendez-vous, ne pensez plus à rien... je reviens dans un instant. Il vous faut un verre, je ne veux pas vous faire ça à jeun. Je vais revenir avec tout ce qu'il faut. Courage...
Tarabas quitta son tabouret, pâle comme un linge. Il avait besoin de bras supplémentaires, et d'un objet dans lequel Bontyr pourrait planter ses dents...
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le prêtre ressortit de la pièce, livide, blanc comme un linge. Plus blanc que Falco ce qui était une performance. Il ne put parler... pourtant les regards sur lui semblaient dire : aloooooors !?!?!
C’est la Riesz qui vola à son secours en prenant la parole lui laissant un peu plus de temps.
- Sachez que cette créature maîtrise mon art, je ne peux la pénétrer... il me bloque, assez subtilement d'ailleurs...
L’humain les regardait sans expression particulière, peut être répondait il lui-même a des questions qu'il s'était posé et qui trouvait réponse dans cette découverte du groupe assez agité. Et on avait encore pas abordé des sujets sensibles.
- Et bien... ça avance cet interrogatoire...? A part ça, j'aurais besoin d'une bouteille de tord-boyaux, d'un bon bout de bois et de trois ou quatre costauds... des durs, des tatoués... des nains de préférence. Il... il a pris sa décision, c'est moi qui vais procéder à l'amputation.
- D'la prune ça vous va...? Sinon j'ai plus fort mais faut que je descende a la cave. C’est pour l'assommer, vous avez raison... bon faut que je fasse bouillir de l'eau. Je vais vous donner des linges pour le pansement. Il prend pension ici donc... enfin j'veux dire pour ça convalescence...?
Mais Tarabas n'était pas trop en état de répondre
- Moi je peux l'assommer. J’ai l'habitude. Je lui colle un coup sur le haut du crane et vous avez un moment pour agir sans qu'il ne bouge d'un pouce.
Mayté exhibait son rouleau à pâtisserie sous tous les angles.
- Vous pourriez l'assommer par surprise ? Oui... ça nous éviterait une scène pénible... mais allez tout de même nous chercher la prune, je vais en avoir besoin moi aussi. Pour la convalescence elle ne devrait pas durer trop longtemps, j'ai... hum... les instruments adéquats... mais il ne pourra pas quitter Fann immédiatement de toute façon, donc oui, il restera une semaine le temps de s'habituer, peut-être deux...
Tarabas ferma un instant les yeux et plaqua son front contre le chambranle, le bois lui sembla délicieusement frais sur l'instant. Il perçut dans le même temps le grondement sourd de l'aurumvorax, tapis à quelques pas de lui...
- Bestiole ingrate... c'est à moi que tu dois ton plus beau festin.
Sympathique, l'inconnu trouvait ce mélange hétéroclite plutôt comique, mais en même temps assez sympathique. "Cela doit être des compagnons de route depuis très longtemps..." pensa t'il. Sans pouvoir sans empêcher, il les compara à une famille dont les membres se disputeraient sans cesse, sans jamais pouvoir se détester... Ou du moins, pas trop longtemps. Entendant l'elfe clamer à tous sa nature exacte et voyant que toutes les personnes présente commençaient très sérieusement à devenir nerveuse au point de se montrer plus ou moins agressives, l'inconnu jugea bon de répondre enfin à leurs multiples questions...
- Comme vient de vous le dire la demoiselle elfique, elle ne peut sonder mon esprit et j'ajouterais que la violence dont vous semblez vouloir faire preuve vis-à-vis de moi ne vous en apprendrais guère plus... Pour commencer, je m'appelle D’Jay-Al... Mais peut-être que certain d'entres vous on déjà entendu parler de moi sous le nom de l'errant. Comme je vous l'ai dit, je peux peut-être vous aider... Et réciproquement ! Je ne sais pas exactement ce que vous envisager de faire, mais j'ai cru déceler que vous ne vouliez pas cette fameuse épée ayant appartenu à cet ancien champion nain, uniquement pour sa simple valeur marchande. Me serais-je tromper ?
Les regards se firent de plus en plus lourds d'interrogations, teintés pour certains d'entres eux de menaces à peine voilés.
- Un de vos compagnons semble très mal en point, et je doute qu'ils puissent retrouver la totalité de ses moyens. Je vous propose donc mon aide, et tous ce qu'elle peut vous apporter, afin de venir à bout de ce que vous allez entreprendre.
Un silence pesant se fit durant quelques instants, pendant lesquels D’Jay-Al ressenti de nouveau la présence de l'elfe en lui. Tournant la tête dans sa direction, il prit une voix plus solennelle...
- En échange de quoi, veux-tu savoir..? C'est très simple... Votre aide, afin de sauver les terres d'Ishel et la liberté de tous ses habitants !
Tarabas décolla subitement son front du haut de la porte pour dévisager le prisonnier.
- D'où sortez-vous pour commencer, l'errant ? Vous passiez par hasard, vous avez vu de la lumière ? Ici, nous ne sommes que des saltimbanques, nous recueillons des données historiques pour le prochain spectacle, ça paye toujours une touche de couleur locale.
D’Jay-Al sourit doucement... Bien évidemment, ils n’allaient pas lui faire confiance comme cela, comme par magie. Qu'à cela ne tienne, s’ils voulaient s'entêter dans cette histoire de saltimbanque, il n'était pas contre...
- Soit ! Si je me suis trompé, je m'en excuse et je m'en vais vous laisser à l'instant même. Mais au cas où, Par un curieux hasard j'aurais vu juste, Vous aurez certainement besoin de mon aide comme j'ai moi-même besoin de la votre. D'ou je viens ? De partout et nulle part... Je voyage à travers le pays, allant sans cesse d'une contrée à l'autre...
Puis, après un moment de silence, il reprit...
- Vous souvenez vous de ce cavalier au cheval étrange qui se trouvait dans l'arène de Fann, très en retrait du combattant skaven..? Celui qui vous intrigue tellement... C'est la raison qui m'a amené ici. C'est un gobelin, et de surcroît une très puissant psioniste... Certainement le plus puissant qu'il m'ait été donné de rencontrer à ce jour. J'ai eu affaire à lui lorsque j'ai été fait prisonnier dans les monts de la désolation. J'ignore pourquoi, mais il m'a sondé l'esprit aussi facilement que le fil coupe le beurre, puis il est reparti sans un mot. J'ai moi-même effleuré légèrement son esprit sans qu’il s’en aperçoive, et j'y ai vu La mort... La mort, la désolation et l'abandon de tout espoir pour notre monde... Je vous ai suivi, car j'ai pensé que vous n'étiez pas ce que vous prétendez être. Vos paroles m'ont conforté dans cette idée... Si vous n'êtes vraiment que de simples saltimbanques, c'est tout ce que vous devez savoir...
Demeurant de nouveau silencieux, D’Jay-Al attendit une réaction de la part de ses interrogateurs...
Le gnome n'avait jamais trop aimé être obligé d'être considéré comme un saltimbanque, surtout quand cela impliquait pour lui de se retrouver le dindon de la farce au milieu de l'arène. Alors face aux centaines de questions de questions qui lui venaient à l'esprit, il n'allait sûrement pas se restreindre !
- Mais quel est votre but ? Pourquoi pensez-vous que vous avez un intérêt à nous aider ? Vous êtes puissant comme psioniste ? Vous connaissez le super-psioniste hobbit appelé Erald Fandepor ? Vous ne pensez pas que lui écrabouillerait votre gobelin noir ? C'est un gobelin, d'ailleurs ? Comment se fait-il que nous l'ayons toujours pris pour un humain en noir ? C'est un gobelin géant et mince ? Que faisiez-vous dans les Monts de la Désolation ? Au fait, vous parlez bien des Monts de la Malédiction ou de la Désolation ? Qui vous y avait capturé ? Pourquoi ? Comment vous en êtes-vous sorti ? Que faisait ce gobelin en noir là-bas ? Et je reviens à nouveau sur la même question : pour quelle raison nous avez-vous suivi et estimez-vous intéressant de vous joindre à nous ? Qu'avez-vous en tête ?
- Moi, je veux bien aider pour l'amputation, vous allez avoir besoin d'un assistant qui a le cœur bien accroché, c'est mon cas. Une amputation propre ne me fera pas tourner de l’œil, loin s'en faut...
Le drow remonta les manches de sa nouvelle robe afin de ne pas la salir et sortit une série de couteaux très tranchants de son sac dont le cuir neuf craquait...
- Par contre je n'y entends pas grand chose pour stopper les saignements, mais c'est là votre domaine, Tarabas, n'est-ce pas ?
Attendant les réponses de l'Errant, Rohagus s'immisça dans la conversation du drow et du prêtre :
- Pour arrêter les saignements, il faut cautériser ! Vous prenez la hache de Belharut, vous la chauffez à blanc, et vous l'appliquez délicatement sur le moignon tranché de la jambe ! Petite précaution, installez Mayté et son rouleau à pâtisserie juste au-dessus de la tête de Bontyr, parce qu'il va jongler !
- Je ne vous serrrais pas d'un grrrand secourrrs sauf pour tenirrr ce pauvrrre bougrrre. Ne vous inquiétez pas, j'en ai vu d'autrrre et je ne flancherrrais pas même s'il faut le tenirrr pendant des heurrres !
- Non non, vous n'y êtes pas, je vais utiliser la Lame du Renouveau... ce sera du travail propre, les tissus vont se régénérer dans la foulée... mais j'hésite à trancher d'un coup d'un seul, elle n'aurait probablement pas le temps de cautériser. Mais si je ne tranche pas je risque d'avoir un problème avec les... les os, elle a beau être tranchante comme un rasoir ce n'est pas l'idéal, alors je ne sais pas... Et puis nous n'allons prendre aucun risque, nous allons le saouler, le tenir ET l'assommer, à moins que Jhaelen puisse nous concocter une drogue qui le ferait gazouiller durant l'opération.
Le prêtre se tourna vers D’Jay-Al et Rohagus
- Nous avons un public ici, lâcha t-il laconiquement en désignant Mayté d'un mouvement de tête. Votre histoire est passionnante mais si vous tenez à monter un nouveau numéro nous devons en parler en privé...
- Va pour l'anesthésiant, je vais y mettre une dose de thurse. Mayté, puis je emprunter votre cuisine quelques instants?
- Bien entendu...
Il avait saisi le sous-entendu attenant à la déclaration du prêtre. Puis, en regardant le gnome assommeur de questions avec un demi-sourire légèrement moqueur, il dit
- Mais en attendant que votre ami reprenne son souffle après un tel effort "sémantique", puis-je vous proposer mon aide afin de rendre l'amputation de cet homme supportable ? Je reconnais que les méthodes Préconisé sont efficaces, mais à long terme elles risquent de lui donner une sacrée migraine... Voyageant seul, j'ai souvent du calmer mes douleurs par moi-même, en employant mon don. Je n'ai jamais tenté cela sur une autre personne mais, associé à l'anesthésiant de votre ami, je pense pouvoir ne lui faire ressentir guère plus qu'une simple démangeaison... Nous verrons par la suite, en ce qui concerne ma proposition...
Pendant ce temps, le gnome se demandait si D’Jay-Al se moquait vraiment de lui ou bien s'il voulait simplement lui faire comprendre que trop de question à la fois n'amène généralement que très peu de réponse...
Rohagus jeta un coup d’œil vers Grimvald puis vers Chnock :
- Dis, Chnock, tu as ton Chnockatrap sous la main qu'on coince un peu cet humain le temps qu'il réponde à nos questions ? Je trouve qu'il s'immisce bien vite dans l'arrachage de membres de Bontyr pour être honnête... Tchak-Tchuk sera sûrement d'accord avec moi, là-dessus, non ? Mayté n'a pas reçu les réponses qu'elle attendait, et son rouleau à pâtisserie bave sans doute d'envie de caresser le cuir chevelu de notre espion de cuisine imberbe barbu, n'est-ce pas ?
Après avoir côtoyé les Prophètes noirs puis Erald Fandepor, ce n'était pas un nouveau psioniste qui allait faire peur au gnome Rohagus.
- Bein oui, mais si on fermait la porte à clé ça devrait paraître moins agressif, non ?
Il était apparent que le gnome, que d'ailleurs D’Jay-Al trouvais très excité depuis sa découverte, ne l'appréciait guère... Ou bien était-ce simplement le fait qu'il soit un psioniste ? D’Jay-Al savait pertinemment que les êtres tel que lui pouvait causer des interrogations suspicieuses, à la limite de la peur ou de l'ostracisme. Il ne comprenait pas vraiment l'attitude du petit homme, et honnêtement il n'avait absolument pas le temps de s'appesantir sur la question...
- Bien, comme vous voulez... Je m'abstiendrais donc de tenter de soulager votre malheureux compagnon, si c'est vraiment ce que vous désirez. Mais inutile d'être aussi agressif... Si je vous avais voulu du mal, j'aurais agi depuis longtemps et en gardant l'effet de surprise avec moi.
Alors qu'il finissait sa phrase, D’Jay-Al S'adossa contre le mur de la caverne et attendit que ce pauvre paladin soit soulagé de sa jambe afin de pouvoir discuter en privé de son "numéro", comme lui avait précédemment dit le prêtre...
- Minute... si vous pouvez faire quelque chose pour Bontyr, je suis preneur. Avec la prune, le coup de rouleau, la drogue de Jhaelen, les Grâces d'Ankhmar et vos pouvoirs, il devrait pouvoir passer l'épreuve en chantonnant... l'épreuve physique tout du moins.
Rohagus se plaqua la main sur le visage et la fit glisser vers le bas tirant sur sa lèvre inférieure de dépit.
- Grmmgn... Bon ! Je sens que notre nouveau zigoto ne va pas vouloir coopérer gentiment et répondre à nos questions tant que Papa Tarabas ne sera pas de nouveau parmi nous, la patte de Bontyr dépassant joyeusement de la poche de sa tunique... Tu vois, Tchak-Tchuk, comme c'est agaçant de voir de nouveaux arrivants nous prendre pour des personnages de second rang peut-être à cause notre taille ou alors parce que nous n'avons pas une jolie robe de prêtre d'Ankhmar sur nous... Nous avons beau être 10 fois plus nombreux que monsieur D’Jay-Al, il ne semble pas envisager une seconde qu'il doive nous prendre au sérieux...
Le gnome se tourna alors vers le petit lutin Feanor :
- Feanor, tu ne veux pas demander à Felindra d'expliquer au monsieur qu'il n'est pas encore tout à fait accueilli à bras ouverts parmi nous et qu'il pourrait nous montrer un tantinet plus de respect, dis ?
Rohagus était prêt à partir ronchonner dans son coin, mais il comptait encore sur le soutien du gobelin et du lutin, puisque Chnock et Grimvald ne voulaient pas vraiment le soutenir pour le moment. Peut-être Aldebaran allait-il réagir ? Ou alors... Falco !! Rohagus se tourna vers le mage en lui disant gaiement
- Falco ! Falco ! Montre-lui un peu comme tu es un archimage puissant ! Ça, ça va l'impressionner !!
- Ouais, ça, avec la prune, ce n’est pas chantonner qu'il va nous faire : c'est nous réciter tout le répertoire des chansons paillardes de l'Eglise d'Ankhmar qu'il va faire, ça oui !...
Maintenant qu'il avait dit ça, Rohagus se triturait l'esprit pour essayer d'imaginer à quoi pouvait ressembler une chanson paillarde originaire de l'Eglise d'Ankhmar...
- Bah... vous ne comptiez pas aborder l'ensemble de nos petits problèmes personnels devant nos hôtes de toute façon ? Nous sommes bien assez envahissants comme ça pour le moment. Nous avons tout notre temps pour le questionner...
Feanor était encore en train de bouder dans son coin de l'affront que lui avait fait Tarabas... Il pris donc la défense du gnome sans mal malgré son hésitation passée à intervenir tout occupé qu’il était à bouder...
- De toute façon ce bonhomme ne me plait pas... glissa le lutin à Rohagus ! Il traite avec Tarabas alors qu'il a très bien vu son accès de folie... Je crois bien que ces humains sont tous les même ! Tous hautain et dédaigneux des gens différents et un peu plus petit qu'eux ! J'imagine qu'ils ferraient moins les fiers devant Morach...
Le prêtre n'avait aucune envie de s'excuser. Le lutin avait pensé pouvoir lui faire la leçon en public de sa voix fluette au pire moment possible, alors qu'il se préparait à charcuter son plus fidèle allié. S'était-il contenté d'un diplomatique "je préfère une solution moins énergique ?" ? Non, il avait préféré se fendre d'un "je ne suis pas aussi belliqueux et borné que vous": autant agiter un chiffon rouge devant le taureau.
- Z'avez la mémoire courte vous... Qui a chargé Morach au corps-à corps ?? Belharut, Nadrahir, Bontyr eeeeeeet ...?
Jhaelen occupé qu'il était à touiller sa mixture, se fendit d'un sourire comme seuls les drows peuvent en faire :
- De toutes les manières, si vous continuez à vous chamailler dans le laboratoire, je demande à Mayté de vous montrer le respect que l'on se doit d'observer dans une cuisine. Pour ce qui est du nouveau qui croit nous impressionner dites lui que nous sommes prêts à répondre à toute attaque soit disant "surprise", nous ne sommes pas tous aussi dépourvu de talents psychique qu'il veut bien croire, et s'il ne l'a pas encore découvert, je ne suis pas sur que ses capacités nous soit utiles... Maintenant, poussez-vous, si ça gicle, ça tache !
Même si D’Jay-Al ne voyait pas la pomme, il ressentait parfaitement la discorde qui habitait ce groupe, quelque peu divisé par un ou plusieurs évènements passé. D'après ses observations, certains petites gens et non humains semblaient croire que les humains se serraient les coudes en se liguant le plus souvent contre eux. De plus, ils semblaient avoir une dent contre le prêtre... D’Jay-Al était curieux de savoir ce qui avait bien pu se passer pour qu’ils se retrouvent dans cette situation plutôt tendu, et qui avait apparemment conduit le paladin vers l'état de santé qui est le sien actuellement.
Quoi qu'il en soit, il devait faire attention à ne pas se mettre des membres du groupe totalement à dos... Ce qui n'est pas une sinécure pour quelqu'un plus habituer à côtoyer la solitude du voyage.
Voyant que les esprits s'agitaient plus que de raison le concernant, il prit de nouveau la parole...
- Ecoutez moi tous, s'il vous plaît... Je ne suis pas votre ennemi, et des que vous vous serez libérer l'esprit de la santé de votre compagnon blessé, je répondrais à toutes vos questions... Mais dans l'état actuel des choses, je pense que vous être tous stressé et cela peut très bien se comprendre. Vous savez bien que dans ces cas-là, la meilleure des réflexions est bien souvent obscurcie par la précipitation. Si mes paroles ont pu sembler arrogante ou bien même menaçante, cela n'était pas volontaire.
Des regards interrogateurs mais réfléchi fixèrent alors D’Jay-Al... Ses mots auraient-ils fait mouche ?
- Je vous l'ai dis, Ishel est au porte d'une sombre destinée... Très sincèrement, je pense que vous conviendrez avec moi qu'il faut en discuter de manière calme et sans précipitation. Je vous crois des êtres de grande qualité, et je me trompe très rarement. Alors occupons nous d'abord de votre ami, et ensuite discutons...
Tournant la tête vers le prêtre, Il reprit
- Comme je l'ai déjà dis, je ne sais pas si j'arriverais à soulager ce malheureux... Mais en essayant d'endormir la zone de son cerveau percevant la douleur, ils ne devraient, avec tout le reste, ne ressentir presque rien pendant que vous lui sectionnerait la jambe... Me laisserais vous essayer..?
Pendant que D’Jay-Al parlait, l'aurumvorax s'approcha de lui et le renifla durant de longues secondes. Puis il s'éloigna d'un pas tranquille, apparemment tranquille...
Rohagus se gaussait ironiquement :
- Ishel aux portes d'une sombre destinée ? Il nous dit ça alors que nous sommes ici à Fann dans une nuit éternelle ? Arf ! Et ensuite il veut couper un morceau de la cervelle de Bontyr ? D'ici à ce qu'il la trouve, ça va faire une belle charcuterie... Pffrt ! Et puis, nous, des êtres de grande qualité ?!
Rohagus jeta alors un œil hilare vers Tchak-Tchuk puis vers Istral, Falco et Jhaelen. Mais le gnome était quelque peu résigné par les paroles de l'humain :
- Bon, vous voyez avec le vertueux prêtre Tarabas, vous vous grouillez de tronçonner le paladin, puis on discute vite fait avec dJoy... Jaie... Didgé Al... Truc ! Il nous explique tout ce qu'il sait, et ensuite on prend garde à ne pas louper notre rendez-vous de ce soir chez qui vous savez ! Car c'est bien ça le plus important !
- Exactement...
Chnock se tenait aux côtés de Rohagus et regardait l'assistance.
- Heu... mais faut soigner Bontyr quand même. Si ça tarde, on pourra envoyer certain d'entre nous où vous savez, non ?
- Ça ne devrait pas prendre des heures une fois que nous aurons tout préparé: linges, eau, tord-boyaux, drogue, préparation mentale... préparation... spirituelle...
Tarabas se détourna et marmonna un instant les yeux au plafond, ce qui dans une demeure naine était pour le moins singulier.
« Faites que cette lame vaille toutes les scies d'Ishel... »
S'étant enfin décider à laisser D’Jay-Al tenter de soulager à son tour le mal en point Bontyr, celui-ci vint s'accroupir derrière Le blessé, déposa ses mains à plat sur ses tempes et ferma les yeux. Commença alors une intense préparation mentale de la part de D’Jay-Al, afin d'atteindre la zone cérébrale centralisant la douleur. De sillons en sillons, de nerfs en nerfs, de cellule en cellule... L'effort fourni était tel, que le visage du psioniste semblait vide de toutes émotions, de toute vie... C'est la première fois qu'il tentait cela sur une autre personne que lui... Le faire sur son propre cerveau était assez simple si on y avait été entraîné, car inconsciemment nous suivons notre propre sensation intérieure. Pendant un fugace moment l'image d’un temple lui revint en mémoire... Puis, la concentration mentale reprit entièrement le dessus. Après seulement trois minutes, le but était atteint. D’Jay-Al projeta alors une puissante impulsion psychique dans la zone cérébrale en question, qui agissait sur les synapses comme le ferait un inhibiteur.
Un sourire de satisfaction se dessina sur son visage.
- Je suis prêt ! dit il enfin en gardant sa position. C’est quand vous voulez...
Grimvald qui ne lâchait pas sa hache vint se placer derrière l'espion. Son expression ne cachait en rien ses intention au cas ou le pauvre Bontyr se ferait brûler la cervelle. Le drow finit de projeter une pincée d'une poudre malodorante dans son mini chaudron touilla le tout deux petite minutes, filtra le résultat :
- Ça y est ! La potion berceuse pour paladin gangrené est prête! Le mieux, c'est de le mettre dans la prune tiède, avec du miel. Mon petit Bontyr, tu va faire un gros dodo. Tiens, avale ça.
Le drow mit son récipient de potion aux lèvres de Bontyr qui l'avala, pinçant un peu du nez devant l'odeur fort peu agréable. Mayté levait déjà son rouleau pour donner le coup brutal mais purement médical. Pourtant, il n'y en eut pas besoin et même D’Jay-Al n'eut pas à user de ses pouvoirs : la potion agit suffisamment vite pour voir le paladin s'endormir profondément en quelques instants.
Soucieux de pouvoir agir tranquillement, Tarabas ferma alors la porte du "laboratoire" pour éviter les regards curieux et les remarques inutiles sur la façon dont il allait procéder.
Dans la salle d'attente improvisée, Rohagus et Chnock tournaient en rond, comme deux pères en attente d'un accouchement. Falco caressait amoureusement Felindra. Aldebaran regardait d'un air perplexe la porte du "laboratoire", se demandant si Tarabas faisait bien son œuvre : lui aurait sûrement mieux fait. Et Tchak-Tchuk, lui, se foutait de tout ça et attendait simplement que ça se passe.
Finalement, Tarabas ressortit du laboratoire, le teint un peu livide...
- C'est fait... Il va avoir besoin de repos maintenant...
Grimvald, Jhaelen, Mayté et les autres assistants de chirurgie ressortirent à leur tour, certains plus ou moins patraques et le teint peu frais.
Rohagus éclata alors d'impatience :
- Aaah ! Bein voilà ! C'est fait ! Alors, venez tous au fond de la grotte qu'on l'interroge ce D’Jay-Al ! Tu vas nous parler, hein, mon gars, on n'attend plus que toi maintenant ! Tu te souviens de mes questions, hein, oui ?
Mayté et Capucin était sortis pour prendre un peu l'air après l'opération. Les Chasseurs de Temps étaient libres de parler... enfin ! Tchak-Tchuk s'approcha un peu de la chambre de Bontyr.
- Et euh... si enfin... mais... qu'avez-vous fait de la jambe ? Je peux l'avoir ?
Jhaelen resta dans la pièce afin de nettoyer les restes, il avait vu bien pire dans sa ... dans les salles de tortures drows...il recueilli le sang de l'opération, afin de ne pas salir les draps de Mayté, puis s'enquit de la jambe du paladin : devait-il vraiment la confier à Tchak-Tchuk. Gangrenée par du sang de troll, même le gobelin risquait la maladie... Chnock était resté au pas de la porte du bloc de fortune, ne perdant pas une miette de ce qui se passait.
- Jhaelen, si vous ne voulez pas trop y toucher, y'a toujours mon Chnockatrap. Avec ça je pourrais l'apporter dans... le foyer hardant de la cheminée, par exemple.
- Et bien, pourquoi pas, si Tchak-Tchuk n'en veut pas, ce qui est bien pour lui, je pense, incinérer cette jambe dans l'âtre de la cheminée convient le mieux
- Remarquez, si elle est pétrifiée maintenant, ça ferait un gourdin très original... Paf ! Un coup d'orteil dans l’œil ! Hé hé...
Rohagus ouvrit soudain de gros yeux :
- Et D’Jay-Al ? Qu'il n'oublie pas que nous attendons encore ses réponses, hein hein ?! Hein ?!
Le gnome sautillait en regardant l'humain.
- Et oui... cette jambe n'est plus que pierraille, ça m'étonnerait fort qu'elle soit d'une quelconque utilité à l'un d'entre vous. C'est à Bontyr de décider ce qu'il compte en faire, attendez son réveil.
Le prêtre récupérait doucement, la robe tachée de sang, bouteille de prune à la main. La Grâce de Courage d'Ankhmar l'avait porté... pour le moment.
- Sinon, en deux temps et trois mouvements je peux lui monter en lampe, non ?
Jhaelen, après avoir nettoyé la chambre, profita d'avoir accès à la cuisine de Mayté pour confectionner des bougies, quelques unes, mystiques, pour lui, et quelques une, parfumées pour remercier son hôtesse. Pendant ce temps là, il comptait bien entendre ce que le nouveau avait à dire...
- Bien, maintenant que Bontyrrr est opérrré, tu vas rrrépondrrre à nos questions mon gaillarrrd !
Quand, l'esprit enfin libéré à défaut d'être calme, tous le monde vint se placer en demi-cercle autour de lui, D’Jay-Al prit une grande inspiration en les parcourant des yeux. Sans être véritablement agressif, certains d'entres eux avaient une lueur mauvaise dans le regard. Après un silence de contenance, il prit enfin la parole...
- Comme je vous l'ai dit, je sais que nous avons un but plus ou moins commun, à savoir cet étrange gobelin qui semble être surgi des ténèbres de l'enfer. Je le répète aussi, je vous sais être des êtres de valeurs... Et je sais aussi que tout comme moi et la plupart des habitants d'Ishel, vous ne voulez pas que le mal s'abatte sur le monde. Vous vous posez des questions sur ce gobelin, vous ai-je entendu discuter un peu plus tôt dans la matinée... Après avoir entendu ce que j'ai perçu dans son esprit retors, vos multiples questions céderont très vite la place à l'inquiétude la plus grande !
Un silence... Des regards interrogateurs... Certain échangent quelques mots à voix basse...
- N'ayant fait qu'effleurer la surface de son esprit vil, je n'ai pu apercevoir que des bribes de ses pensées. Mais comme vous le confirmera l'elfe ici présente, cela donne des visions d'un réalisme parfois effrayant... Surtout avec des images telles que celles-ci... J'ai vu les différents clans de gobelins s'unir sous une même bannière, se mobilisant pour combattre... J'ai vu le feu tomber du ciel, comme autant de poings rageurs et emplis de fureur destructrice... J'ai perçu ce qui semblait être des invocations ou bien des rituels dont la nature m'échappe... Et ce qui m'a conduit à Fann, j'ai vu une ville ou deux combattants s'affrontaient à mains nues dans une grande arène.
Leur attention se fit subitement plus soutenu, plus... A l'écoute...
- Mais ce qui était le plus récurant dans son esprit, c'était l'image de treize fillettes vêtues entièrement de blanc qui étaient à proprement parler sauvagement massacrer, ainsi que des ombres indistinctes qui étaient au nombre de six, et qui semblaient comme flotter autour d'un autel de cristal que je n'ai jusqu'ici encore jamais vu ou entendu parler pendant mes longues années d'errances. Même si cet autel était d'une incontestable splendeur, j'y ai ressenti comme un mal insidieux, camouflé au cœur même de sa nature cristalline... Pourquoi m'a t’il sondé ? Que cherchait-il comme réponse dans mon esprit ? Je ne sais pas... Mais ce dont je suis sur, c'est que si on ne l'arrête pas des maintenant, le monde est perdu... Perdu pour toujours. J'ai besoin de votre aide car, seul, je sais pertinemment que je ne pourrais pas l'arrêter. Pour ceux d'entre vous qui aurait besoin d'une motivation plus grande, dites vous que vous ne combattrez pas pour moi ou bien pour Ishel, mais bien pour votre trésor le précieux que vous puissiez avoir... Votre liberté...
En ayant terminé, D’Jay-Al Attendit leur réponse avec une pointe d'appréhension. Il ne croyait pas vraiment à la destinée, mais Les prêtresses du temple lui avaient bien appris que rien n'arrivait par hasard, que chaque rencontre que l'on faisait menait nécessairement à un renouveau auquel on ne pouvait pas échapper...
- Il est fou ou quoi ? C'est quoi cette histoire de gobelin ? Y avait un autre gobelin ici ? Mais... j'ai comme l'impression... qu'il raconte n'importe quoi !! Il a dû s'échapper d'un asile ou d'une prison, ce n’est pas possible...
Tchak-Tchuk tournait autour du " prisonnier ", essayant de repérer des marques sur son corps ou sur ses vêtements.
- Et en plus tu viens nous chercher pour sauver le monde ?? MOuuuahahhaahahahahaa !!! C'est une manie ou quoi ! Comme si on avait le temps de s'amuser à jouer les héros !! Allez, allez... vide tes poches colporteur de mensonges !! Et plus vite que ça ou je te coupe les doigts un par un façon Tarabas le Toubib !! GROUILLE !!!!
Chnock regardait le l'humain et ne comprenait que la moitié de ce qu'il racontait.
- Gobelin... mais quel gobelin ??
- Et ça ne répond pas à ma question, monsieur l'humain qui erre : que faisiez-vous dans les Monts Maudits ? Comment y avez-vous été capturé ? Comment vous en êtes vous sortis ?
Le gnome affichait un air suspicieux en marmonnant :
-Si ça se trouve, c'est un envoyé des gobelins... Oh, en encore autre chose. Ajouta Rohagus. Qu'est-ce qui vous a donné l'idée de nous suivre nous ? Comment pouvez-vous avoir confiance en nous... J'veux dire... Voir en nous des êtres de qualité, arf, ça prouve la faiblesse de votre jugement, quelque part... Malgré tout ce que vous en dira Saint Tarabas et le gentil Aldébaran !... Et heu... En définitive, comment espérez-vous nous aider alors que vous ne savez pas ce que nous, nous cherchons ou essayons de faire...?
- Mmmm... À mon avis il a déjà parfaitement cerné les motivations de chacun ici. Son récit est crédible, il nous apporte même des informations intéressantes, même s'il a encore à nous expliquer qui il est et à nous livrer quelques détails sur les Monts de la Malédiction. Pour ce qui est des êtres de valeur...
Le prêtre afficha un large sourire avant de s'offrir une goulée de prune
- je prends ça comme une formule de politesse. D’Jay-Al, vous devez savoir que personne ne fait confiance à personne ici, la seule chose qui empêche ce groupe d'exploser, c'est notre objectif commun, regardez donc: des humains, un nain, des gnomes, un lutin, un gobelin, des drows... Personne ne vous tournera le dos ici, mais ça n'a rien de rédhibitoire...
- Vous oubliez ! Il y a aussi des Elfes parmi nous, dont la pire race de toutes : les elfes gris !!
Rohagus afficha un air de bête furieuse, une sorte de méchante belette, quoi... ou un furieux tamanoir... face à Riesz qui n'avait rien à voir avec ce que Rohagus reprochait à sa race. Tchak-Tchuk fulminait.
- Comment ça il a déjà cerné nos motivations ??? Il n’a cerné rien du tout oui !! Il bluffe, il ne sait rien, il n'en veut qu'à nos richesses, c'est un sale voleur, c'est tout !! Il faut l'enfermer immédiatement dans une cave ou un cellier, jusqu'à que nous sortions de cette ville... quelqu'un le trouvera bien d'ici là... et au pire il fera un régime amaigrissant... comment Tarabas ? Il nous apporte des informations intéressantes ? Tu rigoles ou quoi ? Il te baratine depuis le début et toi tu es assez niais pour le croire... pousse-toi, je vais lui couper la langue, il ne pourra plus nous ennuyer après...
Le gobelin sortit une dague et regarda fixement l'étranger.
-Oh ! Te voilà bien méchant envers ce pauvre humain, Tchak-Tchuk... fit noter Rohagus d'un air narquois mais faisant mine d'être l'innocence incarnée. Pauvre, pauvre D’Jay-Al... Qu'a-t-il fait pour mériter cela, hum ?
Le gnome ricanait discrètement.
- Qu'a-t-il fait ? Il nous suit, il nous piste, il nous épie !!!!! Il veut quelque chose cela ne fait aucun doute... autant s'en débarrasser de suite, nous gagnerons du temps... ALLEZ TOI LE BARBU !! Je t'ai demandé de vider tes poches !!! Et ensuite tu tireras la langue, que je te la coupe !!
D’Jay-Al réalisa soudain qu'ils ne connaissaient pas le fameux gobelin dont il parlait...
- Pardonnez-moi, j'avais oublié que vous ne le connaissiez que sous le terme de "cavalier noir", pour reprendre votre expression. Il est vrai que je suis le seul à l'avoir vu de près... Vous me dites que seul votre but commun vous réunis. Quel qu'il soit, il est suffisamment important pour que vous fassiez fi de toutes vos différences et préjugés... Cela est une chose qui, ne vous en déplaise, fait de vous des êtres d'une certaine valeur. Cela est d'autant plus vrai, que malgré vos aversions pour certaines races, vous savez vous serrez les coudes quand il le faut... Et accepter les avis parfois bien éloignés des votre.
Pointant légèrement son doigt vers Tchak-Tchuk, il continua...
- Jouer les héros...? Tu t'imagines que c'est un jeu que de vouloir préserver sa liberté...? D'autres que moi pourraient penser que ta nature gobeline te fait espérer que cela arrive... Mais je pense sincèrement le contraire.
Puis, reprenant sa position initiale...
- Vous ne me faites pas confiance, et je le comprends. Mais Je vous demande de me croire, et non pas de me donner votre confiance. Le prêtre à dit que vous ne me tournerez pas le dos... Rassurez-vous, j'en ferais de même... Mais quand ce que j'ai vu se réalisera, confiance est un mot qui deviendra très rapidement obsolète. Pour ce qui est de l'aide que je pourrai vous apporter, je pense que mes talents sont assez variés pour vous êtres utile le cas échéant.
Poussant un soupir indéfinissable, il prend alors un ton plus mesuré...
- Comme je vous l'ai dit précédemment, on m'appelle l'errant. C'est dû au fait que depuis plusieurs années je parcours Ishel de long en large, allant de contrée en contrée, de ville en ville, sans jamais me poser. C'est donc tout naturellement, et poussé par ma trop grande curiosité, que j'ai décidé d'explorer tous Ishel... Même ses recoins les plus sombres... Mais les montagnes de la malédiction ne sont, comme vous le savez, guère propice à la dissimulation. J'ai donc été rapidement capturé, jugé coupable de ce qui les arrangeait le mieux et condamné à être esclave dans une de leurs mines. C'est la nuit suivante que j'ai reçu la visite de cet étrange psioniste... Le lendemain matin, un seul gobelin fut chargé de m'emmener vers ce qui aurait dû être ma dernière destination. Ceux-ci n'étant pas...
Jetant de nouveau un rapide coup d’œil à Tchak-Tchuk, il précisa
- Ne prend pas mes paroles pour une attaque personnelle...
Avant de reprendre sa phrase initiale.
- Réputé être des esprits fort, je l'ai donc, subrepticement mais sûrement, psychiquement manipulé afin qu'il me conduise vers la sortie des montagnes de la malédiction. Après m'en être débarrassé, je me suis mis en quête de cette fameuse ville que j'avais vu dans son esprit. C'est ainsi que je suis arrivé à Fann, et que je vous ai entendu parler avec méfiance de ce cavalier noir que j'ai tout de suite reconnu en le voyant derrière le skaven... Il faut reconnaître qu'il ne passe pas vraiment inaperçu, surtout avec une telle monture. Vous savez certainement de quoi je parle, j'en suis persuadé !
Puis, faisant un léger geste de la main, D’Jay-Al utilisa sa télékinésie pour envoyer la dague que tenait le gobelin à l'autre bout de la caverne.
- Et je déteste être menacé lorsque cela n'est pas nécessaire... Lança t'il d'un ton neutre mais sans animosité...
Rohagus réalisant soudain ce que D’Jay-Al venait de faire avec la dague de Tchak-Tchuk et surtout connaissant cette même dague écarquilla les yeux !
- Oh le dingue ! Couchez-vous !!
Et le gnome plongea au sol en fixant la dague pour esquiver tout danger éventuel.
A l'attaque télékinésique de l'humain, Aldebaran réagit violemment et rapidement. En quelques dixièmes de secondes, son arc était bandé et une flèche barbelée menaçait le nouvel arrivant :
- Ça suffit les tours de passe-passe manipulateur de cerveaux! Je vous conseille de garder ce genre de choses pour vous si vous ne voulez pas finir une flèche entre les deux yeux. Vous n'êtes pas le bienvenu ici alors ne vous permettez pas de nous attaquer. Je n'ai aucune confiance en vous, alors vous allez bien sagement continuer à répondre à TOUTES nos questions, sinon... Votre récit, pour crédible qu'il soit, est encore rempli de zones d'ombres. Qui est cet étrange psioniste venu vous sauver? Ou est-il maintenant? Quant à vos jugements sur notre valeur, gardez-les pour vous. Vous ne savez pas pourquoi nous sommes réunis ici, pourquoi nous cheminons ensemble. Vous ne savez pas non plus ce que nous avons enduré ensemble ou individuellement, avant que tout cela n'arrive...
Décidément... "Ces gens sont vraiment...", se dit D’Jay-Al en son for intérieur...
- Au lieu de me menacer de nouveau, malgré que je vous ai répéter plusieurs fois que je n'étais pas ici en ennemi, vous feriez mieux d'écouter mes paroles. Ai-je dit que cet étrange psioniste était venu me sauver ? Absolument pas, il était venu pour obtenir une réponse qu'il n'a pas trouvé dans mon esprit... Où est-il...? Si je le savais, je ne serais pas ici en train de vous convaincre de m'aider à le retrouver et à l'arrêter...
L'archer tenait toujours D’Jay-Al en joue, sans faiblir. D'un ton faisant ressentir une certaine lassitude, il reprit la parole
- Tout cela devient véritablement stupide... Une arme n'est pas un jouet, vous le savez tous autant que moi. Lorsque l'on tient quelqu'un en joue avec une arme, c'est pour s'en servir... Alors sers t'en ou bien abaisse ton arc. J'aurais pu être plus virulent vis-à-vis de la dague de ton ami gnome, mais je n'en ai pas vu l'utilité. J'accepte votre méfiance, mais n'oubliez pas que trop d'agressivité appelle finalement toujours à une réponse tout autant agressive. Il est vrai que je ne sais pas qui vous êtes, ni ce que vous avez vécu auparavant. Mais une chose est sur... Si vous me tuer, vous ne vaudriez pas mieux que ce que vous penser être moi... Maintenant, à vous de voir ce que vous voulez être. Une personne de bien, ou alors un vulgaire assassin comme on en trouve à tous les coins de rue..? Décidez...
Quand D’Jay-Al eut finit son discours, il s'était approcher de l'archer et se tenait debout devant lui, la pointe de sa flèche en contact avec sa poitrine. Ses bras le long du corps, il attendait de voir si ces paroles avaient pu le convaincre, lui ou bien plusieurs autres de ses compagnons...
- Je pense qu'il en a assez dit pour le moment. Certains ici se sont montrés beaucoup moins bavards et ont tout de même rejoint nos rangs... pour ce qui est du psioniste je pense qu'il faisait allusion au cavalier noir. Une dernière question en ce qui me concerne: ne trouvez-vous pas étrange le fait qu'on vous ait laissé sous la surveillance d'un seul garde ? Les gobelins font rarement dans la finesse mais je ne les pense pas stupides...
D’Jay-Al Resta sans mot dire durant quelques secondes, et dit, la flèche de l'archer toujours dangereusement proche de lui
- Je dois bien avouer que sur le moment je n'ai pas pensé à ce détail qui maintenant m'apparaît comme sensé, mais il est vrai que ce que j'avais entr'aperçu la nuit précédente m'occupait pleinement l'esprit. Certainement ont ils penser avoir à faire à un humain de base, voilà tout. Après tout, je n'ai pas fait usage de mes dons psionique devant eux... Ou plus simplement, n'avaient ils pas d'autre gobelin de disponible, les autres étant en train de se préparer à...
Les derniers mots de D’Jay-Al se perdirent au fond de sa gorge. Mais cette phrase sans fin laissait présager de l'augure qu'elle n'osait avouer tout haut... Tchak-Tchuk écarquillait les yeux. Le prisonnier présomptueux osait utiliser ses pouvoirs contre lui. Et voilà qu'il provoquait Aldebaran sans même tenir compte de nos ordres.
- BON MAINTENANT ÇA SUFFIT !!!!!!!!!! TU FAIS TROIS PAS EN ARRIERE ESPECE DE RIGOLO OU TU VAS FINIR EN BROCHETTE !!!!!!!!!!!!
Le gobelin avait sorti une autre dague et était devenu... vert foncé de colère.
- Tu te prends pour qui, Gourou de campagne ?? On t'as donné des ordres, TU N'ES PAS EN MESURE DE LES DISCUTER !! Si tu crois que nous sommes les héros d'Ishel prêt à donner leur vie pour sauver le monde de la dévastation tu te fourres le doigt dans le potiron !!!
Tchak-Tchuk était réellement énervé, peu dans le groupe l'avait déjà vu dans cet état. " Si tu ne veux pas finir en chair à saucisse tu vas commencer par la fermer et VIDER TES POCHES COMME JE TE L'AI DÉJÀ DEMANDE ! ET QUE ÇA SAUTE !!!
Aldebaran n'avait pas infléchi sa position, il tenait toujours en joue l'humain, la corde tendue presque à son maximum. Il interpella D’Jay-Al d'une voix calme mais déterminée :
- Je peux parfaitement comprendre que vous soyez las de tout ça, mais sachez qu'en ce moment nous sommes tous très tendus, notre situation n'est pas des plus enviables et votre arrivée est quelque peu...bizarre, vous en conviendrait. Je ne vous demande pas de vider vos poches, loin de là. Je ne veux pas faire usage de mon arme, alors... reculez, oui reculez, sinon je devrais prendre votre refus pour une menace.
Rohagus s'ennuyait déjà : le gnome avait eu les réponses qu'il attendait et maintenant, il fallait supporter les hypothèses paranoïaques de Tarabas et d'Aldebaran comme à chaque fois qu'ils rencontraient quelqu'un de nouveau. Comme si un gnome allait imaginer qu'on puisse ne pas faire confiance à quelqu'un, ah ah... ah... hum... Remarquez, heureusement que la dague que D’Jay-Al avait fait voler n'était pas celle à laquelle Rohagus pensait, car sinon, l'humain aurait pu avoir une mauvaise surprise. Le gnome en profita pour se relever du sol sur lequel il s'était jeté sur le coup.
- Bon, bein... Voilà, quoi... On fait quoi, maintenant ?
- Allons Calmons-nous et asseyez vous tous. Maïté, serrrvez nous votrrre meilleurrr bièrrre, s'il vous plait. Aldebarrran rangez votrrre arrrc, cet homme, même s’il tente quelque chose ne pourrra pas sorrrtirrr d'ici vivant.
Se tournant vers l'humain et tirant la chaise à coté de lui.
- Venez-vous assoirrr, l'errrant ! Et exposez nous ce que vous savez surrr la façon d'arrrêter cette demi-porrrtion à cheval.
A voir la réaction des autres membres, l'elfe sylvain comprit qu'il devait arrêter là ses menaces. Après tout, peut-être que cet homme était effectivement venu aider...Le visage d'Aldebaran devint moins sévère. L'arc descendit lentement, la corde se détendit, la flèche visait à présent le sol. L'archer fit un pas en arrière et rangea son arme, guettant toujours cependant une réaction hostile de son interlocuteur.
- Les autres semblent se rallier à votre cause... Je n'en fais pas de même immédiatement, je ne vous pas toujours pas entièrement confiance. Nous verrons dans les heures qui suivent si vous disiez vrai de toute façon...
- SUREMENT PAS !!!! Il va rester debout, il va reculer vers le mur et faire ce qu'on lui dit !! Votre meilleure bière, mais j'y crois pas !!! Pourquoi pas une demi-douzaine de naines nues dansant la carioca aussi !!! Et 2 ou 3 eunuques pour lui apporter de l'air frais en brassant quelques feuilles géantes ! Vous vous croyez où, en vacances tout frais payés par le temple d'Ankhmar ? On est pas là pour lui payer du bon temps à cet inconscient !!!! Allez toi, obéit ou ça va mal se passer !!!!
D'un vert foncé, la peau de Tchak-Tchuk tiré maintenant sur le grenat signe de sa colère étouffante. Ses gestes étaient brusques, il crachait en parlant et ses yeux sortaient pratiquement de leurs orbites.
- Eh bein eh beeein, Tchak-Tchuk... fit alors Rohagus d'une voix toute calme. A quoi ça sert de s'énerver comme ça ? Je crois que le monsieur a compris que ce n'était pas lui le chef ici, non ? Je crois que maintenant, il tiendra compte des avis et des humeurs de chacun avant de se lancer dans se tirades dithyrambiques et présomptueuses... n'est-ce pas, le monsieur ?
Le gnome faisait un grand sourire toutes dents dehors.
- N'est-ce pas ?
Libéré de l'étreinte mortelle de la pointe d'acier de l'elfe sylvain, D’Jay-Al accepta l'invitation qui lui avait été faite, et vint s'asseoir à table en compagnie des autres. Même si le Gobelin, qu'il soupçonnait de vouloir lui faire les poches, tellement il insistait pour qu'il les vide sur-le-champ ne se calmait pas vraiment, tous les autres semblaient apparemment s'être résolu à le croire... Le croire, à défaut de lui faire totalement confiance... Même le gnome hargneux, qui pourtant n'était pas avare de question, semblait rassasié...
- Certes, je vous accorde bien volontiers que mon apparition peut paraître bien étrange. Peut-être ne me croirez vous pas, mais j'avais décidé de venir vous rencontrez après vous avoir entendu discuter. Peut-être alors auriez vous eu moins de méfiance vis-à-vis de mes intentions. Mais passons, voulez vous ? Maintenant que vous êtes plus calme et, comme me l'a si "aimablement" fais remarquer le gnome à ma droite, que je n'ai plus besoin de jouer les prophètes de basse fosse pour vous convaincre de m'accorder votre attention, nous pouvons enfin discuter intelligemment. Car croyez-moi sur parole, lorsque je vous dis que j'ai vu la fin du monde tel que nous le connaissons actuellement.
D’Jay-Al s'arrêta de parler, et but goulûment une bonne rasade de la bière que lui avait servie Mayté. Excellente, cette bière était vraiment excellente... Surtout après avoir risqué de mourir en essayant de se faire entendre ! Car sous ses airs sûr et décontracté, Il n'en menait pourtant pas large le voyageur solitaire...
Tarabas fit mine de s'emparer d'une chope, puis se ravisa. Il avait déjà plus qu'entamé la bouteille de prune, il n'était pas encore tout à fait temps de danser la gigue.
- Bien bien bien... maintenant que nos deux problèmes sont réglés, nous pouvons enfin nous concentrer sur notre prochain numéro...! Qui m'accompagne à la grotte ? Nous devrions pouvoir y retourner tous ensembles ce soir en tant qu'invités, à part les elfes bien sûr... ils veilleront sur Bontyr. D’Jay-Al, vous allez faire connaissance avec le champion de Fann ! Grimvald, les documents sont prêts ?
- Moi, j'y vais, évidemment ! Depuis le temps que j'attends qu'on récupère cette...
Rohagus jeta un regard suspicieux vers D’Jay-Al qui ne savait pas encore ce qu'ils voulaient récupérer.
- Enfin bref, je ne vais pas laisser passer cette occasion !!
- Et bien j'ai un prrremier jet, mais je ne suis pas notairrre, j'ai cerrrtainement du oublier quelques points que je m'engage à ajouter avec l'accorrrd de Lulu. Je vous accompagne donc Tarrrabas.
- Attendez un peu là... avec tout ce qui c'est passé vous n'avez pas encore eut le temps de nous dire ce que vous avez fait dans la grotte la dernière fois, avant que l'on vienne vous chercher pour la jambe de Bontyr. Vous semblez y retourner confiants, cela voudrait-il dire que... notre "affaire" est sur le point d'aboutir? Et puis qu'est-ce que c'est que cette histoire de documents??
- Confiants ce serait un bien grand mot, mais nous avons une piste. L'intendante a une aïeule susceptible de nous décrire ce que nous recherchons. Grimvald est décidé à nous accompagner, aussi il va lui confier la gérance de son établissement en échange de l'information..
- Moi j'viens, héhéhé, pas de problème, je ne veux pas en perdre une minette, nom d'un potiron.
- Moi aussi j'en suis ! Dis le lutin en s'approchant de Rohagus tout en passant à proximité du prêtre avec méfiance
Tchak-Tchuk enrageait de voir l'étranger s'asseoir et trinquer sans tenir compte de son avertissement.
- Très bien, très bien... Fais le malin... Tu ne l’emporteras pas au paradis...
Le gobelin rangea sa dague, et se dirigea vers la sortie.
- Je ne boirai pas avec lui !! JAMAIS ! Je m'en vais me trouver des compagnons de boissons plus convenables...
Chnock suivit la troupe qui allait au rendez-vous, sans mots dire.
Maintenant que les relations était légèrement moins tendus qu'il y a encore quelques minutes, D’Jay-Al commençait à se détendre. Hormis le gobelin qui semblait lui en vouloir à mort, tout le monde semblait être revenu à de meilleurs sentiments... Même le gnome qu'ils appelaient Rohagus ! Preuve en est, l'invitation du prêtre qu'il accepta sans hésiter...
En voyant Le second gnome pouffer de rire, il se dit que le duo des petits êtres devaient avoir une certaine habitude a ses yeux.
- Entendu, dit-il... Je serai ravi de rencontrer le champion de Fann. Je dois avouer que son combat d'aujourd'hui était superbe !
Finissant sa bière, il prêta discrètement l'oreille aux dires des ses nouveaux compagnons. D’Jay-Al se demandait ce qu'était cette chose que personne n'osait nommer en sa présence... Apparemment, ce devait être un objet d'une grande valeur à leur yeux, et vraiment très important. Puis, il se remémora leurs paroles... Recherchaient ils cette épée, celle qui avait appartenu à ce nain, champion de Fann il y a de cela quatre décades ?
Il jugea inutile de trop y penser, car après tout la réponse lui viendrait assez tôt.
Aldebaran s'assit lentement sur la chaise la plus proche, puis il s'empara d'une choppe
- Bon, et bien allez-y tous alors. Je vais rester là à veiller sur ce pauvre Bontyr puisque je suis indésirable là-bas...
Jhaelen, qui avait fini la préparation de ses bougies tout en suivant la conversation, les remisa dans son sac. Il partit rejoindre le gobelin, puisque probablement indésirable chez le thurse... il le retrouverait bien dans un troquet ou un autre, en train d'écluser la bonne bière naine.
Chemin faisant, il examina une fois de plus les drôles d'objets pris chez le champion...
Le prêtre désinhibé par l'alcool de prune avait fait une description rapide de l'intervention.
- il a bu, il s'est endormit presque instantanément, je ne sais pas ce qu'il y avait la dedans mais le fait est qu'il n'a plus bronché...
D’un geste ample il désigna du doigt.
- Dame Mayté n'a même pas eut a lui assener un coup de routeau a palisserie au cas ou...? ensuite j'ai coupé... je suis tombé sur un os...hrm...hmff!!...
il eut du mal a se contenir, réalisant se qu'il venait de dire. il se reprit et poursuivit le plus sérieusement du monde.
- fatalement... Mais la lame du renouveau est surprenante parfois. A notre grande surprise, Bontyr lui même n'a pratiquement pas saigné, la peau se régnerait instantanément. De fait nous n'avons même pas eut à lui faire de passements. La jambe elle par contre a abondamment saignée comme si elle se vidait. Pour devenir qu'un bloc de pierre en un instant a la manière troll. Voila... se fut assez simple finalement... Ankhmar le bénisse...
Ensuite, ceux qui avaient questionné Lulu, relatèrent leur entretien et sa conclusion une ultime visite dans la grotte du champion pour peut être identifier l'épée du temps qu'ils recherchaient.
Le groupe se scinda donc une nouvelle fois.
De son coté le gobelin était parti "bouder" déçu, fâché que l’on n’est pas pris son opinion au sérieux en se qui concernait l'espion psioniste, froissé du tour de passe-passe qu'il avait eut a subir. Le drow lui avait emboîté le pas.
D’un autre coté les "invités" du champion se préparaient eux aussi a sortir pour retrouver Lulu qui revêtait bien plus d'importance pour eux que Syem lui-même.
Les derniers eux se relayaient au chevet de Bontyr en attente de son réveil. Assez impressionnés par la cicatrisation décrite par le prêtre...
D’Jay-Al observait Chnock... Etrangement, celui-ci ne semblait pas être à sa place à Ishel. Avait il vu juste, ou bien était-ce simplement le fait de ces jours passé, emplis d'un stress incessant..? Il se décida à le questionner afin d'assouvir sa curiosité :
- Dis-moi... Chnock, c'est bien cela ? D'ou viens-tu...? J'ai énormément voyagé à travers le royaume, et pourtant je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi...
- Hola mon p'tit gars, vous n'y êtes pas du tout. je ne viens pas de votre monde, qui, ma foi, m'amuse des plus hauts points. Je suis un Guisseur, je voyage à travers les mondes à l'aide de mon Telechnockeur, que je croyais avoir inventé pour téléporter les gens et les choses, mais un test mal apprécier et me voilà, errant comme vous, tiens c'est marrant, à travers des univers étranges.
Je me présente, Chnock Brikedbrock inventeur en tout genre et fier représentant de la si prestigieuse race Gnome.
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